Au-delà de l’affichage ou du controversé IT for Green, les entreprises ne seraient pas exclusivement poussées par les obligations légales. La marque employeur, la différenciation et les économies d’énergie sont les déclencheurs des démarches de numérique responsable selon une étude instructive de Boavizta, un organisme indépendant.

Lancé en juin 2019, le label NR (Numérique Responsable) repose sur 3 piliers, l’inclusion des salariés dans les processus, la préservation de l’environnement et une optimisation des profits financiers. Au plan mondial le numérique représente 4,2 % de l’énergie primaire, 3,8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) et 5,6 % de la consommation d’électricité. Une donnée explicite, près de 90 % de l'ensemble des données mondiales ont été produites au cours de ces 2 dernières années. Sans être la principale source de pollution, le numérique peut et doit apporter sa pierre aux efforts collectifs des autres secteurs d’activité.

Parmi les textes législatifs le CSRD se propose d'encourager le développement durable des entreprises et obligera la publication des informations, environnement, social et gouvernance (ESG) dans le reporting extra financier à partir de 2025. Mais la loi n’est pas le principal argument pour une démarche numérique responsable dont le déclencheur proviendrait avant tout d’une demande interne, des dirigeants aux collaborateurs. Pour
29 % des répondants des grandes entreprises, la règlementation en serait même un des bénéfices. Le graphique ci-dessous montre un équilibre sur ce sujet entre les diverses parties des organisations.



La démarche en faveur d’une démarche numérique responsable provient de 3 arguments principaux, les préoccupations environnementales (93 % des réponses) suivi par le renforcement de la marque employeur (62 %) et l’attractivité des talents (53 %).

Le retour sur investissement difficile à évaluer et peu suivi

Les capacités à suivre les économies générées ne semblent pas au rendez-vous. Ainsi,
23 % des répondants ne savent pas les chiffrer, pire 26 % d’entre eux ne pensent pas que le NR diminue les dépenses. Pour 32 % des répondants, la baisse des couts liée au NR concerne les équipements informatiques. Les bénéficies liés à la marque employeur sont difficiles à quantifier mais sont cités par la moitié des TPE et 44 % des PME.

Les secteurs d’activité qui se disent les plus concernés sont le conseil IT (50 %) et les éditeurs de logiciels (20 %). Pour trois-quarts de ces derniers, ils ont évalué une ou plusieurs fois leur empreinte carbone, une part notable par rapport aux autres entreprises. L’évaluation de l’impact du numérique concerne surtout l’empreinte des datacenters, le parc IT, plus que celle de leurs produits et services numériques.

Dans le secteur divertissement, les répondants déclarent relever des indicateurs mensuels sur la formation, les ressources IT, les datacenters et le stockage avec un objectif de réduction de 10,8 % de GES d’ici fin 2024 par rapport à 2019.

Les cabinets de conseil IT estiment que le NR devient un thème stratégique avec des enjeux commerciaux de différenciation (57 %) et de marque employeur pour le recrutement (67 %). Ils constatent une amélioration de la performance opérationnelle dans les projets IT.

Le manque de budget, de temps et de compétences, les dirigeants peu impliqués obèrent la route vers une démarche efficace de numérique responsable mais peu à peu les choses évoluent sous la pression des nécessités environnementales.