Quelques soient les projets de transformation digitale, la donnée demeure au cœur des préoccupations, et peu importe le traitement qui lui est accordé, elle est incontournable. Nous pourrions presque l’oublier, tant sa présence s’impose. C'est pourquoi la question du stockage se pose.

Quelles sont les tendances marquantes du stockage des données ?

1Cloud et sauvegarde cloud

Pourquoi discerner ces deux domaines ? Parce que placer ses données dans le cloud n’est pas synonyme de données sécurisées ! Le cloud est une tendance forte qui va marquer les DSI pour de très nombreuses années. Mais cette tendance s’impose d’elle-même, c’est pourquoi la question qui se pose n’est plus l’adhésion au cloud, c’est bien de s’assurer de la sauvegarde des données qui lui sont confiées.

Avec l’acceptation de cloud public comme du SaaS (Software-as-a-Service) jusque dans les grandes organisations, le déplacement des données vers ce cloud public est clairement engagé. Surtout que l’opération affiche des prix intéressants, de quoi maintenir la pression sur les coûts. Mais pour sécuriser ces données, la tendance est à la sauvegarde de cloud à cloud, d’un fournisseur à l’autre.

La prise de conscience est probablement à renforcer, il est essentiel de protéger les données créées par les applications SaaS. Car il ne faut pas oublier que les fournisseurs de SaaS n’assurent de sauvegardes que pour eux-mêmes, ce qui en cas de nécessité se traduit par des coûts de restauration trop souvent exorbitants pour le client.

2SDS (Software Defined Storage)

Difficile d’évoquer la virtualisation d’un côté et le stockage cloud de l’autre sans évoquer le SDS. Celui-ci peut être assimilé à la création d’une couche intermédiaire (de virtualisation) entre le stockage physique et le contrôle et l’administration des tâches (pour allouer et partager les ressources de stockage), ces deux couches de base se trouvant ainsi dissociées.

Au-delà d’apporter une vue unifiée des infrastructures de stockage, qui peut être intégrée à la couche d’hypervision (à l’hyperviseur) de la virtualisation, SDS apporte également des capacité scale out de stockage fichier ou objet, c’est à dire d’élever ou d’abaisser les ressources de stockage de manière transparente, et à la demande ou à la consommation. Cette technologie n’est cependant pas maitrisée par tous les fabricants et éditeurs…

3Conteneurs

La conteneurisation est une tendance forte qui touche jusqu’au stockage des données, et qui profite de rapides progrès technologiques. Certes, le développement et les tests sont encore dominants dans l’usage des conteneurs, mais la tendance dans ce domaine est également à la persistance, et donc devrait rapidement et largement toucher le stockage. Ce dernier va se développer dans les moteurs d’exécution et les applications conteneurs.

L’implication sur les infrastructures devrait être sensible. A la différence de la virtualisation matérielle qui est là pour durer, la conteneurisation est plus éphémère. Le stockage de données devra donc s’adapter, entre des instances légères et la présence de multiples conteneurs sur chaque nœud. La persistance du stockage dans les conteneurs s’impose donc comme une priorité. Mais comme pour les nouvelles technologies, le cycle du conteneur n’est encore qu’à ses débuts, voilà pourquoi la plus grande prudence sur le stockage dans les conteneurs s’impose.

4Disques SSD très haute densité

La montée en capacité des disques reposant sur la mémoire Flash est très rapide, et s’accompagne de réductions régulières des tarifs en entrée de gamme. L’industrie du Flash devient donc une tendance majeure, qui permet de disposer de systèmes de stockage haute densité et grande vélocité. L’infléchissement de la courbe capacité/prix devient plus favorable aux disques SSD, mais également les gains de performance offerts sont significatifs.

Si le SSD est plus performant que les disques durs classiques, il faudra cependant attendre encore quelques années pour que l’argument du prix devienne favorable. 2020 devrait probablement être la date de la bascule. Certains experts annoncent déjà la mort du disque dur classique ! Celui-ci a encore une marge de progression, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En attendant, les plus impatients, et les plus riches, pourront se tourner vers les premiers disques SSD 32 To et surtout 60 To.

5NVMe alternative à SCSI

La norme SCSI date de 1986, à une époque où seuls disques durs et bandes avaient la parole, et elle est restée jusqu’à aujourd’hui, où elle est encore la norme dans les datacenters. Mais pour tirer un meilleur profit des dernières technologies, il faut augmenter la performance et abaisser la latence. C’est ce que l’on trouve dans les spécifications du stockage NVMe (NonVolatile Memory express), publiées en 2011.

La spécification NVMe fournit une interface de registre simplifié et un jeu de commandes pour réduire la charge de la stack CPU I/O (processeur et entrées/sorties). La croissance de son usage restera cependant faible pendant probablement quelques années encore. C'est une alternative à l’usage de PCIe, qui offre des capacités de connectivité et de distances plus étendues, complétées de fonctionnalités comme le double port ou le hot plug. C’est pourquoi le potentiel de croissance de NVMe associé aux SSD est important, à l’orée de la fin de la décennie.

6Fiber Channel

Ethernet domine les architectures classiques, les nouvelles architectures hyper-convergées, le cloud, jusqu’au stockage des données non structurées basées sur des fichiers. Mais il y a Flash et le stockage SAN tout Flash qui demandent des équipements et commutations 16 à 32 Gbps. Voilà pourquoi Fibre Channel (FC) s’imposera sur les protocoles de stockage des datacenters et de réduction des goulots d’étranglement. La fin de la décennie verra l’explosion de l’adoption des disques SSD et le passage du FC 16 au FC 32 Gbps. Et nul doute que les utilisateurs sauront remplir les tuyaux 32 gig.

Image d’entête 542304862 @ iStock macrovector

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