Avec la migration de masse des systèmes informatiques vers le cloud, le marché semble beaucoup plus mature qu’il ne l’est. Il est important de rappeler que la croissance du marché du cloud est encore dans sa phase d’accélération, voire même, selon certains avis, dans sa phase initiale d’adoption. C'est aussi ce que confirment les intentions d’investissement des décideurs informatiques qui prévoient, durant la prochaine année, de consacrer 41 millions de dollars en moyenne au déploiement de technologies de gestion des données dans le cloud, selon le rapport Cloud Data Management réalisé par le cabinet Vanson Bourne. Cela explique pourquoi des changements majeurs sont en cours pour amorcer le passage aux infrastructures cloud et de datacenter nouvelle génération.

Tournant critique pour la valeur des données

Les entreprises doivent se préparer à connaître une croissance fulgurante sur un temps relativement court. La datasphère devrait, selon une étude d’IDC, atteindre 163 zettaoctets d’ici 2025, soit 163 billions de gigaoctets, dix fois le niveau enregistré en 2016. En plus de croître en termes de volume, c'est aussi au niveau de leur valeur que les données augmentent. Et plus les entreprises détiennent des données, plus celles-ci gagnent en valeur. Selon Statista, le marché du big data s’élèvera à 77 milliards de dollars d’ici 2023. Face à la perspective d'une nouvelle phase d’accroissement du volume des données, les entreprises doivent s'attendre à être encore plus dépendantes de leur infrastructure informatique qu'avant.

Pour migrer les workloads vers le cloud public, les responsables informatiques recherchent des solutions leur permettant de le faire de manière plus transparente entre hyperscalers et stockage privé. L’une de ces solutions est l’approche "cloud native", qui consiste à dissocier les plateformes de données des infrastructures afin de déployer des applications évolutives et agiles via le cloud public. Avec cette approche, l’infrastructure physique n’a plus de rôle stratégique, ce qui permet à l’entreprise d'exécuter les applications dans n’importe quel cloud et sur n’importe quel appareil. Le terme cloud native renvoie généralement à des environnements de conteneurs, dans lesquels ces derniers fournissent la plateforme pour les applications cloud native. En tant qu'entités très mobiles, les conteneurs peuvent s’exécuter sur n’importe quelle plateforme et avoir accès aux données rapidement pour lancer les applications qui les utilisent. En somme, la conteneurisation permet de rapprocher l’application des données.

La prédominance du logiciel comme élément structurant

Extrêmement dépendantes du digital, les entreprises modernes doivent pouvoir s’appuyer sur un environnement IT à la fois évolutif et flexible pour garantir la continuité d’activité. Pour cela, les solutions hybrides et multi-cloud se révèlent les plus adaptées. Les approches cloud native ou IAC (Infrastructure as Code), associées aux technologies telles que Kubernetes et la conteneurisation, permettent un déploiement plus facile des systèmes informatiques, et donc une expansion plus rapide des données, et une gestion plus rapide et plus précise. Au lieu d'être paralysées par l’IT, les entreprises peuvent aussi se servir de la technologie comme d’un accélérateur.

Pour les responsables informatiques, la provision de l’infrastructure ne se fait désormais plus de façon manuelle. Des techniques comme l’IAC par exemple leur permettent de s’affranchir de la configuration et du déploiement du matériel. Les entreprises peuvent ainsi mettre au point un plan détaillé des fonctions de l’infrastructure et déployer celle-ci sur plusieurs sites. En pratique, cela peut permettre à un retailer d’ouvrir plusieurs nouveaux magasins sans répéter inutilement le processus de configuration manuelle de l’infrastructure IT pour chacun. Grâce à l’IAC, les entreprises bénéficient d'avantages considérables de réduction du temps et des coûts liés au déploiement d’infrastructure sur plusieurs sites grâce à l’automatisation de ce processus, tout en éliminant le risque d’erreur humaine.

Avec l’essor des approches cloud native et de conteneurisation en entreprise, l'impact de Kubernetes va augmenter significativement. Cette plateforme d’orchestration permet aux responsables informatiques de gérer leurs déploiements applicatifs et de faire tourner des environnements de conteneurs dans toute l’entreprise, pour lui permettre d'atteindre un nouveau degré d’agilité, d'améliorer le temps de commercialisation et de renforcer sa capacité à répondre aux demandes de ses clients.

Les volumes de données évoluent

Ces nouvelles technologies et approches peuvent être regroupées sous le terme de gestion des données dans le cloud. Il s'agit de la gestion des données dans l’ensemble du cloud et de l’environnement de stockage des données d’une entreprise, et cela regroupe la sauvegarde, la réplication et la reprise après incident. Selon le rapport Cloud Data Management réalisé par Vanson Bourne, trois quarts des décideurs informatiques déclarent que leur entreprise prévoit de déployer des solutions de gestion des données dans le cloud au cours des douze prochains mois.

Les entreprises étant de plus en plus dépendantes de leur infrastructure numérique, le maintien de la disponibilité des données est plus que jamais un enjeu crucial. A mesure que le provisionnement manuel de l’informatique et la réplication des environnements d’infrastructures laissent place à des approches automatisées et réplicables, il est impératif que les entreprises adaptent leur manière de gérer les données, et cela passe notamment par une stratégie solide de gestion des données dans le cloud, ainsi qu'une pratique de sauvegarde et de réplication de leurs données en continu afin de pouvoir les restaurer. La gestion des données doit suivre le rythme de leur production, de leur mobilité et de leur exploitation. Il est de la responsabilité de toute entreprise cherchant à exploiter ses données pour devenir plus compétitive d’en assurer la gestion.

Par Patrick Rohrbasser, Regional Vice President Southern EMEA & Africa, Veeam

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