Avec ses 30 00 robots Kiva, Amazon a réduit ses charges d’expédition de 20 % et pourrait réaliser une économie sur ses entrepôts de 2,5 milliards de dollars.

Lorsqu’Amazon avait acquis Kiva en 2012, une société qui développe des robots pour la logistique, pour 775 millions de dollars, les observateurs se sont demandé ce que Jeff Bezos, le fondateur du géant de l’e-commerce, allait faire de ces robots trapus oranges qui se glissent sous des étagères pour les soulever et les déplacer  Surtout que dans la foulée Amazon a mis fin aux activités externes de Kiva, se contentant de maintenir les équipements existants jusqu’à la fin des contrats de maintenance.

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Kiva occupait une place unique dans la logistique, étant le seul acteur à proposer un produit vraiment fiable. Agissant ainsi, Amazon a imposé au marché de marquer un temps d’arrêt, le temps que de nouvelles startups développent des produits capables de remplacer la technologie Kiva. Agissant ainsi, Amazon s’est offert 3 à 4 années d’avance sur ses concurrents éventuels… limitant leur capacité à réduire leurs coûts sur ce poste stratégique.

Des entrepôts, de plus en plus d’entrepôts

Les entrepôts ont toujours été des lieux stratégiques. Encore plus sensibles lorsque, comme Amazon, ils stockent moins des volumes en quantités que des volumes en références. Et qu’ils sont soumis à de fortes saisonnalités. C’est pour cela que les entrepôts modernes sont conçus à partir de boîtes rectangulaires, qu’ils sont hauts de plafond (environ 12 m afin de stocker en hauteur), avec des quais de chargement des deux côtés. Et des planchers les plus plats que possible afin de supporter la linéarité des processus de traitement des commandes.

Un détail important, ils doivent disposer de milliers de places de parking afin d’absorber les pics d’achats qui nécessitent de disposer sur place d’un grand nombre de salariés pour absorber les commandes.

Avec Amazon qui s’est lancé dans la livraison le jour même, ce sont tous les commerces de proximité qui vont se trouver dans l’obligation de revoir leur copie. Les grands distributeurs et utilisateurs d’entrepôt recherchent l’innovation. Et craignent que la multiplication des entrepôts de proximité ne viennent créer une pénurie d’employés, et donc une hausse des tarifs horaires. La robotisation est un de leurs axes de réflexion.

Le retour d’expérience d’Amazon

Amazon a servi de banc d’essai pour les robots logistiques. Et les chiffres sont là pour démontrer que Jeff Bezos a une nouvelle fois eu le nez creux en équipant sa centaine d’entrepôts d’environ 30 00 robots Kiva. Selon Dave Clark, vice-président senior des opérations et services à la clientèle d’Amazon, l’armada de robots aurait réduit les frais d’expédition de l’ordre de 20 %.

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L’automatisation par des robots représente également l’opportunité de réduire le nombre d’employés. Mais comme nous l’évoquions plus tôt, en raflant Kiva, Amazon a raflé la mise. Kiva proposait les robots les plus avancés, et les grands distributeurs, principalement américains, travaillaient au développement d’applications sur ces robots, à perte puisqu’ils n’y ont plus accès !   

Les développements en cours

Elles s’appellent Quiet Logistics, Locus, Fetch Robotics, Magazino, 6 River Sytems (fondée par des anciens de Kiva), et toutes sont des startups concurrentes de Kiva qui émergent. Alors que chez cette dernière, c’est l’automatisation des flux de transport qui est recherchée, leurs axes de réflexion portent principalement sur la proximité avec les employés, avec des tablettes intégrées dans des robots qui portent les commandes et poussent les hommes à aller toujours plus vite ! Voire des robots pour saisir des objets stockés en hauteur.

Et chez Amazon  Dans son laboratoire de robotique de North Reading, dans le Massachusetts, l’e-commerçant travaille à la réduction des coûts par diverses expériences d’automatisation. SI les expérimentations autour des drones de livraison ont été révélées au public, Amazon s’assure que ses recherches demeurent confidentielles. On sait donc peu de choses sur elles. Seule chose qui a ‘fuité’ via les offres d’emplois, la division nouvellement nommée Amazon Robotics cherche son patron et des experts pour développer une « nouvelle plateforme robotique ».

Reste la question de l’impact des robots sur l’emploi. Officiellement, Amazon ne donne aucun chiffre. On sait par contre quels sont les postes les plus menacés : ceux qui sont liés à des tâches simples, ou aux vastes entrepôts de l’e-commerce, contraints de parcourir des kilomètres pour compléter les commandes  et ceux qui concernent les opérations d’emballage, toujours complexes. Les emplois qui nécessitent des manipulations d’objets fragiles ou qui impliquent des prises de décision complexes seront préservés. Pour combien de temps encore  Les premiers robots dotés de bras articulés et capables de se saisir d’objets par aspiration ont fait leur apparition. Et pas un marchand ne résistera à la perspective de réduire la taille de ses parkings…

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