Nous sommes tous dotés d’un instinct, que nos intuitions soient influencées par le cœur ou la raison. Lorsque nous devons prendre une décision et que nous ne disposons pas de toutes les informations nécessaires, c’est cet instinct qui rentre en ligne de compte. Ce constat s’applique également au monde professionnel où certains dirigeants font même de leur instinct un atout de leur réussite.

Mais que se passe-t-il lorsque toutes les informations nécessaires à la prise de décision sont soudainement accessibles ? Faut-il renoncer à son instinct quand les données permettent de déterminer la meilleure manière de procéder ? Car si les dirigeants disposent, à l'heure actuelle, de plus en plus de données, celles-ci ne suffisent pas toujours à fournir les réponses espérées à moins de les associer à l’expérience, l’expertise et l’instinct.

Faut-il nécessairement opposer le rationnel aux émotions ?

S'appuyer sur la compréhension des individus permet de mieux appréhender le concept de leadership. Selon la catégorisation des types de personnalités définie par le modèle MBTI (Myers Briggs Type Indicator), les êtres humains possèdent quatre énergies dominantes : rationnelle, émotionnelle, introvertie et extravertie. Savoir si une décision est basée sur des critères rationnels ou émotionnels est alors assez aisé à déterminer, tout comme il est assez facile d’estimer si les gens sont motivés par le fait d’être seul ou entouré.

Ainsi, associer certaines caractéristiques à certains types de personnalité est possible. Par exemple, l’archétype du leader émotionnel fera davantage confiance à son instinct pour prendre des décisions, refusant parfois de tenir compte des données pour suivre ses intuitions. Quant au leader rationnel, il est un analyste et il prendra le temps d’étudier avec attention la moindre information disponible avant de passer à l’action.

Toutefois, ces stéréotypes, en particulier lorsqu’ils touchent aux individus se trouvant à des postes de direction, ne prend pas en compte la notion d’équilibre. L’ensemble des individus possèdent des capacités d’analyse qui co-existent avec des tendances plus instinctives. Les scientifiques peuvent donc être superstitieux, tout comme les artistes peuvent être obnubilés par leur chiffre d’affaires.

Sans tenir compte de leur type de personnalité, les dirigeants d’aujourd’hui doivent faire face aux données, celles-ci représentant à la fois un défi de taille mais également une importante source d’opportunités. Les données ne sont plus réservées aux analystes, et ceux qui prennent le temps d’analyser celles à leur disposition seront capables de prendre de meilleures décisions.

Si, en affaires, il ne suffit pas toujours d’identifier la bonne manière de procéder, il est indispensable de se pencher sur la question au bon moment.

Pensée lente, pensée rapide

Selon l’école de pensée traditionnelle, les entreprises en mesure de prendre des décisions rapidement sont celles qui rencontrent le plus de succès, la lenteur dans les prises de décision étant quant à elle associée à l’échec. Toutefois, Il existe une théorie contraire, qui conseille aux entreprises de passer davantage de temps à réfléchir, partant du principe qu’il est préférable de prendre une décision mûrement réfléchie plutôt que trop rapide.

Cette dernière prend en compte l’importance que représentent la continuité d’activité et de disponibilité des données des entreprises numériques modernes. Au contraire, les entreprises qui choisissent de faire abstraction des données ne pourront tirer profit d’une telle stratégie qu’à court terme. La disponibilité des données pour les entreprises modernes fait qu’il n’est plus uniquement question de rapidité des prises de décisions mais de rapidité de réflexion. Être capable de réfléchir vite ne veut pas forcément dire agir de la meilleure façon.

Afin de disrupter un marché, les entreprises doivent développer leur capacité à réfléchir de manière pertinente et judicieuse dans des laps de temps courts, et ce en analysant les données disponibles pour accélérer la prise de décision. Pour les dirigeants axés sur les données, cela consiste à parvenir avec précision à la bonne décision, et d’y arriver plus rapidement que tout le monde.

Devenir un dirigeant « data-driven »

Les dirigeants et chefs d’entreprise n’ont pas le même engagement vis-à-vis de l’exploitation des données. 93% des décideurs internationaux interrogés dans le cadre de l’édition 2019 du Cloud Data Management Report réalisé par le cabinet Vanson Bourne indiquent que le déploiement de la gestion intelligente des données dans le cloud au sein de l’entreprise nécessite de repenser les processus décisionnels. Une refonte complète est nécessaire pour plus d’un quart (29%) d’entre eux.

Il ne fait aucun doute que les données vont bouleverser le leadership d’entreprise, sans pour autant remplacer le rôle des dirigeants. Il y aura toujours une place pour l’intelligence émotionnelle et l’instinct. Avant de s’intéresser aux données, les dirigeants commenceront par se baser sur leur expérience, leur expertise et leur sens des affaires.

Ce qui différencie les dirigeants modernes, c’est leur capacité à prendre en considération les données. Certains s’y intéresseront plus tôt et plus facilement que d’autres, mais ceux qui s’y refuseront peineront à assurer leur pérennité.

Les dirigeants véritablement « data-driven » cherchent à développer une culture axée sur les données. 59% des décideurs déclarent qu’un changement dans culture d’entreprise doit s’opérer afin que les nouvelles technologies soient considérées comme de véritables collaborateurs rejoignant l’entreprise.

Cette collaboration entre individus et données est déterminante pour le développement de l’entreprise moderne. À mesure que la gestion des données dans le cloud se généralise à toutes les entreprises, les dirigeants seront de plus en plus amenés à intégrer les données à leur processus décisionnel.

Par Patrick Rohrbasser, Regional VP France et Afrique, Veeam

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