Contrairement aux idées reçues, l’automatisation devrait favoriser la mobilité professionnelle et le recours à des ressources externes, et pousser les entreprises à trouver de nouvelles façons d’allouer les ressources, estime le cabinet de conseil Willis Towers Watson.

Dans les trois ans qui viennent, 26 % du travail sera effectué par des machines estime le cabinet de conseil Willis Towers Watson. Faisant suite à la digitalisation des entreprises, la digitalisation du travail semble être la suite logique impulsée par l’automatisation des processus et l’IA. Le transfert du travail à des machines inquiète les salariés selon cette même enquête qui porte sur l’année 2019. Deux travailleurs sur cinq, 41 % exactement, estiment que leur emploi pourrait être automatisé d’ici dix ans. « Partant de ce constat, certains salariés sont inquiets craignant d’être distancés, ou que leurs postes soient voués à disparaître », constate le rapport.

En fait, la peur n’y changera rien, car le remplacement des hommes par les machines est un processus récurrent et l’on ne compte plus les métiers qui ont disparu pour cause d’évolution technologique. L’arrivée des commutateurs automatiques a relégué les standardistes sur les étagères de l’histoire (le fameux 22 à Asnières), tout comme les télégraphistes et bien d’autres métiers remplacés par des machines. En somme, la transformation des métiers est consubstantielle à l’évolution technologique, le tout est de s’adapter.

La nécessité d’évoluer avec la transformation du travail

C’est le cas de certains salariés, qui ne se résignent pas remarque l’étude. « Ces salariés représentent à la fois ceux qui sont prêts à entrer en concurrence dans un nouveau marché où les défis et la rémunération sont plus importants, et ceux qui craignent d’être distancés par la transformation des métiers ». Quelles que soient leurs raisons, un peu moins de la moitié d’entre eux (41 %) envisage de quitter leurs entreprises au cours des deux prochaines années. Et 65 % d’entre eux sont plus disposés à investir dans le développement de leurs compétences.

Contrairement à ceux qui s’accrochent rageusement ou se désespèrent en silence, ceux qui veulent changer font montre de confiance en l’avenir et dans les opportunités qu’apport la technologie estime l’étude. Ils ont surtout confiance en eux-mêmes et dans leurs capacités à se mouvoir dans un marché du travail où les postes à vie font partie de l’histoire. La mobilité est dans la tête avant toute chose. « Confiants en l’avenir et dans les opportunités qu’apporte la technologie, la moitié d’entre eux pense que la possibilité de faire progresser leur carrière s’est améliorée dans les 12 derniers mois (50 % contre 29 %) », affirme l’étude.

De nouvelles façons d’allouer les ressources disponibles

Dans ce contexte, les employeurs devront mettre en place de nouvelles manières de concevoir les emplois. « Ils devront changer leur façon de concevoir les emplois, afin que ceux-ci puissent être occupés par des salariés ayant de plus faibles niveaux de compétences (pour les tâches réalisées de façon autonome par les machines) ou par des salariés possédant plus de compétences (où les automates les assisteront dans de nouvelles tâches) », conseille le rapport. Paradoxalement, l’effet collatéral de l’automatisation sera le recours de plus en plus fréquent à des indépendants. « La possibilité de recourir à plus de collaborateurs externes arrive en tête des changements les plus importants prévus par les entreprises au cours des trois prochaines années », affirme le rapport.

« L’essor de l’intelligence artificielle va inciter les entreprises à trouver de nouvelles façons de répartir [le travail] mais aussi d’améliorer la collaboration et la flexibilité. La transformation digitale redéfinit notre manière de travailler, de concevoir les emplois et d’allouer les ressources disponibles. C’est pourquoi, se concentrer sur le leadership, la culture et les compétences peut libérer la valeur de la transformation digitale » déclare Sébastien Biessy directeur de l’Activité Talent de Willis Towers Watson.

Source : Willis Towers Watson
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Journaliste, IT Social

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