Il annonce la sortie officielle des processeurs Intel Xeon 6, pour répondre aux exigences croissantes liées aux charges de travail intensives en computation, en proposant une combinaison optimisée de performance et d’efficacité énergétique.
Les processeurs Xeon série 6700 et 6500 intègrent désormais les nouveaux
Performance-cores (cœurs P), permettant d’obtenir des résultats supérieurs à la génération précédente sur les applications d’entreprise. Ces processeurs sont conçus pour répondre à un large éventail de besoins, avec des configurations allant de 8 à 86 cœurs par socket. Ils prennent en charge jusqu’à huit canaux de mémoire DDR5 MRDIMM, offrent jusqu’à 88 voies PCIe 5.0 (ou 136 voies pour les conceptions à socket unique) et jusqu’à 64 voies CXL 2,0. Leur enveloppe thermique (TDP) varie entre 150 et 300 W.
1,4 fois plus performants que la 5e génération
En termes de performances, selon les benchmarks publiés par Intel, les Xeon 6 affichent une amélioration moyenne de 1,4 fois par rapport aux processeurs Xeon de 5e génération. Par rapport aux processeurs AMD Epyc de 5e génération, les Xeon 6 affichent jusqu’à 1,5 fois les performances en inférence d’IA sur puce, tout en utilisant un tiers de cœurs en moins. Une efficacité qui permet une consolidation des serveurs dans un rapport de 5:1 en moyenne par rapport à un serveur âgé de cinq ans. Elle peut atteindre un rapport de 10:1 dans certains cas spécifiques, ce qui se traduit par une réduction du coût total de possession (TCO) pouvant aller jusqu’à 68 %, selon Intel.Les Xeon 6 destinés spécifiquement aux réseaux et à la périphérie prennent la forme d’un système sur puce (SoC) qui embarque des accélérateurs dédiés aux réseaux d’accès radio virtualisés (vRAN), au traitement des médias, à l’intelligence artificielle et à la sécurité réseau. Avec la technologie intégrée Intel vRAN Boost, ces puces Xeon 6 atteignent jusqu’à 2,4 fois plus de capacité pour les charges RAN et affichent un gain de 70 % des performances par watt comparativement à la génération précédente. Ces SoC incluent également pour la première fois l’accélérateur Intel Media Transcode Accelerator, offrant des performances jusqu’à 14 fois supérieures par watt par rapport au modèle Xeon 6538N.
Intel sur la défensive
Historiquement, Intel a maintenu une présence dominante sur le marché des processeurs pour serveurs, avec une large adoption de ses puces Xeon dans les centres de données et les infrastructures d’entreprise. Mais, l’autrefois leader incontesté du secteur des semiconducteurs traverse depuis plusieurs années une période marquée par des défis financiers et stratégiques majeurs. En 2024, l’entreprise a enregistré des pertes s’élevant à 18,8 milliards de dollars, accompagnées d’une diminution de 7 % de son chiffre d’affaires au dernier trimestre, atteignant 14,26 milliards de dollars.La domination de Nvidia dans le domaine des GPU dédiés à l’IA et l’adoption croissante des solutions d’AMD ont placé Intel dans une position défensive. L’échec de Gaudi, sa puce pour l’IA, et l’annulation du projet Falcon Shore obligent Intel à une stratégie basée sur ses microarchitectures traditionnelles. Cette approche contraste avec celle de concurrents comme Nvidia, qui a certes bénéficié de l’architecture parallélisée de ses GPU, mais qui a aussi su développer un écosystème logiciel robuste autour de CUDA, rendant ses solutions incontournables pour l’entraînement et l’inférence des modèles d’intelligence artificielle.
En parallèle, AMD, avec ses GPU Instinct et l’optimisation de ROCm, propose une alternative viable, séduisant de plus en plus d’acteurs du cloud. Face à ces dynamiques, Intel a misé sur l’amélioration de ses processeurs Xeon, cherchant à mettre à profit l’intégration CPU-GPU et sur l’efficacité énergétique de ses architectures x86. Par exemple, les processeurs Xeon d’Intel, bien qu’équipés de fonctionnalités telles que le Deep Learning Boost, reposent sur des architectures initialement conçues pour des usages généraux, ce qui peut limiter leur efficacité dans des tâches d’inférence complexes.