En Chine, la publication de contenus vidéo mensongers du genre « deepfake » (voir aussi l'article sur le deepfake de Boris Johnson) créés à partir d’une intelligence artificielle doit être signalée par celui qui les a publiés. Désormais, les autorités chinoises qualifient d’infraction pénale la diffusion de deepfakes. Cette nouvelle règle va entrer en vigueur dès janvier prochain. Le gouvernement explique que l’utilisation de tels contenus peut violer l’intérêt des utilisateurs et peut représenter des risques politiques majeurs, sans compter les impacts éventuels sur la stabilité nationale et la sécurité. Avec cette réglementation, les autorités peuvent poursuivre en justice non seulement les simples utilisateurs, mais aussi les services d’hébergement d’images et de vidéos s’ils omettent de signaler les contenus deepfakes. Les États-Unis ont aussi adopté des règles similaires. La Californie est pionnière en matière de législation contre les deepfakes en criminalisant cette pratique. Elle poursuit surtout les publications contenant des altérations de paroles de politiciens, mais exclut aussi les satires et les parodies généralement utilisées par les médias. La loi californienne contre les deepfakes devrait expirer en 2023, sauf reconduction. Le Congrès américain s’attèle également à l’élaboration d’une stratégie destinée à contrer les deepfakes à l’approche des élections présidentielles. La Chambre a tenu une audition qui a vu la présence d’experts divers venus des Universités et de groupes de réflexion pour la mise en place d’une mesure efficace pour prévenir les fausses informations vidéo. De plus, plusieurs projets de loi sont en cours d’élaboration pour criminaliser les contenus trompeurs en général.

Les plateformes de réseaux sociaux élaborent de leur côté leurs propres stratégies. Facebook et Twitter sortent du lot. Twitter serait en train de rédiger sa politique contre les deepfakes, nécessaire après la diffusion très médiatisée d’une vidéo trompeuse de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants. De son côté, Facebook, qui a aussi essuyé des critiques acerbes en refusant de retirer la vidéo sur Nancy Pelosi, est en train de développer une technologie permettant de détecter les deepfakes. Néanmoins, Facebook refuse de supprimer les contenus trompeurs en évoquant sa politique de confidentialité. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a déclaré que sa plateforme est contre les réglementations des discours, contrairement à Twitter qui a décidé d’interdire toute publicité politique sur son application.

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