Alors que différentes tâches liées à l’éducation, comme des tâches administratives, sont ouvertes à l’automatisation, l’enseignement lui-même ne l’est pas. L’automatisation de l’éducation est pourtant inévitable, supportée par l’Intelligence Artificielle et ses algorithmes, mais la démarche sera difficile !

Connaissez-vous Jill Watson, assistante d’enseignement au Georgia Institute of Technology ? La réponse est probablement non pour la quasi-totalité de celles et ceux qui nous lisent. Pourtant cette assistante dédiée aux élèves de l’Institut réalise quotidiennement un exploit : elle apporte des réponses avec certitude à 97% des questions des élèves. Comment fait-elle ? En réalité, Jill Watson est une Intelligence Artificielle alimentée par Watson d’IBM ! Et Jill Watson commence à être présente dans des universités du monde entier…

L’éducation face au numérique

Entre les ‘bonnes’ intentions des écoles et la réalité des étudiants qui rejoignent le marché du travail, il existe un gouffre que l’enseignement professionnel peine à combler. Un phénomène particulièrement sensible dans notre domaine des IT, vous en conviendrez. Et la formation numérique n’échappe à pas à ce problème…

Les expériences d’apprentissage entièrement numérique ne sont pas nouvelles, mais constatons qu’elles continuent de se concentrer sur des compétences dépassées. Et surtout elles ne parviennent pas à préparer les étudiants à l’avenir. Certes, l’automatisation technologique ne résoudra pas tous les problèmes que les systèmes d’éducation rencontrent mondialement. Mais l’enseignement reste dominé par l’archaïsme des programmes, les tests standardisés et l’accent mis sur les connaissances à court terme.

Des algorithmes pour personnaliser l’éducation

La solution, nous sommes nombreux à le penser, c’est la personnalisation. Et pour s’extraire du cercle vicieux de l’éducation, le numérique offre une opportunité de pouvoir personnaliser l’enseignement. Chaque étudiant est unique et possède un ensemble de forces et de faiblesses qui lui est propre. Le numérique permet de les évaluer et de les améliorer en créant des programmes personnalisés. Pour ceux qui s’inquiètent d’une trop forte personnalisation, rappelons que sur des millions d’étudiants les programmes individuels feront figure de programmes sur mesure… de masse !

Et lorsqu’un chatbot comme Jill Watson (notre but n’est en aucun cas d’en faire la promotion, mais dans l’état il est bien trop seul pour que nous n’y faisions pas référence) s’adresse à des centaines de milliers, voire des millions d’étudiants, en plus de leur apporter des réponses, ce qui en soit est déjà remarquable, celles-ci ont un coût minime. L’objection du prix souvent mise en avant n’est plus recevable !

Un autre domaine dans lequel l’Intelligence Artificielle devrait avoir un rôle important à jouer pour transformer l’éducation, c’est celui des MOOC (Massive Open Online Courses). Les étudiants de toutes origines accèdent à des volumes de plus en plus importants et diversifiés de contenus d’enseignements pour certains remarquables. Mais le gros défaut des MOOC, c’est l’absence d’interaction sociale. Qui limite en particulier la mesure de l’efficacité de l’enseignement.

L’enseignant aura toujours sa place

Une éducation efficace implique plus qu'un simple transfert d'informations d'un enseignant à un étudiant. Sinon les MOOC ou toutes ces formes d’enseignements numériques pourraient se substituer à l’enseignant. Un enseignement de qualité nécessite des interactions sociales complexes et l'adaptation aux besoins d'apprentissage de chaque élève. Un enseignant efficace est non seulement sensible aux forces et aux faiblesses de l'élève, il développe aussi une empathie envers son état d'esprit. Aucun algorithme, aujourd’hui, n’est capable est de maximiser le potentiel humain !

En outre, les étudiants ne comptent pas seulement sur des enseignants efficaces pour leur enseigner les cours, ils attendent d’eux qu’ils soient une source de conseils de vie et de mentorat de carrière. L'interaction humaine profonde et significative est cruciale, et c’est quelque chose qu’il est très difficile voire impossible d'automatiser.

A quel moment la machine pourrait-elle se substituer à l’enseignants ?

L’évolution technologique est si rapide que la question mérite d’être posée. Et la réponse est simple : lorsque l’IA pourra comprendre le langage humain naturel, saura faire preuve d'empathie envers les émotions, sera capable d’élaborer des stratégies et de prendre des décisions percutantes dans des circonstances imprévisibles. C’est tout ce qu’un homme peut faire, mais pas une Intelligence Artificielle. Enfin, pas encore…

Image d’entête 629200846 @ iStock Askold Romanov

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