Ken Glueck, président exécutif d’Oracle, a déclaré que Google ne bénéficie par réellement de l’appui des entreprises technologiques dans la bataille qui implique les deux sociétés dans une affaire de droits d’auteurs sur l’utilisation de Java, développé par Oracle. Le dirigeant tacle au passage l’appui apporté par IBM et Microsoft à Google en déclarant que ces dernières veulent surtout défendre leurs intérêts commerciaux. Selon Ken Glueck, une analyse approfondie des entités qui soutiennent Google suffit à démontrer que cette dernière est pratiquement seule dans sa lutte contre Oracle. Les entreprises technologiques ne lui apportent aucun soutien. Pour rappel, Oracle a assigné Google devant la Cour suprême des États-Unis pour avoir « volé » les parties critiques de son langage Java au profit du système d’exploitation Android. La bataille juridique entre les deux entreprises dure déjà depuis 10 ans. L’issue du procès devait avoir des conséquences très importantes sur l’industrie de la technologie. Google a déjà rejeté les affirmations d’Oracle en déclarant que cette dernière ne pouvait pas avoir le droit de posséder ce type de code, l’API, qui facilite l’interopérabilité entre les applications logicielles.

Jusqu’ici, un peu plus d’une vingtaine d’entreprises soutiennent Google dans des mémoires déposées auprès de la Cour suprême. Ken Glueck désapprouve cette liste en soutenant qu’aucune de ces entreprises n’a déposé de mémoire au nom de Google. Selon lui, si IBM et Microsoft sont cités comme étant derrière Google, c’est surtout par pur intérêt commercial. Il a même qualifié Microsoft de « pêcheur originel » en rappelant que ce dernier était déjà reconnu pour conduite anticoncurrentielle contre Sun Microsystems, la société à l’origine de Java, qui a ensuite été rachetée par Oracle. Le dirigeant a aussi rappelé que Microsoft avait déjà apporté son soutien à Oracle en 2013 sur l’idée de la protection par un droit d’auteur des interfaces logicielles. Il affirme que le dossier public déposé à la Cour montre que Microsoft soutenait Oracle dans ce litige avant qu’il ne signe un accord commercial avec Google en 2015. La position de Microsoft a ensuite changé de façon drastique. Il a aussi rappelé que IBM était derrière l’affaire du « Codebreak », une affaire de tricherie supposée perpétrée par les Astros de Houston en Major League de Baseball. Le dirigeant rappelle aussi l’épisode de « Jailbreak », du nom d’une stratégie adoptée par IBM pour mettre la pression sur Sun Microsystems pour que ce dernier change la façon dont il concède le langage Java pour pouvoir l’utiliser plus librement.

Bien entendu, Google a riposté à ces affirmations par la voix de son porte-parole, Jose Castaneda. La société réaffirme qu’elle bénéficie d’un large soutien de la part des entreprises technologiques. Microsoft pense qu’Oracle, comme aucune autre entreprise, ne devrait avoir le droit de posséder des interfaces logicielles ouvertes comme Java qui garantissent la créativité. Le porte-parole ajoute que Google bénéficie de l’appui de technologues, d’universitaires et d’investisseurs. D’ailleurs, un mémoire déposé par un groupe de dirigeants et d’investisseurs comme Esther Dyson déclare que la protection sous un droit d’auteur des API menace directement les startups et l’interopérabilité entre les applications.

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