Selon l’enquête « Global ESG Practitioner 2023 », 71 % des professionnels et des services directement concernés par le reporting ESG expliquent qu’au moins trois équipes internes contribuent à l’élaboration de ces documents au sein de leurs entreprises respectives.

Le reporting ESG (Environmental, Social, and Governance) présente les données des entreprises sur les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’objectif de ce reporting est d’assurer la transparence des entreprises sur ces aspects pour mieux évaluer la gestion de ces risques et plus largement la responsabilité des entreprises vis-à-vis de l’environnement.

Menée par Ascend2 et Workiva, cette étude illustre l’importance croissante des critères ESG dans la masse de documents que doivent produire les entreprises.

Elle souligne parallèlement la complexité des procédures permettant de fournir des informations précises et vérifiées dans ce domaine.

74 % des 926 professionnels interrogés (qui travaillent dans des équipes directement concernées par le reporting ESG), précisent que leurs organisations ont nommé au moins un collaborateur pour superviser cette question et les autres initiatives qui peuvent y être associées, en hausse de 6 % par rapport aux chiffres de l’année précédente.

Un pourcentage identique de répondants pense que l’entreprise sera contrainte de se conformer dans l’avenir à deux ou plusieurs exigences réglementaires supplémentaires.  

Une complexité indéniable

Réalisée dans une dizaine de pays, dont la France, cette enquête révèle une disparité dans la perception du problème aux différents niveaux hiérarchiques. Alors que 62 % des dirigeants estiment que leur entreprise applique le même niveau d’attention aux rapports ESG que celui porté aux rapports financiers, seuls 32 % des cadres et cadres supérieurs partagent ce sentiment.

De même, 87 % des dirigeants affirment que leur entreprise a nommé quelqu’un pour s’occuper des questions d’ESG, tandis que 68 % des managers indiquent la même chose.

« Ces chiffres soulignent une déconnexion significative entre la direction des entreprises et ses collaborateurs. Cela pourrait laisser à penser que les entreprises ne sont pas entièrement prêtes à se plier aux nouvelles réglementations, ce qui vient confirmer les résultats d’une enquête précédente commandée par Workiva et PwC », lit-on dans ce rapport.

Malgré cette disparité des perceptions, les personnes concernées par cette question reconnaissent dans leur très grande majorité qu’il existe une valeur intrinsèque réelle pouvant être dégagée du reporting ESG.

Les répondants dans les entreprises qui ont établi des reportings ESG depuis cinq ans ou plus reconnaissent plus facilement que l’ESG a généré des économies et amélioré l’image de marque et/ou la réputation de l’établissement, comparativement aux entreprises qui ont procédé à un reporting ESG depuis deux ans ou moins.  

Dichotomie

Enfin, les personnes concernées par l’ESG sont de plus en plus enclines à penser que la technologie est un élément clé du reporting. La quasi-totalité (95 %) des répondants admet que disposer d’une technologie adéquate est un élément fondamental pour gérer efficacement le processus de reporting ESG.

Ce pourcentage marque une augmentation de 19 % par rapport aux chiffres de l’enquête réalisée l’année dernière. 97 % des professionnels interrogés reconnaissent que l’accès à la technologie et aux données jouera un rôle essentiel dans les décisions qui seront prises pour faire progresser leur stratégie ESG.

« Nous savons bien que les critères ESG bénéficient d’une attention de plus en plus marquée autour des tables des conseils d’administration ou que des cadres, des normes et des réglementations de plus en plus complexes posent de nouveaux défis en matière de rapports ESG », lit-on dans ce document.

Mais ce qui me frappe au vu des résultats de cette enquête, c’est la dichotomie qui existe entre les responsables de tous niveaux qui estiment que le reporting ESG offre en soi une valeur adéquate, alors que les managers en première ligne considèrent qu’ils ne sont pas traités avec la rigueur qu’ils exigent.