La direction financière n’est pas épargnée par le mouvement de la transformation digitale qui entraîne son entreprise. Pourtant, les DAF ne sont que 35 % à avoir défini une stratégie digitale pour leur fonction.

Les métiers se transforment sous l’impulsion du digital, certains se créent, comme le CDO, qui accompagnent les bouleversements culturels, organisationnels et d’innovation entraînés par la transformation digitale. Les clients de la direction financière et des achats sont évidemment impactés par ce mouvement, qui ne peut donc lui échapper. Sauf que sur le terrain, il semble que les directions financières donnent l’impression d’être encore bien loin d’avoir pris conscience du phénomène…

C’est ainsi que les directeurs financiers qui déclarent avoir défini une stratégie digitale pour leur fonction ne sont que 35 % !

Les grandes tendances digitales de la direction financière

Les DAF n’échappent pas aux grandes tendances du moment, qu’il s’agisse du cloud, de la mobilité, du Big Data, ou du collaboratif.

  • Agilité

Comme tous les métiers de l’entreprise, la direction financière est soumise au mouvement vers l’agilité et le temps réel. À ce titre, 76 % des DAF ont formulé des attentes fortes en matière de disponibilité en temps réel des données.

  • Cloud

L’actualité n’est plus à l’ERP, mais à son évolution dans le cloud, entraînée par les grands éditeurs du secteur qui portent leurs solutions vers le nuage, soit par la réécriture du code, soit sous la forme d’une croissance externe avec des acquisitions à tout va. La question n’est donc plus « faut-il s‘équiper d’un ERP ? », si elle était valable au début du siècle, elle ne l’est plus aujourd’hui, mais plutôt « quand devrais-je m’abandonner au cloud ? ».

  • Mobilité

Le portage des applications existantes sur les mobiles s’accompagne d’un large mouvement d’adoption de nouvelles applications déjà disponibles en mobilité, et qui viennent compléter les premières tout en créant de nouveaux besoins. Les DAF s’attendent à un doublement des applications mobiles dans les 3 prochaines années.

  • Analytiques

Pour beaucoup d’entreprises il est encore prématuré de parler Big Data. Leurs directions financières se contentent pour le moment des analytiques, présentées comme une évolution de la BI (Business Intelligence) vers une plus grande démocratisation de l’exploitation de la donnée. En revanche, analytiques et cloud se marient presque naturellement : 34 % des DAF indiquent avoir un projet d’application cloud pour le planning et le forescasting.

  • Collaboratif

L’ambiguïté règne autour des outils collaboratifs et des réseaux sociaux (d’entreprise, cela va de soi…). Si 82 % des DAF attendent des nouveaux outils plus de partage d’informations et de bonnes pratiques, ils ne prennent pas position sur ces sujets et semblent attendre les applications qui les feront craquer. En espérant qu’il ne sera pas trop tard !

Les freins au DAF digital

Dans la marche en avant des entreprises vers le digital, le DAF est souvent en retard. La résistance au changement est forte dans une population qui se concentre plus sur la sécurité des données, ce qui la rend prudente face au cloud, ainsi que sur la qualité et la fiabilité des chiffres. SI l’on y ajoute la méconnaissance des outils, et l’absence d’anticipation sur les compétences des collaborateurs de demain, le DAF se retrouve en mauvaise posture sur la transformation digitale.

La transformation des organisations est pourtant incontournable, mais les DAF y sont-ils associés ? Pour le moment, ils en sont loin, au risque de perdre de leur influence. Car dans le même temps émerge une nouvelle culture numérique. Et évidemment de nouveaux acteurs, comme le CDO, qui ont l’audience de la Direction générale et trouvent une place au COMEX. Pourtant, avec leur vision transverse encore rare dans l’entreprise, le DAF peut et doit jouer un rôle dans la transformation. Mais veut-il le prendre ?

Source : Etude Bearing Point Image d’entête 54911866 @ iStock jack191

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