La transformation digitale des organisations s'accompagne de l'émergence d'une nouvelle fonction, le CDO, Chief Digital Officer, Directeur du Digital ou Directeur du Numérique. Nous dressons un portrait nuancé du CDO.

Nous partons de l'étude « Les 15 métiers clés du digital », signée Michael Page et l'ACSEL, pour dresser un portrait de la fonction CDO, dont la mission est d'initier, d'accompagner voire de piloter la transformation digitale des organisations, et d'intégrer les nouveaux canaux numériques aux outils existants.

La transformation, jusqu'à présent fortement liée à l'IT et donc relevant naturellement de la DSI (même si cela lui est contesté !), se fait de plus en plus transversale et ne cesse de se diversifier au-delà de la technologie. C'est ainsi que le CDO est généralement membre au CoDir, donc proche de la Direction Générale à laquelle il est de plus en plus rattaché, tandis qu'il agit avec les métiers - Directions Marketing et Communication, Finance, Ventes, Logistique… - et la DSI pour les sujets technologiques.

Les missions du CDO

Les experts de Michael Page définissent ainsi ses principales missions :

  • Élaboration et mise en œuvre de la stratégie globale digitale de l’entreprise en relation avec la Direction Générale  ;
  • Déploiement des projets en interne auprès des différents services et coordination des équipes ;
  • Mise en place d’objectifs précis de performance et d’un plan d’exécution sur mesure ;
  • Réalisation d’une veille régulière : il est attentif à toutes les opportunités qu’offre le numérique dans sa diversité ;
  • Management des équipes webmarketing et des équipes techniques.

Profil et rémunération

Le profil identifié est un diplômé d'une école d'ingénieur ou de commerce, complété d'une spécialisation en webmarketing. Et justifiant d'une expérience métier, marketing ou IT confirmée de plusieurs années.

La rémunération brute annuelle est de 100 à 120 K€ pour les CDO justifiant d'une expérience de 10 à 15 ans, et 120 à 150 K€ au-delà des 15 ans d'expérience.

De notre point de vue, la formation initiale est très loin des préoccupations des candidats au poste de CDO et des organisations qui les recrutent. Il apparaît même chez les premiers CDO français que nous avons rencontrés que la fonction est plus une évolution de celle de DSI qu'une création de poste sans logique de continuité, comme le profil de Michael Page pourrait laisser croire.

Le succès du CDO serait-il en berne ?

Retour à la réalité… La fonction semble marquer le pas dans les pays anglo-saxons, en particulier aux Etats-Unis. Ainsi, selon le Gartner, le nombre des Chief Digital Officer n'évolue plus, et ne concerne que 9 % des organisations, le même pourcentage qu'en 2014.

Il apparaît également que certains DSI auraient profité de l'intérêt porté à la fonction pour trouver un moyen de franchir une nouvelle marche vers le haut, plus proche de la Direction Générale, plus riche et plus transversale. Mais avec le risque que leur passé technologique ne les rattrape… Tandis qu'il se révèle bien délicat de confier les rênes de la transformation digitame à une personne nouvelle dans l'entreprise. 

Image en tête iStock @ ojogabonitoo

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