Un rapport européen met en évidence les besoins de financement des entreprises de cybersécurité et les défis auxquels elles sont confrontées pour développer leurs activités, notamment pour trouver des profils qualifiés.

À l’occasion de la semaine luxembourgeoise de la cybersécurité, la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont publié il y a quelques jours un rapport conjoint intitulé « European Cybersecurity Investment Platform ». Ce rapport a été élaboré avec le soutien du European Investment Advisory Hub.

Cette étude décrit la conception d’une plateforme d’investissement dédiée pour aider le secteur de la cybersécurité à combler le déficit de financement et à stimuler le développement économique dans l’Union européenne.  

Investissements étrangers

Il y a urgence selon les auteurs de ce rapport. Ils mettent en avant la fragmentation et la faiblesse des dépenses publiques en matière de cybersécurité dans l’Union européenne, avec un manque de programmes et de stratégies dirigés par les gouvernements alors que les cyberattaques se multiplient.



Le paysage du financement de la cybersécurité dans l’UE manque d’investisseurs dédiés à la croissance du secteur, ce qui pousse les entreprises à se tourner vers l’extérieur de l’Europe pour trouver des partenaires financiers appropriés.

En outre, de nombreuses petites entreprises européennes dans ce domaine sont rachetées par des sociétés non européennes, ce qui renforce la tendance de ces sociétés à développer leurs activités ailleurs, avec des pertes économiques considérables.



Autre constat, un écart de marché considérable entre l’UE et les États-Unis, qui sont de loin le pays leader dans ce secteur, peut-être de l’ordre de 1,75 milliard d’euros par an.  

Soutenir un secteur stratégique

Outre les aspects financiers et sécuritaires, la pertinence de la cybersécurité est renforcée par une dimension stratégique et géopolitique. Des tensions sont apparues autour de l’Internet mondial et ouvert, ainsi que sur le contrôle des technologies (par exemple, l’analyse des données, le cloud computing, la 5G, la blockchain, le cryptage), l’utilisation des données (par exemple, le RGPD) et la quête de talents.

« Le leadership de l’UE dans les chaînes de valeur technologiques de la cybersécurité est essentiel pour obtenir une plus grande autonomie stratégique tout en préservant une économie ouverte », lit-on dans ce document de 92 pages.

Cette situation « souligne l’importance de continuer à soutenir la dynamique de croissance du marché européen de la cybersécurité afin de stimuler davantage la croissance annuelle régulière de l’UE, qui est actuellement presque trois fois supérieure à celle d’Israël et des États-Unis », lit-on dans ce rapport.

« Compte tenu de la situation critique à laquelle nous sommes confrontés en Europe de l’Est, nous devons renforcer notre secteur de la cybersécurité pour préserver notre croissance numérique et placer l’Europe à l’avant-garde dans ce domaine stratégique, constate Kris Peeters, vice-président de la BEI. Je suis convaincu que cette plateforme d’investissement mobilisera des investissements supplémentaires considérables pour retenir les entreprises de cybersécurité en Europe, entraînant ainsi le développement et la croissance économiques. Nous sommes prêts à soutenir ce secteur par des financements et une assistance technique. »