Avec la souscription Java SE Universal basée sur une facturation pour tous les salariés plutôt que sur un modèle de licence par utilisateur, le cabinet Gartner prévient que la hausse des coûts va être salée.

Pour les entreprises clientes de l’ERP Oracle, l’annonce du 23 janvier 2023 de l’éditeur d’ERP est vécu comme une douche froide. En clair, un client d’Oracle qui possède un petit nombre de licences mais un nombre élevé d'employés pourrait voir ses factures exploser de plusieurs millions de dollars par an. Plus précisément, exit l'ancien abonnement Java SE et Java SE Desktop, place au nouveau modèle de tarification qu’Oracle détaille ainsi :
"Votre entreprise compte, par exemple, 28 000 employés, ce terme incluant les salariés à plein temps, temps partiel, temporaires, et consultants. Par conséquent, le prix serait
de 28 000 X $USD 6,75/mois X 12 mois, soit 2,26 millions de $/an"
.

De même, SAP concurrent d’Oracle, a depuis longtemps alourdit les factures de ses clients avec un modèle de tarification portant sur les accès indirects, à savoir l’accès par tout utilisateur, bots et d'autres systèmes tels l’IoT, à son ERP via toute application tierce.

Les modes de facturation d’Oracle et SAP sont fortement remis en cause par leurs clients grands comptes qui reprochent à ces deux éditeurs d’ERP de modifier les conditions tarifaires pour accroître leurs revenus, et de contrôler leur application via les audits. L’autorité de la concurrence instruisait une enquête concernant SAP en mai 2022 au motif, notamment, d’abus de position dominante.

Pour l'année 2022, 52% les actions liées à la conformité et à l'audit des logiciels Oracle se sont concentrées sur Oracle Java, selon le cabinet Gartner qui confirme dans un récent rapport que le nouvel abonnement Java SE Universal nécessite une licence pour tous les employés d'une organisation, qu'ils utilisent ou non Oracle.

La valeur ajoutée des nouvelles conditions tarifaires d’Oracle est très faible

Paradoxe, Java est un langage open source mais depuis qu'Oracle a acquis Sun Microsystems en 2009, on peut supposer que l’éditeur d’ERP américain est à la recherche de profits plus conséquents que ceux qu’autorisent les licences Open Source, limitées principalement au service et au support.

En exigeant une licence pour tous les salariés d'une organisation, sans exception, l’éditeur cherche manifestement à augmenter ses bénéfices. Le calcul est simple, une entreprise de 10 000 employés avec une licence Java sous licence paiera 1 million de dollars de plus.

Une fois le constat posé et les mécontentements exprimés, reste pour les entreprises à se préparer aux audits de contrôle des licences par Oracle. Pour cela, les solutions SAM (gestion des actifs logiciels) tels celles de Flexera, facilitent l’inventaire précis des licences, notamment dans les domaines du middleware ou des bases de données. Les risques budgétaires considérables qui découlent des audits des éditeurs peuvent ainsi être anticipés et corrigés.

Il est à prévoir que les clients d’Oracle comme ceux de SAP ainsi que les autorités de contrôle ne vont pas rester les bras croisés face à ce que d’aucuns considèrent comme un racket commercial. A suivre.