Si 96 % des dirigeants reconnaissent que l’IA stimule la productivité, 77 % des employés, à l’inverse, estiment qu’elle complique les flux de travail, rendant leurs tâches plus ardues et décevant les attentes. Trop souvent, l’IA est perçue comme une fonctionnalité isolée, opérant en silo plutôt que comme un levier intégré aux processus qu’elle devrait améliorer.
L’opportunité réside dans une intégration repensée de l’IA. En 2025, « l’IA produite » permettra aux entreprises d’en tirer pleinement parti en l’intégrant directement aux flux de travail et aux systèmes existants. Plutôt qu’une approche standardisée, il s’agit d’une IA fluide et intuitive, alignée sur les pratiques quotidiennes pour une adoption naturelle et une efficacité optimale.
La « surcharge d’IA » est la nouvelle fragmentation des outils
L’essor rapide des outils d’IA ouvre des perspectives inédites pour transformer le travail. Qu’il s’agisse de planification, de recrutement, d’analyse de données ou de prévisions clients, ces technologies s’intègrent de plus en plus au monde professionnel. Toutefois, leur simple adoption ne garantit pas une réelle amélioration. Comme pour d’autres innovations, l’accumulation d’outils déconnectés risque de générer confusion et inefficacité.La « surcharge d’IA » illustre ce défi : de nombreuses entreprises déploient ces solutions sans véritable stratégie d’intégration ni interopérabilité. Ainsi, bien que plus de 80 % des organisations considèrent l’IA comme essentielle, seules 35 % parviennent à l’implémenter de manière cohérente à l’échelle de plusieurs départements.
La « surcharge d’IA » pose à la fois un défi opérationnel et culturel. Confrontés à des plateformes déconnectées, les employés perdent du temps et augmentent le risque d’erreurs. Dans une équipe marketing, par exemple, l’utilisation d’outils d’IA pour la segmentation client, l’automatisation des campagnes et l’analyse des performances reste inefficace sans intégration. L’absence de communication entre ces solutions limite l’apprentissage de l’IA et la vision globale du parcours client, entraînant une baisse de productivité, une hausse des coûts et une frustration croissante. À terme, cette fragmentation nuit à la confiance dans l’IA elle-même.
Qu'est-ce que « l’IA productivisée » ?
Les utilisateurs adoptent des produits, non des technologies. Pour rendre l’IA réellement accessible, elle doit s’intégrer de façon fluide aux outils existants, sans imposer de nouveaux processus contraignants. C’est tout l’enjeu de l’« IA productivisée » : optimiser la productivité sans friction. Pour les équipes informatiques, cela implique de privilégier des solutions interopérables, conçues pour enrichir plutôt que fragmenter les systèmes en place. Ainsi, l’IA peut déployer tout son potentiel sans ajouter de silos ni decomplexité superflue.
Dans la gestion de projet, l’IA ne doit pas être un outil isolé, mais une composante intégrée aux plateformes existantes. Au-delà de signaler des retards, elle peut réaffecter les ressources, automatiser les mises à jour et suggérer les prochaines étapes, devenant un véritable levier d’efficacité. Cette approche présente trois atouts majeurs : une intelligence contextuelle, en alignant ses recommandations sur les processus de l’entreprise ; une simplicité, en évitant l’accumulation d’outils inutiles ; et une évolutivité, en s’adaptant aux besoins changeants. À une époque où la performance et l’agilité sont essentielles,
l’« IA productivisée » devient un atout stratégique.
Mesurer le succès réel de l'IA
Le succès de l’IA ne repose pas sur ses fonctionnalités, mais sur son impact concret.Fait-elle gagner du temps ? Réduit-elle les efforts manuels ? Facilite-t-elle le travail ? Son utilité prime sur ses prouesses techniques. Avec 85 % des responsables IT sous pression pour prouver le ROI de l’IA générative, démontrer sa valeur devient une priorité. Pour y parvenir, un cadre clair est essentiel. Définir des objectifs précis permet d’évaluer les processus optimisés, mesurer l’efficacité et la réduction des erreurs, et garantir une intégration fluide aux flux de travail sans générer de frictions. Le suivi régulier de ces indicateurs assure une IA toujours pertinente et performante, véritable moteur
de productivité.
L’avenir de l’IA repose sur son intégration fluide, son adaptabilité et son impact direct sur notre manière de travailler. Sa véritable valeur émergera lorsqu’elle ne sera plus perçue comme un simple outil, mais comme un prolongement naturel de l’environnement
de travail.
Par Daniel Lereya, Chief Product and Technology Officer chez monday.com