Les mots « digitalisation », « industrie 4.0 » et « changements structurels » figurent depuis un bon moment à la une des informations économiques. Et on peut effectivement parler de révolution quand on voit les changements divers et même profonds que la digitalisation a provoqués dans l’économie. Désormais on peut apprendre une langue étrangère en ligne, écouter de la musique et regarder des films en streaming, les voyageurs ne dorment plus dans des hôtels mais chez des particuliers en réservant leur séjour dans une application, etc. Cet article vise à donner un aperçu des chances et des risques que représente la digitalisation de l’économie à l’aide de quelques exemples.

Uber et Airbnb – deux études de cas

Uber et Airbnb comptent parmi les exemples frappants d’entreprises ayant réussi à tirer profit de l’économie en mutation grâce à un concept économique bien pensé. Ces deux entreprises se ressemblent et illustrent parfaitement la problématique et la dynamique engendrées par la digitalisation. Uber offre des services de transport par le biais d’une application et entre ainsi en concurrence avec la branche traditionnelle des taxis, avec la particularité de ne pas seulement proposer des trajets en taxi mais aussi dans le véhicule privé de particuliers, permettant ainsi des revenus supplémentaires à ces personnes mais aussi mettant par là en danger des emplois. Cette dynamique, avec d’un côté de nouvelles options de revenus lucratives, et de l’autre la menace que cela représente pour une branche établie, est typique de la digitalisation. On l’observe également chez Airbnb, où les professionnels comme les particuliers peuvent proposer des logements aux touristes. C’est une plateforme sociale typique dont les services peuvent être réservés par smartphone. Comme pour Uber, ce modèle permet à des particuliers de faire de leur logement une source lucrative de revenus. Cependant, des structures commerciales profitant de la plate-forme Airbnb se sont développées, en particulier dans les zones urbaines, ce qui peut représenter une menace pour l’accès au logement, un développement qui préoccupe les politiques et les urbanistes.

La digitalisation dans la branche de l’imprimerie : adieu papier ?

La digitalisation de l’économie touche aussi la branche de l’imprimerie, avec des conséquences considérables dues à la nature même de cette activité étant donné que beaucoup d’entreprises, de prestataires de services et de particuliers renoncent presque entièrement au papier. La conséquence logique de cette tendance : beaucoup d’imprimeries se retrouvent en difficulté et sont contraintes de se tourner vers de nouveaux modèles économiques. La digitalisation de la branche de l’imprimerie est source de nouvelles dynamiques. Parmi les opportunités qui s’offrent aux entreprises ayant une longue tradition, on compte l’impression à la demande (print on demand, books on demand…), une technique numérique pour produire des livres ou des produits d’impression  permettant un haut degré de personnalisation ou des petits tirages, choses auparavant impossibles dans l’imprimerie traditionnelle. Un autre modèle économique qui pourrait profiter aux imprimeurs professionnels est le scannage de documents, très demandé dans l’administration.

Les régions rurales profitent des changements amenés par la digitalisation

Les zones rurales profitent de la digitalisation de l’économie (du moins en théorie). L’infrastructure numérique permet de réaliser de nombreuses activités indépendamment du lieu où l’on se trouve, permettant ainsi aux entreprises digitales de s’établir dans les régions rurales.

La digitalisation : un challenge sans précédent

Pour résumer, on peut dire que la digitalisation représente un défi historique sans précédent qui ne pourra être relevé avec succès que si tous les acteurs concernés -start ups, politiques, entreprises, consommateurs, décideurs économiques- travaillent ensemble. La France ne doit pas rater sa mutation numérique si elle veut rester compétitive et prendre exemple sur son voisin allemand qui soutient cette révolution entre autres par du capital pour les jeunes entreprises, par des formations au numérique et par des lois visant à rendre l’économie digitale compétitive et porteuse d’avenir.

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