En accélérant des tendances déjà à l’œuvre auparavant, la pandémie a eu une incidence notable sur les priorités informatiques. Les entreprises, en France comme ailleurs, se sont engagées dans une démarche visant à intensifier l’utilisation du cloud hybride.

Alors que la vision de la transformation numérique était principalement axée sur le cloud public, la complexité des besoins et des équipements sur lesquels reposent les opérations des entreprises a entrainé une évolution vers un modèle d’infrastructure IT hybride. La crise n’a fait qu’accélérer la tendance en imposant un sourcing informatique qui mélange les le meilleur des trois mondes : sur site, public et privé. Le cloud n’a pas besoin d’être une stratégie limitée à des choix qui s’excluent mutuellement, on peut à présent avoir le meilleur des trois mondes. C’est ce que conclue l’enquête mondiale, Enterprise cloud index, menée par Vanson Bourne pour le compte de Nutanix.

Pour la troisième année consécutive, Nutanix a commandé cette enquête afin de faire le point sur les déploiements et les intentions des entreprises en matière d’adoption cloud. Cette année, les personnes interrogées ont également été questionnées au sujet de l’impact de la pandémie sur leurs décisions actuelles et futures, en matière d’infrastructure informatique et en quoi leur stratégie et leurs priorités IT pourraient s’en trouver affectées.

Une hybridation en cours

Selon le rapport, la plupart des entreprises se sont lancées dans un voyage pour atteindre le modèle d’exploitation informatique hybride. Un modèle plébiscité par 87 % des répondants dans le monde qui le considèrent comme idéal, dont 85 % en France. Un chiffre qui représente une véritable prise de conscience pour les répondants français, car seulement 75 % le considéraient comme stratégique en 2019. Point positif, les entreprises françaises sont plus nombreuses que la moyenne à utiliser les clouds privés, les modèles informatiques mixtes et les clouds hybrides. Un tiers (30 %) des entreprises françaises interrogées ont indiqué qu’elles utilisaient une combinaison non intégrée de datacenters et d’environnements cloud, et 27 % ont déclaré utiliser des clouds privés.

La pénétration du cloud hybride est en revanche beaucoup plus faible en France (14 %), mais dépasse les moyennes des réponses obtenues, tant au niveau de la région EMEA qu’au niveau mondial. « La combinaison des infrastructures en France reflète les transitions en cours, les entreprises délaissant les datacenters traditionnels au profit de l’utilisation du cloud pour évoluer vers des environnements hybrides intégrés, qui favorisent la mobilité des applications ainsi qu’une gestion et une sécurité uniformes », explique le rapport.

Sécurité et conformité en tête des motivations

Interrogés sur leurs intentions, les répondants français prévoient de recourir davantage au cloud public. Alors que 44 % des entreprises françaises interrogées ont déclaré ne pas utiliser de cloud public à ce jour, ce chiffre devrait tomber à seulement 20 % d’ici un an. L’utilisation du multicloud en France est également appelée à se développer : 41 % des personnes interrogées déclarent utiliser au moins deux services différents aujourd’hui, et 57 %disent qu’elles auront recours à plusieurs clouds publics d’ici l’année prochaine. L’utilisation d’un seul cloud public, exploité en tandem avec d’autres modèles informatiques, devrait passer de 15 à 23 % au cours de la même période.

Les motivations derrière cette accélération de l’adoption du modèle hybride sont liées à la sécurité, la préservation de la vie privée et de la conformité. Sur ces points, la France ne se distingue pas des autres pays, où près d’un quart (22 %) des répondants a déclaré qu’il s’agissait des facteurs les plus importants. Cependant, au-delà de ce point, les priorités divergent. Les personnes interrogées en France mettent davantage l’accent sur l’évolutivité (18 %) et sur la prise en charge ou non par l’environnement des applications existantes (13 %). En revanche, la région EMEA et le panel mondial de répondants ont cité les avantages économiques comme deuxième considération(17 % et 18 %respectivement), tandis que le coût n’était la considération numéro un que pour 7 % des répondants français.

Pénurie de compétences spécialisées

« Qu’un modèle informatique particulier finisse ou non par devenir la seule et unique infrastructure dans une organisation donnée, il est clair que les entreprises, en France et ailleurs, se sont engagées dans une démarche visant à intensifier l’utilisation du cloud hybride », affirme le rapport. Cependant, on est loin d’avoir mis bout à bout toutes les briques nécessaires. « Les outils de gestion compatibles avec différents types de plateformes cloud sont encore en phase de

maturation, et les services informatiques sont à la recherche de talents spécialisés dans le cloud multiplateforme, ce qui est actuellement difficile à trouver », constate-t-il.

Plus d’un cinquième des personnes interrogées en France (22 %), par exemple, a déclaré ne pas avoir les compétences informatiques nécessaires pour gérer des environnements cloud hybrides, et un tiers (33 %) a déclaré ne pas avoir de compétences dans les technologies cloud natives et les technologies de conteneur, telles que Kubernetes.

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