L’accélération de la transformation numérique a provoqué l’alignement des équipes informatiques et leur stratégie sur celle des métiers. Cependant, des décalages persistent quant à la définition des priorités.

Les experts et les stratèges des entreprises débattront longtemps encore des effets de la crise sur les stratégies de transformations numérique des entreprises, et de leurs conséquences sur les relations entre la direction informatique et les métiers. Certes, l’alignement de la DSI et des métiers (par exemple, finances, marketing, RH, R&D, fabrication…), pour atteindre les objectifs fixés par la direction, est un mouvement qui remonte à bien avant la crise. Il n’a cessé d’évoluer vers un modèle collaboratif où la fonction informatique et les autres fonctions de l’entreprise adaptent leurs stratégies ensemble.

Une évolution qui nécessite un soutien fort de la part de la direction générale, de bonnes relations de travail, un leadership fort, une hiérarchisation appropriée des priorités, de la confiance et une communication efficace, ainsi qu’une compréhension approfondie des environnements commerciaux et techniques. Ce sont ces critères qui servaient à évaluer la maturité des pratiques dans un environnement d’avant la crise sanitaire, où l’évolution n’était pas contrainte. Un environnement dans lequel la gestion des processus d’entreprise est considérée comme un principe immuable de gestion des meilleures pratiques, pour aider les entreprises à conserver un avantage concurrentiel.

La résilience s’est additionnée à l’agilité

Cependant, depuis le début 2020, les organisations de tous les secteurs ont dû réévaluer leurs priorités pour renforcer leur résilience, en mettant la technologie au service de la continuité de l’activité. La résilience s’est ainsi additionnée à l'agilité comme impératifs de survie. Les changements dans les processus d’exploitation et de travail ont été extrêmes. Alors qu’avant la crise, il était surtout question de l’alignement des processus avec la stratégie à long terme pour atteindre les objectifs commerciaux fixés par la direction, l’agilité et la résilience par l’accélération de la transformation numérique ont pris le pas sur le reste.

D’après une étude, 2021 Global Managed Services Report, réalisée par NTT, la conséquence de cette accélération, « en dépit de la crise », a été que « l’informatique s’est alignée davantage sur les professionnels de l’entreprise. Cela a conduit à son tour à une accélération des stratégies de transformation numérique ».À cet égard, les chiffres cités sont éloquents : 92,4 % des équipes technologiques jugent leur stratégie technologique globale totalement (49,8 %) ou partiellement (42,6 %) alignée sur les besoins métiers stratégiques de l’entreprise.

Un décalage entre l’IT et les opérationnels persiste

Néanmoins, si 92,4 % des équipes informatiques jugent leur stratégie technologique alignée sur les besoins métiers de l’entreprise, un certain décalage persiste entre les priorités de l’opérationnel et celles de l’informatique. Ainsi, 69,9 % des équipes opérationnelles estiment cruciale la nécessité d’une stratégie technologique qui favorise des gains d’efficacité pour l’entreprise, mais seuls 48 % des équipes informatiques sont de cet avis. De plus, 69,6 % des équipes opérationnelles considèrent la rapidité et l’agilité comme des composantes essentielles de la stratégie technologique, contre seulement 53,4 % de leurs homologues informatiques.

L’étude identifie ainsi un écart dans la façon avec laquelle

l’informatique et l’entreprise en font une priorité. « L’amélioration de la rapidité et de l’agilité dans le cadre de la stratégie numérique d’une entreprise nécessite un meilleur alignement, une communication renforcée et une meilleure compréhension entre l’informatique et l’entreprise », affirme le rapport. L’étude met également en évidence un dilemme autour de l’adoption des technologies émergentes en tant que stratégies décisives pour assurer le succès des entreprises.

En effet, tandis que 88,2 % des responsables opérationnels et informatiques reconnaissent le caractère crucial des technologies émergentes pour leur stratégie technologique, seuls 30,3 % d’entre eux pensent disposer de ces technologies pour répondre aux objectifs à court terme de leur entreprise.

« Les équipes informatiques se sont vues contraintes à des changements rapides. Or, tandis qu’une certaine agilité d’exécution est attendue des acteurs de l’entreprise, l’informatique doit aussi prendre en charge ses propres défis, qu’il s’agisse de gérer la complexité des fournisseurs, les technologies émergentes et les infrastructures anciennes, les contraintes budgétaires ou encore la pénurie de compétences pour suivre le rythme des exigences de l’entreprise », souligne Damian Skendrovic.

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