Par Olivier Pasquin, Capgemini

De nouvelles expérimentations viennent questionner nos imaginaires et nous propulsent dans une nouvelle ère d’usages insoupçonnés. Mais derrière la « magie » apparente, quelles valeur et place représentent ces usages dans notre société ?

Quid d’une chaise qui se range toute seule ?

La transformation numérique des entreprises repose sur des trajectoires technologiques fortes, autour du Cloud, du Big Data, de l’IoT et de l’IA. Ces virages industriels apparaissent parfois au détour d’expériences ne communiquant que sur la partie émergée de la transformation : l’usage. Les connexions entre l’enjeu transformationnel, la mise en œuvre industrielle et la plus-value n’apparaissent pas au premier regard.

Une de ces expériences a récemment marqué les esprits : les chaises d’une salle de réunion se rangent toutes seules une fois le lieu libéré de ses occupants ! Vitrine technologique ou développement d’une valeur métier et industrielle ? L’optimisation des espaces de travail est un gisement de valeur fort par le temps que nous consacrons en réunion (et y perdons aussi parfois !). Optimiser la logistique et tout ce qui concourt à la qualité de la tenue de réunion devient un enjeu d’efficacité et de qualité opérationnelle : c’est dans les premières minutes et impressions que l’efficacité d’une réunion se construit. Cette prouesse technologique rendue possible grâce aux IoT et aux automatismes (self-park) implantés dans une chaise se transforme ainsi en promesse d’une réunion plus efficiente. L’IoT associé à l’IA, fournit un terrain de jeu propice à l’exploration de nouvelles manières de gérer les espaces de travail dans une cible d’usage plus smart … plus Smart Building.

En tant qu’innovation technologique, l’IoT passe donc immanquablement par une phase d’exploration des usages visant à améliorer notre perception du champ d’application : cette valeur en devenir va avoir de nombreuses répercutions dans notre vie quotidienne et notre relation à l’objet.

Explorer la collaboration grâce à l’IoT, nouvel eldorado ?

Citons d’autres expériences qui ont fait l’actualité récente où un ROI n’est pas nécessairement l’enjeu visible. Des robots humanoïdes qui aident les personnes dans leurs tâches quotidiennes … dans le suivi de leur santé … des drones pour assister une démarche sécurité … des assistants virtuels avec qui converser et interagir … des poissons robots qui mesurent la pollution des océans … Toutes ces expériences ont en commun l’exploration de l’interaction avec l’homme ou avec un milieu extérieur en toute autonomie. De plus en plus, l’IoT est transformé en machine interactive et autonome mise à disposition de l’humain afin de fournir une expérience avec laquelle l’homme peut directement s’interfacer.

Mais l’IoT a intrinsèquement tout pour dépasser son statut de machine imitant des capacités humaines. Grace à ses aptitudes natives de collaboration « Machine to Machine », l’intelligence collective est une caractéristique facile à déployer dans un réseau d’IoT. En tant qu’humain, nous savons que la collaboration collective permet de repenser la manière de faire les choses.
A l’instar des véhicules autonomes interconnectés qui inter-opèreront afin d’améliorer la gestion du trafic et ouvriront ainsi la voie à une nouvelle définition du véhicule autonome où l’humain apportera une variable aléatoire de plus en plus faible … Ou encore l’automatisation à 100% des entrepôts de stockage où l’IoT sera une composante technique fondamentale. Les IoT associés à l’IA nous permettent ainsi d’explorer le fonctionnement en colonie, à l’image des colonies d’insectes, et de développer in fine des objets plus simples mais collectivement très … voire plus performant que l’humain.

Développer l’humain, voire augmenter l’humain

L’industrie est l’un des domaines où les IoT via les robots se développent depuis longtemps. Le robot remplace l’homme sur des tâches dangereuses, lourdes, répétitives, de précision qui réclament des cadences élevées en continu. Ce sont des sujets sur lesquels les hommes se déclarent satisfaits de pouvoir se détacher de missions à faible valeur, à risque, ou qui réclament trop de précision. Notons cependant que la machine ne sait pas tout traiter de manière automatique et que, paradoxalement, les robots ont besoin d’assistance humaine, ce qui réaffirme l’importance de la collaboration « Homme-Machine ».

L’étape suivante remet l’homme au centre de l’usage avec l’image de l’homme amélioré, avec notamment la capacité de guider le robot par la voix ou la pensée. Ces usages réclament cependant d’améliorer l’autonomie des objets, de leur donner la capacité de se positionner dans l’espace et d’interagir avec d’autres objets. C’est l’étape également où l’IA se généralisera. Rappelons simplement que sans IA (Machine Learning et Deep Learning), les IoT sont assez limités !

Où est le talon d’Achille ?

L’univers des IoT souffre cependant d’une fragilité : la sécurité. Des ours en peluche « connectés » ont servi à réaliser des écoutes d’enfants … des caméras connectées ont permis à des pirates de lancer des vagues d’attaques à grande échelle !
Il y a plusieurs origines à ces failles : la sécurité n’est pas toujours intrinsèquement une priorité des entreprises et des développeurs qui conçoivent ces produits ; c’est ainsi que des objets ne permettent pas de changer de mot de passe ou de faire évoluer leur firmware ! Avec un produit « low cost », le budget alloué à la sécurité est trop faible. Certains objets et protocoles ne sont pas sécurisés ; sans oublier le manque de compétences liées à l’émergence et au développement de ces technologies.

Ces exemples nous rappellent qu’il n’y a pas d’usage anodin dans un univers connecté. Les entreprises qui développent des projets IoT doivent intégrer « by design » la cybersécurité afin de participer au déploiement de la promesse. La confiance est un enjeu clé du déploiement des IoT et des nouveaux usages.

Nouveaux usages IoT : de l’émotion à la raison

L’IoT, via les objets connectés et les robots sont dans nos vies. D’évidence, ces nouvelles technologies nous interpellent car après tout, quel est l’intérêt pour l’humain que cette chaise de réunion qui se range seule ?

Un gain de temps dans la gestion d’un bâtiment ? Une avancée technologique améliorant la qualité de vie au travail tellement plébiscitée dans les médias ? L’apogée de la paresse (ranger sa chaise, est-ce si compliqué…) ?

Ces nouvelles technologies, qui préfigurent notre avenir, nous apportent au quotidien des interrogations, parfois des émotions et questionnent assurément notre créativité et notre imaginaire.

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