IaaS, PaaS, Cloud privé et hybride... ils sont 5 à dominer le marché des services d'Infrastructure cloud. Mais si Amazon Web Services demeure largement le leader, ses concurrents progressent à très grande vitesse, en particulier Microsoft et IBM.

IaaS (Infrastructure-as-a-Service), PaaS (Plateform-as-a-Service), Cloud privé et Cloud hybride, autant d'approches de l'externalisation des services d'infrastructure cloud et de la construction de plateformes dans le nuage qui séduisent de plus en plus d'organisations. Et un marché qui selon une étude de Synergy Research Group devrait atteindre cette année les 13 milliards de dollars.

Sur ce marché, la compétition est féroce. Il est surtout dominé par 5 compétiteurs, qui s'affrontent principalement à coups de baisse des prix (mais pas seulement, nous l'évoquerons plus loin) : Amazon AWS, Google, IBM, Microsoft et Salesforce.

AWS perd de sa superbe

Amazon Web Services est le leader incontesté de ce marché. Mais le géant trébuche, doublement ! Tout d'abord AWS ne peut plus affirmer qu'à lui seul il réalise plus de chiffre d'affaires que tous ses concurrents réunis. Cette époque est révolue, au cumul la forte progression de certains de ses concurrents leur permet désormais de faire mieux que lui.

Ensuite, le géant semble s'endormir. Selon Synergy, entre le deuxième trimestre 2013 et son équivalent 2014, le chiffre d'affaires d'AWS n'aurait progressé que de 49 %. C'est certes un chiffre à faire rêver la grande majorité des entreprises... mais ses concurrents les plus sérieux font très nettement mieux. Ce n'est cependant pas le cas de Google, qui enregistre une progression de 47 %, mais le moteur de recherche est arrivé un peu tard sur ce marché, laissant Amazon faire son trou, et il manque de visibilité.

Les challengers, Microsoft et IBM

D'une année sur l'autre, ce sont IBM et surtout Microsoft qui ont enregistré la plus forte progression. De 86 % pour IBM et 164 % pour Microsoft ! Le premier prend son envol après l'acquisition de Softlayer, aujourd'hui le cœur de son offre cloud. Le second récolte les fruits de sa stratégie cloud Azure et de son approche d'écosystème, qui affiche généralement un temps de retard avant de se lancer dans des technologies innovantes.

Le cas Saleforce est particulier. Le groupe est positionné sur le CRM, l'un des plus gros consommateurs de services dans le cloud. Le reste de ses activités dans le nuage est plus accessoire.

Pourquoi Microsoft et IBM font mieux que AWS et Google ?

Comment expliquer ce que nous pouvons qualifier de contre performance d'AWS et de Google face aux géants historiques de l'informatique, IBM et Microsoft ? D'une part, le positionnement de ces derniers est plus spécifique : Microsoft Azure est sur les IaaS et PaaS, tandis qu'IBM affiche une forte présence, et certainement une position de leader, sur le segment du cloud privé et hybride.

Une autre raison vient également justifier ce décalage : passée la période d'observation et les PoC (Proof of Concept) autour de projets réduits de développement qui ont permis aux grandes organisations d'appréhender le cloud et de mesurer les bénéfices qu'elles peuvent en tirer, leur démarche se tourne aujourd'hui vers le cœur de leur informatique. Et leur intérêt vers les fournisseurs de services qui sauront intégrer leurs logiciels avec le plus de profondeur. IBM et Microsoft sont mieux armés et historiquelent acteurs du 'software'. Sans oublier le rôle de l'écosystème qui est une des forces des deux géants.

Le prix en arbitre de la guerre des clouds

Dernier justificatif de l'évolution des fournisseurs de services d'infrastructure dans le cloud, le marketing et la guerre des prix. Sur le prix, tout d'abord, AWS imposait sa loi et dictait la tarification du marché à coups de baisses successives. Qu'un concurrent face mine de baisser son tarif, Amazon réagit immédiatement en faisant mieux !

Tant qu'ils construisaient (ou en faisait l'acquisition pour IBM) leur infrastructure afin de supporter celles de leurs clients dans le cloud, les IBM et Microsoft se faisaient observateurs et suiveurs. Mais leurs plateformes sont désormais en place, et comme la marge demeure confortable et profite des avancées technologiques sur les serveurs et le stockage pour se maintenir – de notre point de vue qui réunit celui de nos contacts chez les opérateurs, elle serait de l'ordre de 40 % - les challengers suivent AWS, quant ils ne se font pas aujourd'hui agressifs.

Le marketing prend sa place dans les pratiques du cloud

Le marketing du cloud s'est donc placé en ordre de marche chez les géants. Et les organisations prospectées sont certainement plus sensibles aux arguments orientés professionnels d'un Microsoft ou d'un IBM qu'à ceux plus 'nuageux' d'un AWS ou d'un Google. Soit pour résumer un marché qui atteint une certaine maturité et qui par conséquent rentre dans le rang des pratiques traditionnelles des entreprises, du marketing aux prix. 

Reste que la vraie leçon de l'étude menée par le Synergy Research Group, c'est que si AWS demeure le leader du marché, et certainement pour longtemps encore, il en a perdu le contrôle... Au profit des géants historiques de l'informatiques. Et probablement de petits acteurs régionaux, voire locaux, qui se multiplient et dont la taille fait qu'ils échappent à l'étude !

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