La nouvelle édition de l’étude « Infosys Digital Radar » constate que peu d’entreprises sont parvenues à atteindre les stades les plus avancés de la transformation numérique. Celles qui axent leurs initiatives de transformation autour de leurs collaborateurs atteignent les plus hauts niveaux de maturité numérique.

Les organisations doivent changer leur vision d’entreprise, si elles souhaitent atteindre la maturité numérique. C’est le principal conseil que l’on peut retenir de la nouvelle étude d’Infosys Knowledge Institute (IKI), spécialisé dans les services et le conseil numérique de nouvelle génération.

IKI a interrogé plus de 1000 cadres dirigeants à travers le monde, classe les entreprises en 3 catégories : les Observateurs, les Explorateurs et les Visionnaires. Ce dernier grade qualifie les entreprises les plus avancées sur le plan numérique.

Son étude « Infosys Digital Radar 2020 » a analysé le niveau de transformation numérique des entreprises sur la base de leur indice de maturité numérique. Résultat : des progrès d’une année sur l’autre dans des domaines clés, tels que les initiatives visant à accroître la performance de l’entreprise.

Des « Explorateurs » en France

Mais ce résultat encourageant est tempéré par le fait que la plupart des entreprises se heurtent à une « impasse numérique » lorsqu’elles tentent d’atteindre les niveaux de maturité les plus élevés.

Les entreprises sont capables de réaliser une transformation modeste. 18 % sont passées du niveau « Observateurs » au stade supérieur des « Explorateurs ». Cependant, les « Explorateurs » ont peiné à se hisser dans le groupe des « Visionnaires ». En effet, ce dernier reste inchangé par rapport à l’année précédente.

En France, « on dénombre un grand pourcentage d’entreprise dans la catégorie des “Explorateurs” (78 %) et les cadres français sont beaucoup plus préoccupés par les challenges rencontrés en matière de change management dans leur entreprise que la moyenne mondiale », selon IKI.

Le groupe des « Visionnaires » demeure identique malgré le fait que les entreprises déclarent avoir moins d’obstacles à la transformation numérique que l’an dernier. Désormais, les obstacles ne sont plus technologiques, mais humains. Les deux principaux étant la pénurie de talents ou le manque de compétences (34 %) et une culture d’entreprise hostile au risque (35 %).

Comment sortir de cette impasse numérique ? Cette étude démontre que les plus performants ne se retrouvent pas dans une impasse numérique parce qu’ils ont une vision différente.

Tout d’abord, les entreprises qui réussissent se concentrent principalement sur les ressources humaines, en utilisant la transformation numérique comme moyen d’apporter des améliorations centrées sur les clients et les collaborateurs.

68 % des entreprises interrogées ont déclaré que l’efficacité opérationnelle et l’augmentation de la productivité étaient les principaux objectifs de leur transformation. Néanmoins, les entreprises performantes du groupe « Visionnaire » sont désireuses de former leurs collaborateurs.

Près de la moitié des « Visionnaires » décrivent « la responsabilisation des collaborateurs » comme un objectif commercial majeur de la transformation, contre moins d’un tiers des « Explorateurs » et moins d’un cinquième des « Observateurs ». De même, les « Visionnaires » se concentrent davantage sur les initiatives axées sur le client.

Cycles rapides

Deuxièmement, les entreprises qui prospèrent ont une vision différente lorsqu’il s’agit de processus de transformation. Les plus performants font preuve d’un état d’esprit cyclique, mettant en œuvre des séries de retours sur action périodique rapides pour accélérer la transformation et conserver le bien fondé des mises à jour.

Le groupe des « Visionnaires » est bien en avance sur les autres dans les initiatives numériques liées à des cycles rapides : 75 % opèrent de manière intensive dans les domaines Agile et DevOps, contre une moyenne globale de 34 % pour l’ensemble des répondants.

Enfin, les entreprises surestiment les obstacles technologiques et sous-estiment l’importance d’une bonne culture d’entreprise. Selon les entreprises, l’impact des obstacles technologiques sur le progrès de leur transformation a diminué de façon spectaculaire, notamment :

  • L’incapacité de réaliser rapidement des tests (en baisse de 49 %) ;
  • Un budget insuffisant (en baisse de 40 %) ;
  • Et les obstacles liés à la cybersécurité (en baisse de 40 %).

Cependant, elles ont beaucoup moins progressé dans la réduction des barrières sociales, notamment le manque de capacités en change management (moins 7 %) et la pénurie de talents (moins 6 %).

Concernant les secteurs d’activité, celui des technologies et des télécommunications continue de se hisser au premier rang de l’indice de maturité numérique cette année.    Les secteurs des produits de consommation emballés, de la logistique et des soins de santé ont enregistré de nettes améliorations par rapport à l’année précédente.

Par contre, le secteur de l’assurance est nettement en retard sur les autres secteurs, puisqu’il présente le plus fort pourcentage d’« Observateurs » (17 %).

Source : Infosys Knowledge Institute

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