Le marketing d’influence vit une recomposition profonde : la frontière entre communication, commerce et performance s’efface au profit de stratégies intégrées, orchestrées par l’intelligence artificielle et la mesure temps réel. Selon le rapport « Tendances du marketing d’influence 2026 » de Stellar Tech, l’industrie s’éloigne des approches standardisées pour privilégier la co-création, la preuve sociale et la personnalisation, tandis que la technologie redéfinit les leviers de confiance.
Le recours à l’intelligence artificielle transforme profondément la conduite des campagnes d’influence. Selon le rapport, 94,7 % des professionnels intègrent l’IA pour générer idées et scénarios, tandis que 73,4 % utilisent des images générées par IA pour réaliser des maquettes ou des moodboards. Cette automatisation facilite le renouvellement créatif et accélère le cycle de production, permettant de tester rapidement des dizaines d’approches distinctes sur un même sujet. La publicité sur les réseaux sociaux a ainsi atteint 266,92 milliards de dollars fin 2025, attestant du poids croissant des dispositifs pilotés par la donnée et l’algorithmie.L’automatisation s’étend désormais à l’exécution et au suivi des campagnes. Plus de 91,9 % des répondants déclarent que l’IA leur fait gagner un temps significatif sur la préparation et la mise en œuvre des activations. Selon le rapport, plus de la moitié de ces professionnels considèrent également que l’IA renforce leur créativité : la génération automatique d’assets libère l’humain des tâches répétitives, tout en multipliant les angles de narration. Le scoring prédictif, la détection de tendances et la personnalisation algorithmique deviennent des piliers de la stratégie des agences comme des marques.
La créativité humaine reste décisive
La différenciation s’appuie désormais sur la qualité de la créativité humaine. Le rapport démontre que les campagnes fondées sur la liberté des créateurs atteignent des résultats jusqu’à quatre fois supérieurs à celles où le message est imposé. L’étude note également que l’efficacité de la publicité dite « performance » a reculé de 50 % depuis 2020, illustrant la saturation des approches standardisées et l’appétence croissante pour des récits ancrés culturellement.
Les qualités propres aux créateurs constituent un levier majeur d’engagement. Stellar Tech l’affirme : « Ce qui touche les gens n’est pas l’outil utilisé, mais la personnalité du créateur, son registre émotionnel, son humour, sa vulnérabilité, son timing et son intuition culturelle ». L’authenticité, l’humour ou la vulnérabilité du créateur ne peuvent être automatisés : ces qualités permettent de créer la confiance et la mémorisation, en particulier auprès des audiences de niche. La combinaison d’une industrialisation technologique et d’une créativité humaine assumée devient l’élément différenciateur central.
Le commerce social change l’économie de l’influence
L’économie de l’influence évolue avec l’intégration du commerce social dans les stratégies des marques. TikTok Shop a généré 26,2 milliards de dollars US de valeur brute de marchandises (GMV) au premier semestre 2025, et vise 66 milliards sur l’année. Selon Stellar Tech, 70 % des consommateurs prévoient d’effectuer leurs achats principalement via les réseaux sociaux d’ici 2030 : le commerce social représente déjà 19 % de l’e-commerce mondial. Les contenus sont conçus pour susciter la découverte, illustrer la preuve sociale et déclencher l’acte d’achat, souvent au sein d’un même flux.
Les modèles d’affiliation pilotés par la performance redessinent les rôles. Un tiers des acheteurs jugent décisives les vidéos d’unboxing, et plus de 35 % affirment que les formats « avant-après » influencent leur choix (Stellar Tech, 2025). L’influenceur orchestre la conversion, rend la transaction accessible et traçable, et devient un agent direct de la performance commerciale inscrit dans le parcours transactionnel.
Les micro-communautés dopent l’engagement
La micro-influence s’impose comme nouveau standard de la performance. 75,9 % des créateurs sur Instagram sont désormais des micros ou nano-influenceurs. Le rapport souligne que ces profils génèrent un engagement supérieur, car ils s’inscrivent dans des micro-cultures affinitaires, là où la confiance et la pertinence du message surpassent la seule portée. Laura Ronsmans, Transformation Lead OneFluence 2.0 (CDMO) chez L’Oréal, confirme : « L’attention s’est déplacée des macro-influenceurs à large audience vers les micro et nano-influenceurs qui ont des connexions profondes et une vraie crédibilité au sein de micro-cultures spécifiques ».
Les outils de segmentation et de scoring pilotent l’optimisation des campagnes. L’identification, la mesure de l’impact et l’attribution des ventes ou actions générées sont désormais assurées par des plateformes analytiques. Cette granularité permet aux marques de concentrer leurs efforts sur les relais les plus performants et d’industrialiser la personnalisation à grande échelle, en maximisant le retour sur investissement.
La mesure remplace l’intuition
La gestion des campagnes s’appuie sur des indicateurs de performance unifiés. Le suivi et la rémunération des créateurs s’opèrent à partir de métriques opérationnelles : taux de conversion, panier moyen, taux d’engagement, volume d’achats générés. L’étude met en avant l’exemple Redken (L’Oréal) : une campagne sans brief imposé, fondée sur la co-création, a produit 108 contenus, 2,2 millions de vues et un taux d’engagement de 10,3 %. Ce cas illustre la capacité à industrialiser la créativité tout en préservant la singularité et la proximité du message.
Les outils de scoring et d’attribution offrent une transparence nouvelle sur la contribution réelle de chaque campagne. Cette évolution structurelle fait de la mesure le cœur de la stratégie marketing : la performance ne se décrète plus, elle se démontre chiffres à l’appui, chaque action s’inscrivant dans une logique de ROI et de preuve sociale. L’ensemble du cycle décisionnel repose sur des données vérifiables, accessibles à tous les acteurs du processus.
La personnalisation et la preuve sociale sont la norme
La performance s’évalue désormais à la capacité de générer des conversions auprès de segments précis, d’activer les micro-communautés pertinentes et d’orchestrer la complémentarité entre automatisation technologique et créativité humaine. « Les marques qui comprennent l’interaction entre créativité, IA et mesure construisent des stratégies plus solides et plus résilientes », analyse l’étude. En 2026, la croissance passe par l’alignement entre industrialisation technologique, mesure opérationnelle et fidélisation communautaire.
Le marketing d’influence s’impose comme levier stratégique piloté par la preuve : chaque campagne est évaluée selon sa capacité à activer, à convertir et à pérenniser la relation entre marque, créateur et audience. L’articulation entre automatisation, segmentation affinitaire et authenticité de l’expression dessine la nouvelle frontière de la performance, où chaque résultat est objectivé par la donnée, la citation ou le cas concret issu de l’expérience.






















