Pourquoi abordons-nous des discussions plus spontanées dans des bars ? La réponse n’est en aucun cas à chercher dans l’alcool, mais dans la hauteur des yeux…

Dans les bars, les comptoirs et les chaises sont positionnés de sorte que les yeux des personnes assises comme debout soient au même niveau. Cette disposition permet de s’échanger des conversations face à face plus décontractées.

Dans ce sens, pour faciliter la communication et la collaboration, la disposition de l’espace de travail devrait ressembler un peu plus à celle d’un bar… Sans les boissons alcoolisées bien sûr !

La connexion les yeux dans les yeux

Une connexion face à face, les yeux dans les yeux, assure en partie le succès d’une entreprise. Elle améliore la confiance entre les interlocuteurs et favorise l’écoulement des flux d’idée.

Pourtant, de nombreuses sociétés optent encore pour un lieu de travail qui présente des barrières à la communication entre les personnes assises, debout, ou qui sont en train de marcher. Ont-elles tort ou raison ?

Au cours des dix dernières années, les tables et chaises surélevées - où la position est assise mais place les personnes à la même hauteur que si elles sont debout - envahissent les commerces de détail, l'hôtellerie, et les lieux de travail. Depuis longtemps dans les startups de la Valley, par exemple, du mobilier de bureau surélevé côtoie le mobilier classique, permettant de travailler assis ou debout.

L’empathie et la confiance

Une interaction face à face accentue l’empathie, qui est la base de la confiance. « Un modèle d’entretien en face à face au sein d’une société était souvent considéré comme le principal facteur de l’amélioration de la productivité et du rendement créatif », affirme Sandy Pentland du Media Lab du MIT dans son livre intitulé Social Physics.

Les neurosciences, elles aussi, confirment cette thèse. Dans son livre Conversational Intelligence, Judith Glasser avance que quand deux personnes conversent face à face, « Les neurones miroirs interviennent, formant un pont de perspicacité et d'empathie avec d'autres ». Elle ajoute que cet échange dans un réseau de confiance nous rend plus positifs, plus ouverts, mais aussi plus proches des autres.

De ce fait, les entreprises doivent trouver des moyens de valoriser des communications face à face afin de rendre le personnel plus heureux à la fois dans le domaine social et professionnel.

Les espaces collisionables

Malgré l’arrivée des sièges à hauteur réglable qui ajustent parfaitement le niveau du regard par rapport à son interlocuteur, ces systèmes ne contribuent pas réellement à créer des ‘espaces collisionables’. En effet, ils sont souvent placés dans des endroits où les discussions se font rares. De plus, afin d’économiser plus d’espace et d’éviter en même temps les distractions, la plupart des bureaux se retrouvent face à un autre ou face à un mur au lieu de s’orienter vers l’allée centrale.

Il est donc nécessaire de créer des ‘espaces collisionables’ où le personnel peut discuter librement. Ce qui empêche toute tentative d’aborder des causettes durant les temps de travail, qui peuvent affecter la productivité.

L’heure collisionable

L’heure collisionable est un terme inventé par Tony Hseih, CEO de Zappos, qui décrit les moments où les gens se rencontrent au cours d'une journée. Ces instants sont souvent l’occasion de partager des idées et de créer une connexion sociale.

Dans le contexte du lieu de travail, les couloirs, les réfectoires ou encore les toilettes constituent les espaces collisionables. Ces endroits sont conçus de façon à ce que les employés issus de différents départements s’échangent quelques mots le temps d’une discussion.

À titre d’exemple, conscient de l’importance de ces ‘espaces collisionnables’, Steve Jobs avait instauré une salle de réunion et une cafétéria au sein de son entreprise. Une pratique largement reprise depuis. Aujourd’hui, et dans la plupart des cas, les designers de lieu de travail mettent en place ces ‘espaces collisionables’ assortis avec des équipements où le personnel peut se rencontrer ou travailler.

Source : Quartz Media Image d’entête 517489568 @ iStock macrovector

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