Les plateformes de virtualisation traditionnelles doivent évoluer sur la migration
Les constats dressés en 2025 ont mis en lumière les faiblesses des stratégies de virtualisation adoptées par de nombreuses organisations. En opérant des choix progressifs ces dernières années, les dirigeants ont fini par dépendre de technologies obsolètes et coûteuses, dont la rigidité freine l’adaptation aux évolutions rapides liées à l’IA et à la modernisation digitale.La dynamique attendue en 2026 imposera aux entreprises de faire de la dissociation des workloads critiques et des hyperviseurs traditionnels une priorité. L’augmentation des coûts de renouvellement, les enjeux de concentration des risques et la recherche d’une plus grande robustesse opérationnelle jouent un rôle clé dans cette évolution. Face à cela, la migration des machines virtuelles (VM) dépasse la simple optimisation technique pour devenir un outil stratégique à part entière. Cette approche offrirait l’opportunité de diminuer la dette technique accumulée, de regagner une meilleure gouvernance sur l’infrastructure actuelle et de bâtir un socle capable d’accueillir les workloads d’aujourd’hui, comme ceux de demain. Les entreprises misant uniquement sur les renouvellements automatiques découvriront vite que la limite principale n’est pas l’outil technologique, mais bien l’organisation et les processus qui l’accompagnent.
Concilier workloads IA et machines virtuelles classiques
Jusqu’en 2025, les organisations avaient tendance à considérer la virtualisation et l’IA comme deux domaines indépendants, gérés selon des logiques distinctes. L’année 2026 marque un changement de paradigme, dans le cadre duquel il s’agit désormais de faire cohabiter charges de travail stratégiques et inférence d’intelligence artificielle au sein d’une même infrastructure, sans redondance technique ni complexité organisationnelle supplémentaire. Pour répondre à ces enjeux, la virtualisation doit être repensée afin que les VM jouent un double rôle : optimiser l’usage des ressources et s’inscrire dans une plateforme d’exécution unifiée pour l’IA. Cette orientation nécessite, de la part des équipes en charge des plateformes, une gestion cohérente et transversale du cycle de vie, de l’observabilité et des mécanismes de gouvernance, quel que soit le type d’application. Une telle démarche suppose une rupture à la fois technique et organisationnelle. Plutôt que de créer des silos supplémentaires spécifiquement dédiés à l’IA, les entreprises devront incorporer ces disciplines opérationnelles directement dans les plateformes qui supportent leurs workloads actuels..Réduire la dette technique et consolider les environnements
Tout au long de l’année 2025, l’augmentation du nombre de plateformes a progressé plus vite que la capacité des équipes à les absorber. En 2026, cette trajectoire pourrait mener à une rupture. La combinaison de budgets sous tension, d’exigences accrues en matière de souveraineté et de pénurie de talents techniques fait émerger une priorité claire : simplifier l’existant pour ne pas compromettre la fiabilité et la stabilité des systèmes.L’évolution des pratiques conduit les entreprises à considérer la virtualisation et la modernisation applicative comme des moyens de créer de la cohérence, davantage que comme de simples étapes de transition. Cette approche se traduit par une volonté de consolider les environnements d’exécution, de limiter les transferts et d’unifier les modèles opérationnels entre les applications existantes et celles conçues nativement pour le cloud. La réussite dépendra de la capacité à aborder les plateformes non seulement comme une infrastructure à mettre à jour, mais aussi comme un levier de transformation organisationnelle. Les investissements devront être équilibrés entre compétences, ingénierie des plateformes, gouvernance et technologies. À défaut, la complexité s’intensifiera, tandis que les coûts d’exploitation risquent de dépasser le seuil de rentabilité.
Soutenir la résilience nécessite certains investissements
Les entreprises capables de réussir en 2026 seront celles qui reconnaissent que moderniser ne concerne pas seulement le code et les infrastructures, mais également les équipes, la responsabilité et la gouvernance. Les initiatives de virtualisation, autrefois orientées vers la réduction des investissements grâce à la consolidation, s’orientent désormais vers la maîtrise des coûts opérationnels et la sécurisation de la continuité et de la fiabilité des systèmes. Cette transformation requiert que les équipes opèrent avec davantage d’indépendance, proches des workloads qu’elles supervisent, en prenant en charge l’ensemble du cycle de vie, bien au-delà de l’étape de déploiement. En adoptant des mécanismes de gouvernance appropriés, en donnant aux équipes les moyens de gérer les workloads intégrées de virtualisation et d’IA, et en incluant un plan de sortie dans leur stratégie, les entreprises pourront non seulement réduire les pressions financières et opérationnelles, mais aussi transformer ces changements en opportunités pour renforcer leur agilité stratégique.Comment, où et pourquoi exécuter vos workloads
En 2025, malgré sa formulation simple, une question revenait systématiquement dans les échanges avec les équipes de gestion des plateformes : déterminer quelles actions à mener, où les exécuter, selon quelles modalités techniques, et pour quelles raisons sous-jacentes.Ce qui relevait autrefois d’un arbitrage opérationnel prend aujourd’hui une dimension stratégique. En 2026, l’augmentation des volumes traités, les attentes accrues en matière de résilience et la pression financière transforment profondément la façon dont les organisations abordent leurs décisions d’infrastructure. Désormais, plutôt que d’appliquer un modèle uniforme, elles arbitrent le placement des workloads en fonction des objectifs poursuivis, de la gestion du risque et du caractère plus ou moins critique des données.
Les organisations abandonnent progressivement les stratégies figées pour privilégier des arbitrages au cas par cas, où chaque workload est évalué selon la latence, les enjeux de souveraineté, la capacité de migration et la maturité opérationnelle de chaque charge de travail.
Au-delà de la question de l’emplacement, le mode d’exécution prend une place centrale. Cette évolution conduit les entreprises à rechercher une orchestration et une gestion du cycle de vie cohérentes entre tous les environnements, dans le but d’éviter la fragmentation opérationnelle et l’isolement des charges de travail.
Les décisions seront désormais motivées avant tout par des considérations de valeur et de résilience. Dans cette optique, certains consultants questionnent la légitimité d’investir dans des infrastructures coûteuses, dès lors que les workloads n’exigent pas nécessairement une proximité avec les GPU, une disponibilité strictement prévisible, ou que ces choix peuvent influencer l’autonomie opérationnelle à long terme. Ainsi, ceux qui intégreront cette démarche dans la stratégie de leur plateforme, au lieu de la cantonner à la planification d’un projet, gagneront en rapidité d’adaptation et se protègeront contre les pièges d’une dette architecturale complexe à gérer.
Ed Hoppitt, EMEA Director - Business Value Practice, Red Hat























