Le poste de cadre devrait faire l’objet d'une refonte complète au cours des quatre prochaines années, estime le cabinet d’étude Gartner. Mais de là à les remplacer les managers, il n’y a qu’un pas que le cabinet se refuse à franchir, voici pourquoi.

Dans un article récent, nous nous interrogions sur la possibilité de remplacer les dirigeants d’une entreprise par des solutions cognitives. La réponse était négative, car il manque à l’IA les qualités humaines pour faire du management au sens large. Gérer une entreprise au plus haut niveau n’est pas seulement une affaire de processus, mais aussi de stratégie commerciale et humaine, et d’instinct.

Mais, si l’IA est incapable, pour l’heure, d’opérer au plus haut niveau décisionnel, elle serait capable aujourd’hui d’agir avec efficacité au niveau du middle-management. C’est ce qu’indique un article du Gartner qui prévoit que l’IA, les assistants personnels virtuels et les chatbots devraient assumer 69 % de la charge de travail des cadres d’ici 2024.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire sur les effets de ce remplacement pour l’employabilité des managers, cette tendance ne peut avoir que des effets bénéfiques souligne le cabinet d’étude. Il ne s’agit pas de remplacer les managers, loin de là, mais de les décharger des tâches routinières et administratives. Le tout avec un effet bénéfique, une montée en compétences positive pour les postes subalternes. « L’IA et les technologies émergentes modifieront indéniablement le rôle du manager, explique l’article, et permettront aux employés d’étendre leur degré de responsabilité et d’influence, sans pour autant assumer des tâches de gestion ».

L’IA prendra en charge les tâches routinières et chronophages

En fait, au lieu de remplacer les managers, l’IA devrait les décharger des tâches subalternes avec peu de valeur ajoutée et chronophages. « Le rôle des managers fera l’objet d’une refonte complète au cours des quatre prochaines années », déclare Helen Poitevin, vice-présidente de la recherche chez Gartner. « Actuellement, les gestionnaires doivent souvent passer du temps à remplir des formulaires, à mettre à jour des informations et à approuver des flux de travail, ajoute-t-elle. En utilisant l’IA pour automatiser ces tâches, ils peuvent passer moins de temps à gérer les flux de travail et peuvent investir plus de temps dans l’apprentissage, la gestion des performances et la fixation d’objectifs ».

Il serait donc prématuré de penser que l’IA va prendre la place des managers. Là aussi, les titres anxiogènes que l’on voit fleurir çà et là ne reflètent pas la réalité, pas encore en tout cas. Car une utilisation responsable de l’IA permettrait « d’améliorer l’expérience des travailleurs, de développer leurs compétences et de renforcer les compétences organisationnelles dans l’utilisation responsable de l’IA ».

Comme c’est le cas de toute technologie inventée par l’homme, l’IA en elle-même n’est ni bonne ni mauvaise, son rôle, positif ou négatif pour les uns et les autres, dépendra de l’usage qui en sera fait. C’est aux humains de s’assurer que l’autonomie décisionnelle de l’IA ne se transforme pas en liberté incontrôlée, voire autocratique.

Sources : Gartner

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Journaliste, IT Social

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