Un témoignage en six axes :
1 - Une passion née tôt, une vocation évidente
Pour beaucoup, le choix de la tech ne se pose pas en termes de genre, mais de passion. Dès l’adolescence, l’attrait pour la logique, les mathématiques et la résolution de problèmes peut s’imposer comme une évidence. À 14 ans, mon intérêt pour le développement informatique était déjà clair. Ce parcours m’a naturellement conduite vers l’École nationale des sciences appliquées de Safi, où j’ai suivi une formation d’ingénieure. Contrairement aux idées reçues, la présence des femmes dans cet environnement académique n’a jamais été un sujet de débat, un signe encourageant pour l’avenir de la diversité dans la tech.2 - Des expériences professionnelles enrichissantes
Mes premières expériences, d’abord dans une start-up du secteur bancaire à Casablanca, puis dans une grande compagnie d’assurance marocaine, m’ont permis d’explorer différentes facettes du métier : le développement, la gestion de projet, le travail en équipe et la relation client. À un moment clé de mon parcours, j’ai fait un choix délibéré : revenir au développement pur. Pourquoi ? Parce que c’est là que réside ma passion : créer, coder et résoudre des problèmes techniques. Ce retour au code a été une décision naturelle, guidée par l’envie de me recentrer sur ce qui m’anime vraiment.3 - Femme dans la tech : quand la compétence prime
Aujourd’hui, la tech reste un secteur majoritairement masculin. Au Maroc, les femmes représentent seulement 15 à 20 % des effectifs techniques. Pourtant, dans mon parcours, je n’ai jamais ressenti le besoin de prouver davantage ma légitimité en raison de mon genre. Les règles du jeu sont simples : ce qui prime, ce sont les compétences, la capacité à s’adapter et la qualité du travail fourni. Même lorsque je me suis retrouvée seule femme développeuse au sein d’une équipe, cette situation n’a jamais été un frein ni dans les relations avec mes collègues, ni dans les interactions avec les clients. Les retours professionnels se basent avant tout sur les résultats concrets. Cette réalité rappelle un point essentiel : l’égalité professionnelle passe aussi par la confiance accordée aux femmes dans des rôles techniques visibles et exposés. La légitimité ne se revendique pas, elle se construit par la pratique, l’expérience et la persévérance.4 - L’importance de la représentation
Dans un secteur où les figures de référence sont souvent masculines, chaque modèle féminin compte. Je me souviens notamment d’une enseignante en école d’ingénieurs, la seule professeure femme de notre département, qui enseignait l’algorithmique. Ce détail, en apparence anodin, a marqué mon parcours : voir une femme enseigner, coder et transmettre son savoir contribue à normaliser la place des femmes dans la tech.5 - Un message aux femmes qui hésitent : oser se lancer !
À celles qui hésitent encore à se lancer dans la tech, je dirais : osez. Ce domaine exige de la curiosité, de la persévérance et une capacité à apprendre en continu. Mais il offre aussi une liberté rare : celle de pouvoir créer, innover et résoudre des problèmes complexes. Les ressources pour se former n’ont jamais été aussi accessibles: tutoriels, formations en ligne, communautés : tout est à portée de main.6 - L’égalité, une dynamique collective
L’égalité femmes-hommes ne se construit pas uniquement à l’échelle individuelle. Elle relève également d’une dynamique collective. Dans la tech comme ailleurs, il existe de la place pour toutes et tous. La diversité des parcours et des points de vue constitue une richesse pour les équipes. Elle permet d’aborder les problèmes sous différents angles et d’améliorer les solutions proposées. Lorsque les compétences sont reconnues, que les parcours sont respectés et que la confiance est présente, l’égalité professionnelle cesse d’être un combat individuel. Elle devient une dynamique collective. Et c’est ainsi qu’elle progresse réellement.Tribune de Sara El Karii, développeuse full stack chez SQLI























