La moitié de ces salariés français affirme utiliser des outils d’IA générative tel ChatGPT au moins une fois par semaine. Mais globalement, dans les 11 pays concernés par une enquête de Veritas, les salariés estiment massivement (90 %) que l’usage des outils d’intelligence artificielle doit être encadré par des directives claires dans les entreprises.

L'étude menée par 3Gem pour Veritas auprès de 11.500 répondants répartis dans 11 pays dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, explore de manière détaillée les usages, les avantages et la perception des risques de l’IA par les salariés dans le monde. En France, 77 % des répondants pensent que l’utilisation de l’IA Générative (IAg) doit faire l’objet d’une politique de contrôle de la part des dirigeants. Une préoccupation portée par l’Europe avec le règlement européen IA Act en application fin 2025 et qui pointe notamment les usages à haut risques, à savoir les logiciels de sélection de CV, les IA présentes dans les infrastructures IT, les services financiers, la cybersécurité, etc.

Une moitié des salariés français (50 %) déclare se servir des outils d’IA tels que ChatGPT au moins une fois par semaine. Pour l’heure, le flou règne côté employeurs sur les règles et recommandations dans ce domaine même si 56 % des salariés français déclarent que leur employeur a donné quelques directives dans ce sens. Noter cependant que 8 % affirment ne pas les avoir consultées quand elles existent.

Le recours de l’IAg en France est, sans surprise, le fait des plus jeunes salariés et représente 58 % des 25-34 ans et 45 % des 35-44 ans. Quant aux usages les plus courants, ils se distribuent à part quasi égales entre l’amélioration de l’écriture, la rédaction d’emails, messages et mémos et la recherche et la collecte d’informations comme indiqué dans le graphique ci-dessous.

Usages IA FR


Côté risques, les collaborateurs français mentionnent en tête, la fuite de données sensibles (37 %), la production d’informations incorrectes, inexactes ou inutiles (35 %) suivi par les risques de non-conformité aux règlementations. A noter, 28 % des répondants attendent des formations sur l’IAg.

Des différences marquées entre les pays sur l’usage de l’IA générative

L’usage quotidien de l’IA générative est très varié dans le monde entre le Brésil où 42 % des salariés l’utilisent et le Japon le pays le plus réticent avec seulement 9 % des usages. La France avec 18 % des usagers est assez proche des Etats-Unis (25 %) et
de l’Allemagne (22 %).

Le décalage entre ceux qui se servent de l’IAg et les autres, dans une même entreprise, n’est pas perçu de façon identique dans tous les pays. Ainsi, 6 travailleurs chinois sur
10 considèrent que cet écart est inéquitable mais seuls 32 % des japonais le pensent. Des résultats peut-être liés aux habitudes culturelles mais aussi au niveau d’acculturation de l’IAg dans les entreprises. La réaction la plus répandue dans le monde sur les actions à prendre pour réduire le fossé entre usagers et non usagers de l’IAg reste que les salariés déjà familiers avec elle devraient former leur collègues.

L’accès plus rapide à l’information et l’amélioration de la productivité des équipes dominent largement la liste des bénéfices attendus de l’IAg, soit 48 % des réponses dans le monde. Seuls 11 % du panel de l’étude de Veritas estiment qu’il n’y a aucun intérêt à l’utiliser.

Avant de mettre en place des outils d’IAg, les entreprises doivent s’assurer de la conformité aux règlements et d’une bonne gouvernance des données car les risques sont loin d’être négligeables.