Les Applications SaaS volent-t-elles nos données ? Avis d'expert de notre infuenceur RSSI, qui souhaite demeurer anonyme, sur la sécurité des données, les fournisseurs et leur plate-forme hébergée dans le Cloud.

De plus en plus les grands fournisseurs de services nous proposent des architectures de systèmes d'informations hébergées dans le cloud ; hors des murs de l'entreprise. Ces applications, appelées SaaS (Solution-as-a-Service), attirent beaucoup les DSI qui y voient la possibilité de diminuer fortement les temps de développements et de mise en œuvre de solutions répondants aux exigences métiers.

De plus en plus, ces solutions proposent d'autres fonctionnalités (par exemple une messagerie ou un 'chat') qui, étant intégrées à l'application, sont plus efficaces. C'est ce qu'IDC appelle une plate-forme qui, évidemment, vient en interférence avec les solutions existantes déjà dans l'entreprise ; comme c'est le cas du mail.

IDC nous met en garde, d'ailleurs, sur notre capacité à intégrer ces plates-formes qui pourraient modifier nos procédures internes.

Ces fournisseurs, et leurs plate-formes hébergées dans le Cloud, conservent les données de l'entreprise. Un contrat adapté à l'usage et aux risques que représente l'hébergement de nos données dans le Cloud, qui sont parfois confidentielles, nous protège quant au risque de perte de ces informations.

Ces fournisseurs développent aussi des nouvelles fonctionnalités de type analyse matriciel qui nous aident dans la compréhension des orientations clients et services que l'entreprise peut apporter. Ce sont les solutions de type Business Intelligence.

Mais quel est le problème ?

Les fournisseurs de solutions de type SaaS ont tout intérêt à collecter le maximum de données ; l'information a de la valeur et demain, il sera tout aussi intéressant pour elles de les revendre en ayant pris soin de les anonymiser pour respecter la relation contractuelle avec ses clients. LinkedIn en est un parfait exemple.

Les informations prennent de la valeur et les géants du Web ont anticipé cette tendance. Snapchat est un bon exemple d'une entreprise soumise aux lois du marché boursier. La valorisation d'une entreprise est souvent égale à son chiffre d'affaire annuel. Mais qu'en est-il de Snapchat qui a fait l'objet d'une offre de 10 Milliards de Dollars par Facebook alors que le chiffre d'affaire n'est pas le dixième de cette somme ; sans parler de la rentabilité de cette entreprise ! La réponse est sans doute dans la quantité d'informations gérée par Snapchat, qui représente une valeur justifiant cette cotation hors norme.

Les informations vont prendre à l'avenir une valeur de plus en plus grande lorsque nous y associerons des données externes dans le cadre de projets de type Big Data. Cela sera la prochaine tendance des développements informatiques que les DSI auront à mettre en place dans les entreprises.

Bien évidemment, les Fournisseurs de solution SaaS auront beaucoup de facilités à consolider nos données auxquelles ils associeront celles de leurs autres clients et des modèles de données extraits de l'Internet.

Mais comment ferons-nous pour rassembler toutes nos informations alors qu'elles seront dispatchées dans les clouds et sous des formats qui sont parfois propriétaires de ces fournisseurs de type SaaS ?

Les DSI vont, dans les prochains mois ou années, lancer des projets Big Data ; ne seront-ils pas liés à leur fournisseur SaaS pour répondre à ces nouveaux enjeux ?

A ce jour, les géants du Web et autres fournisseurs de solutions SaaS, comme Salesforce ou Workday, ou encore Microsoft, ont compris cette opportunité de monopoliser le marché du Big Data demain ; mais avons-nous une autre solution ?

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