La Convergence décrit la façon avec laquelle des technologies, des processus et des données, auparavant disparates, se combinent à présent afin de créer de nouveaux produits, services ou expériences. Il y aurait quatre niveaux de Convergence.

Depuis que la micro-informatique, appelée ainsi par opposition à l’informatique, représentée à l’époque par les mainframes, a conquis les entreprises et les foyers, les vagues successives d’évolution se sont suivies à un rythme effréné. La mutation permanente induite par l’évolution rapide des technologies ne s’est pas arrêtée depuis. Les entreprises n’ont pas eu d’autre choix que la transformation permanente, qui s’est en fait amorcée dès lors que les premiers ordinateurs ont été installés sur les bureaux dans les années 80.

Cette époque a vu l’émergence d’un écosystème de fabricants, d’éditeurs d’applications et de fournisseurs de services dédiés à l’exploration des nouvelles voies ouvertes par la technologie. Une effervescence dans un marché naissant et dont la caractéristique principale était, et reste encore aujourd’hui, l’atomisation. De nombreux acteurs, grands et petits, se sont livré une concurrence paroxystique pour prendre des parts d’un marché à conquérir. Certes, on pourra objecter que le domaine était nouveau et qu’il fallait tout inventer, d’où une explosion de solutions et de fournisseurs souvent incompatibles pour capter, et garder, un écosystème de clients et de partenaires dans son propre environnement.

Tant et si bien, que l’un des héritages de cette époque est une profusion d’outils, d’applications, de connecteurs et de solutions en tous genres pour connecter les applications et les faire travailler de concert. Mais cette époque du chacun pour soi est en voie de disparition, selon une étude présentée par Autodesk et réalisée par le cabinet de consultants Altimeter.

La Convergence : une nouvelle dynamique de la transformation

D’après les conclusions de cette étude, une nouvelle dynamique, la Convergence, s’installe dans les entreprises. Accélérée par la pandémie, mais pas seulement, la Convergence est un concept qui n’est pas nouveau, mais qui semble se concrétiser sous les coups de boutoir de la pandémie accélératrice de transformation, des associations d’entreprises clientes, et des gouvernements, qui ont récemment appelé à la coopération entre les acteurs du numérique pour des raisons de cybersécurité et de souveraineté. Les hyperscaler et leurs concurrents, les fournisseurs d’applications en mode SaaS se sont efforcé de créer des plateformes regroupant l’écosystème le plus riche possible, pour fournir des solutions intégrées grâce au concept de guichet unique. C’est déjà un premier niveau de convergence.

Telle que la définit Autodesk, « la convergence est l’association de technologies, de processus et de données auparavant distincts pour créer de nouvelles combinaisons de produits, de services et d’expériences qui remodèlent les processus et les structures du secteur ». Nous y ajouterons un aspect pratique très intéressant pour les entreprises clientes : grâce à la Convergence, l’intégration des applications se fait au niveau des éditeurs, contrairement à l’intégration actuelle, qui se fait au niveau de l’entreprise cliente, avec tous les problèmes et les coûts que cela engendre.

Quatre niveaux de convergence identifiés

Avant de rentrer dans le détail de l’enquête, précisons un aspect qui a son importance : le profil socioprofessionnel des répondants. Contrairement à la plupart des enquêtes, qui sont menées auprès de professionnels du secteur des technologies, celle-ci a sondé les entreprises clientes. Les enquêteurs ont interrogé 749 dirigeants d’entreprises aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et en Chine. Ceux-ci étaient issus des secteurs de l’architecture, de l’ingénierie et de la construction (AEC), de la conception et de la fabrication (D&M) et des médias et du divertissement (M&E).

L’étude a ainsi établi quatre niveaux de convergence. La convergence des processus et des flux de travail : auparavant indépendants, ils sont désormais connectés dans l’entreprise pour une meilleure efficacité et des objectifs intégrés. La convergence des technologies : certaines technologies, comme le cloud, l’internet des objets, l’intelligence artificielle, la chaîne logistique, la réalité virtuelle et la réalité augmentée, convergent pour produire de nouvelles solutions et de nouvelles possibilités.

La convergence des données-informations : les données et informations cloisonnées deviennent plus accessibles et sont utilisées à l’échelle de l’entreprise et du secteur pour développer de nouvelles gammes de produits et services. Et enfin la convergence des secteurs : des secteurs distincts se rapprochent et sont davantage connectés, générant des opportunités de création de valeur.

Une solution à la complexité et aux coûts de la technologie

Mais, même si elle apparaît inéluctable, la Convergence n’est pas un long fleuve tranquille. Elle nécessite des concepteurs et des chefs de projets avec une vision beaucoup plus élargie, visionnaire et disciplinée que par le passé. Cela nécessite une formation, une familiarisation et l’utilisation d’outils qui facilitent ce type de réflexion.

Parmi les entreprises ayant la plus grande maturité numérique, 59 % ont déclaré que la convergence était l’une des influences les plus critiques pour leur activité. Plus les niveaux de maturité diminuent, plus la convergence est reconnue comme une tendance perturbatrice. Logique : la dette technologique et le chemin à parcourir pour rattraper le retard rendent l’opération plus complexe.

De fait, la Convergence apparaît comme la solution à la complexité et aux coûts de la technologie, 58 % des personnes interrogées ont soit réfléchi à la convergence, soit reconnu qu’il s’agit de l’un des aspects les plus importants de leur activité. L’un des principaux enseignements de cette étude est que la maturité numérique est un indicateur important de l’impact que la convergence aura sur une entreprise.

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