Voici une expérience originale menée par la startup américaine InVision : ses 700 employés sont tous en télétravail, et jusqu’à récemment ne s’étaient pour la plupart jamais rencontrés...

Lorsqu’il y a 7 ans Clark Valberg crée InVision, une startup qui édite des logiciels axés sur l'amélioration du travail des concepteurs d'expérience utilisateur, il prend trois décisions :

  1. La première est de s’installer à New York, qui à l’époque était encore loin de la ‘pollution’ du modèle Google qui rend difficile l’acquisition de talents !
  2. La seconde est d’éviter d’investir dans des bureaux, en propre ou en location, considérant que le marché de l’immobilier est répressif !
  3. La dernière est de continuer de prendre le temps de s’occuper de sa famille et de ses enfants.

De tout cela, il en déduit deux choses : d’abord que son activité et son logiciel peuvent se construire à partir d’un ordinateur portable. Ensuite que la culture de son entreprise marquera un fort penchant pour le modèle distant.

Résultat, en 2018 les bureaux de InVision sont ouverts officiellement de 10h00 à 18h00, heure de New York. Mais attention, inutile de vous y rendre, vous n’y rencontrerez probablement personne. Ou peut-être Clark Valberg, mais seulement si un rendez-vous est pris.

700 employés en télétravail

Les 700 employés de la startup, qui a bien grossi, sont tous en télétravail, aux Etat-Unis comme dans le reste du monde. Invision a aujourd’hui des équipes en Angleterre, en Israël, en Australie, en Argentine et au Nigeria.

Et question culture d’entreprise, InVision en connaît un brin ! Le directeur général de la société, Mark Frein, dans une interview à nos confrères de Business Insider, a indiqué que pour ses salariés il est plus important de prouver la qualité du travail que de se présenter chaque jour à une certaine heure. Et que le fait qu’ils se présentent tous les jours au bureau ne garantit pas nécessairement qu’ils travailleront plus que s’ils sont éloignés !

« Il s'agit de résultats, et non de l'adresse IP. Nous nous soucions de ce que vous êtes capable de faire ou de réaliser. Si vous êtes capable de réaliser quelque chose de bien en travaillant des heures différentes, alors c'est génial ». Et d’ajouter, « La liberté et la flexibilité sont les raisons les plus satisfaisantes d'être à InVision. »

Le désavantage de l’éloignement

Pour autant, même pour séduisant qu’il soit, le modèle distant présente également quelques défauts qui peuvent se transformer en désavantages. Le plus important étant le risque de manque d’empathie entre gens qui par la majorité ne se côtoient jamais. D’où une supervision au cordeau du télétravail (avec le risque du ‘ça passe’ ou ‘ça casse’). Et une communication encourageant les employés à poser des questions à leurs collègues.

Et plus étonnamment le fait que tout le monde est logé à la même enseigne, ce qui évite le risque d’appauvrissement des salariés distants par rapport à ceux qui travaillent au bureau.

Sans oublier les avantages d’une telle option distante intégrale, avec la suppression des barrière géographiques pour attirer des talents venant du monde entier. Et une économie de l’immobilier dans les frais généraux qui se chiffre en millions de dollars.

La stratégie d’InVision est un succès. Pour autant en février dernier les salariés de la startup se sont réunis pour la première fois lors d’un évènement. L’occasion de faire de belles rencontres, et d’échanger en dehors des messageries, des vidéo-conférences, des médias sociaux ou de YouTube...

Image d’entête 638310140 @ iStock Daren Woodward

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