Si le secteur public est particulièrement sensible aux enjeux de souveraineté, il doit aussi naviguer entre les contraintes réglementaires et un marché du Cloud en évolution permanente.

Le secteur public navigue à vue. Comme les entreprises, il évalue encore difficilement la valeur du cloud. Réalisée par Devoteam, spécialisée dans le conseil en stratégie digitale, une enquête confirme les craintes et doutes de ce secteur des 17 décideurs IT du secteur public (administrations centrales, agences et établissements publics, collectivités locales et territoriales). Toutes ces organisations emploient plus de 1000 agents.

Parmi les principaux enseignements du rapport :  

Une approche du Cloud dominée par la prudence

En raison des données sensibles touchant tous les citoyens, de l’étendue des missions, des fonctions régaliennes, des contraintes budgétaires et humaines spécifiques, le secteur public ne peut se contenter d’offres Cloud standard, provenant du marché nord-américain et avant tout pensées pour le monde de l’entreprise.



17 % des organisations françaises tous secteurs confondus recherchent des garanties en matière de souveraineté lorsqu’elles étudient les offres des prestataires Cloud, contre une moyenne de 12 % en Europe. Au sein du secteur public, sécurité des données et crainte de la dépendance à un fournisseur sont les deux principaux freins à l'investissement dans le Cloud dont les responsabilités sont partagées.  

Cloud public ou Cloud privé, des stratégies encore en construction

Si l’on additionne les organisations qui proscrivent ce type d’environnements, en font une option de dernier recours ou n’ont pas de stratégie sur le sujet, on atteint 70 % du total, selon les chiffres issus du dernier Observatoire du Cloud d’IDC France.  

Plus d’investissements

Dans cette même étude, on peut toutefois noter que cette part est appelée à baisser
de 9 points entre 2021 et 2023, signe d’une évolution des mentalités et d’une maturation des stratégies, en particulier via le recours aux applications en mode SaaS.



Des besoins croissants

Si, pour l’heure, seules les fondations sont posées - et encore pas partout -, les décideurs interrogé sont tous conscience que l’évolution vers les architectures Cloud est inéluctable.

Une large majorité d’entre eux prévoit ainsi d’étendre les premiers projets ou expérimentations Cloud en accentuant leurs investissements, tout en continuant à se reposer sur une politique d’hybridation.

Les grandes administrations, ministères notamment, prévoient souvent d’étendre leur Cloud privé à de nouveaux usages (du développement à la production par exemple), tandis que les organisations de plus petite taille (opérateurs et collectivités notamment)mettent fréquemment en avant un recours accru au SaaS.  

Accéder à la modernisation de la DSI

Lors du dernier Observatoire du Cloud, réalisé par IDC en 2021, 34 % des administrations françaises avaient pour projet ou étudiaient la mise en place de formations pour leurs équipes de production IT, en plus des 38 % chez qui cette initiative était achevée ou en cours.  

Pénurie de profils

Par ailleurs, près de 6 administrations sur 10 avaient créé ou étaient sur le point de créer de nouveaux rôles, tant à la production qu’au sein des études. En cohérence avec les résultats d’études dans le secteur privé, le secteur public privilégie donc la formation et la transformation des rôles au sein de ses équipes plutôt que le recrutement, pour accompagner la mutation vers les architectures Cloud.

Malgré ces interrogations légitimes et complexes, IDC estime que dans 5 ans, 36 % des décideurs du public pensent que le Cloud public hébergera entre 5 et 20 % du portefeuille applicatif de leur organisation d’ici cinq ans et 22 % pensent même que cette proportion sera comprise entre 20 et 50 %.

Mais au-delà de ce débat toujours ouvert sur la souveraineté, le difficile accès aux compétences spécialisées et la difficulté à les attirer restent les principaux points de vigilance parmi les décideurs interrogés. D’autant que ceux-ci admettent que le niveau de maturité actuel de leurs équipes sur ces sujets reste limité.