Les CSP entendent bien générer de nouvelles sources de revenus de la 5G en lançant de nouveaux services. Cependant, certains leviers de tarification envisagés sont surprenants : ils reposent sur les caractéristiques intrinsèques de la 5G, comme la faible latence et l’efficacité énergétique.

Le lancement commercial de la 5G s’accélère dans le monde entier. Cette technologie présente un potentiel de changement sans précédent pour les opérateurs de réseaux mobiles et les fournisseurs de services de communication (CSP pour Communication services providers). Elle ouvre de nouvelles possibilités de monétisation pour ces fournisseurs, basés sur de nouveaux modèles commerciaux et une infrastructure agile et automatisée pour la monétiser efficacement.

Cependant, si les objectifs de monétisation des nouveaux services sont clairs, leur mise en pratique s’avère bien plus complexe que la simple mise à disposition de nouveaux services tarifés. La question est de savoir quels types de services permettront de rentabiliser les investissements dans l’infrastructure. Et comment cette nouvelle infrastructure peut-elle être utilisée pour créer des flux de revenus récurrents ?

Monétiser les qualités « by design » de la 5G

Les résultats publiés par Oracle dans son rapport 5 G Readiness Report montrent que la majorité des CSP (93 %) planifient de lancer des services 5G avancés. Les chercheurs ont interrogé 303 décideurs travaillant pour des CSP à travers le globe, dont 19 % en France. Parmi les services dits avancés, 45 % des répondants ont cité les applications domotiques (Smart home), 34 % le divertissement vidéo en direct et autant pour les jeux en ligne. La vente de détail (34 %) vient ensuite, suivie par l’industrie 4.0 (32 %), la santé (30 %), l’éducation (29 %), et enfin les transports (26 %) et la réalité augmentée et virtuelle (RA/RV) 25 %.

Mais, s’il est parfaitement compréhensible que ces services soient facturés, après tout ils sont basés sur des architectures applicatives et l’utilisation des infrastructures, la volonté des CSP de facturer des caractéristiques propres à la 5G est plus surprenante. Avec respectivement 62 % et 60 % de citation, la sécurité des données et la faible latence arrivent en tête de liste. Plus surprenant, 45 % des répondants citent leur intention de facturer l’efficacité énergétique. Une affirmation qui ne manquera pas de créer la polémique, car elle induit une distorsion dans les capacités des entreprises à produire des bilans carbone favorables. En résumé, certains CSP entendent tarifer les grands apports des réseaux 5G, des caractéristiques implémentées dès la conception, « by design ».

Une approche écosystémique est inévitable

Mais pour rentabiliser leurs investissements dans les réseaux 5G, les CSP doivent s’associer à des partenaires diversifié, notamment des développeurs, des intégrateurs de systèmes, des hyperscalers et éventuellement d’autres CSP, afin de créer un écosystème de nouvelles applications et de nouveaux services. En somme, une approche écosystémique est inéluctable.

Une étude publiée par BearingPoint, et menée par Omdia, a révélé que la part des contrats 5G (B2B et B2B2C) menés par les CSP est passée de 21 % en 2020 à 16 % en 2021. Alors que le nombre de projets 5G d’entreprise a doublé au cours de l’année. Bien que les opérateurs télécoms reconnaissent la nécessité d’une approche multilatérale, avec des partenaires et orientés solutions pour la 5 G d’entreprise, la concurrence des fournisseurs de services alternatifs a considérablement impacté la part des CSP sur le marché de la 5 G d’entreprise.

Dans un livre blanc, Explore ecosystem models for communications service providers, Nokia résume la situation des CSP ainsi : « Aujourd’hui, les entreprises technologiques les plus performantes combinent leurs offres et leur expertise avec celles d’autres entreprises afin d’offrir aux clients une “expérience intégrée”. Ce type d’approche écosystémique est en train de devenir un élément essentiel de la stratégie commerciale dans un espace de télécommunications numériques qui évolue rapidement, en aidant les acteurs à étendre rapidement et de manière rentable leurs possibilités de produits à de nouvelles solutions, de nouveaux segments et de nouveaux marchés ».

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