Comme chaque début d’année depuis onze ans, les experts de Deloitte Insight font le tour des tendances attendues dans les 12 aux 24 prochains mois (Tech Trends 2020). C’est à peine si cet horizon nous paraît trop lointain, tant les technologies semblent tout bouleverser d’un jour sur l’autre.

Cette révolution n’est comparable à aucune autre dans l’Histoire, par son ampleur d’abord qui remet en cause tous les acquis de siècles d’évolution organisationnelle tranquille ; par sa capillarité ensuite, car tous les domaines sont touchés et aucun métier ni secteur ni aucune niche ne sont épargnés ; par sa diversité et son ubiquité technologique enfin. Cela va jusqu’à remettre en cause la place de l’humain dans le travail, alors que son jumeau numérique s’apprête à reprendre ses fonctions les plus avilissantes et répétitives, pour commencer.

Selon le rapport de l’année dernière neuf forces formaient, et forment toujours, la base technologique qui façonnera l’avenir des organisations : l’expérience numérique, l’analytique, le cloud, la modernisation des applications et des infrastructures, la sécurité, le business de la technologie, la réalité numérique dite virtuelle, la cognitique et la Blockchain. Ceci sans citer trois technologies qui sont sur le point d’émerger avec un potentiel perturbateur incommensurable pour l’heure : l’expérience ambiante, l’intelligence exponentielle ou l’interprétation par l’IA de son environnement et le quantum computing, algorithmie et infrastructure comprises.

Les tendances évoluent de manière inattendue

Il est alors difficile pour un analyste de prendre de la hauteur pour prophétiser, alors que l’enchevêtrement des technologies en évolution offre un tableau chaotique en apparence. « Les tendances évoluent de manière inattendue », expliquent les auteurs du rapport. « Et souvent, les sauts technologiques les plus intéressantes se trouvent aux intersections de plusieurs technologies », ajoutent-ils.

L’IA en est un exemple emblématique, qui, après avoir végété dans les laboratoires pendant des décennies, a pris son envol grâce à l’aboutissement de diverses autres technologies : la microarchitecture parallélisée des processeurs, les capacités d’accès à des océans de données grâce aux progrès des réseaux et des supports de stockage, l’évolution de l’algorithmie avec la mise au point de modèles cognitifs avancés, des capteurs, et cætera.

Agilité et vitesse, mais pas sans discernement

En somme, il faut avoir l’œil partout et, contrairement à tous les canons de la stratégie, les décideurs se voient contraints d’ouvrir plusieurs fronts à la fois, pour ne pas se faire disrupter par un concurrent sorti de nulle part. Telle est la règle qui prévaut actuellement. La méthodologie semble aller d’elle-même : agilité et vitesse.

Paradoxalement, l’intelligence émotionnelle d’une plaque de silicium organisé, mue par la force électromagnétique et l’intelligence algorithmique, nous renvoie à des questionnements éthiques et moraux fondamentaux, sur la place que doit prendre la technologie dans la vie de l’homme, le respect des libertés, la bioéthique… Il s’agit d’empêcher la technologie de prendre le contrôle et éviter à l’être humain de devenir une donnée, une variable d’ajustement dans un environnement réglé par des robots.

Source : Deloitte

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