Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) ne relève plus de la science-fiction. Pour preuve, chaque année, le marché double de volume et pourrait même atteindre 119 milliards de dollars d’ici 2025. Si elle réussit à s’imposer comme un vecteur de croissance majeur pour les entreprises, elle viendra également transformer l’environnement de travail des salariés tel que nous le connaissons aujourd’hui. Il est donc nécessaire d’accepter cette inéluctable révolution et mettre de côté les réticences afin de mieux s’y préparer.

L’IA d’aujourd’hui n’est que la partie visible de l’iceberg

En entreprise, l’IA génère déjà des résultats probants et les cas d’applications sont nombreux dans différents domaines, comme la reconnaissance vocale, les chatbots, les services client, le machine learning, le big data ou encore l’analytique. Mais ceci n’est qu’un début avant la généralisation de son application pour l’ensemble secteurs. A l’heure actuelle, on estime qu’1 entreprise sur 3 utilise ou prévoit d’utiliser des solutions d’IA prochainement. Cela sous-entend que près de deux tiers des entreprises n’ont pas encore sauté le pas, ce qui représente une opportunité bien réelle pour les DSI avant-gardistes. En effet, il serait presque dangereux pour un DSI de ne pas commencer dès à présent à se pencher sur l’intégration de l’IA dans les activités de son entreprise, au risque de perte en compétitivité. Selon le dernier rapport Hype Cycle for Artificial Intelligence de Gartner, les DSI disposent déjà aujourd’hui d’un choix pléthorique de nouvelles technologies basées sur l’IA. D’où la nécessité de commencer à mettre en place des stratégies dès à présent afin de se préparer au mieux à l’avenir.

Une technologie qui influencera autant les entreprises que les salariés

Sans surprise, il est généralement admis que l’IA va transformer le travail tel que nous le connaissons aujourd’hui. En effet, cette technologie a pour but de prendre en charge les tâches redondantes afin de permettre aux collaborateurs de se concentrer sur les activités à valeur ajoutée. Et les salariés l’ont déjà compris : aujourd’hui, 47 % de ce ceux dont l’entreprise a fait le choix d’investir dans l’IA pensent que cette technologie allègera leur charge de travail.

L’alliance des salariés et de l’IA dans le cadre d’une collaboration humaine « augmentée » est également une possibilité bien réelle qui pourrait améliorer l’efficacité et la qualité du travail en entreprise. Néanmoins, il est fort probable que la montée en puissance de l’IA rende certains corps de métiers obsolètes. Par exemple , en  combinant l’IA et la robotique, les collaborateurs n’auront plus forcément besoin de travailler dans des environnements toxiques ou dangereux. En gérant et surveillant leurs systèmes IT grâce à l’IA, les entreprises auront, de fait, moins besoin d’administrateurs.

A contrario, l’IA pourrait aussi créer plus d’emplois qu’elle n’en supprime, en particulier chez les développeurs, les installateurs système, les experts de la science des données, les administrateurs HPC, les décisionnaires et les spécialistes de l’augmentation IA. Pour rester dans la course, il est donc impératif de s’adapter et acquérir les compétences nécessaires à ce nouveau monde du travail qui s’ouvre.

Le HPC, composante essentielle dans la course à l’IA

L’essor de l’IA  a amené les entreprises à devoir gérer et traiter des volumes considérables de données. La puissance de calcul nécessaire pour traiter ces données est de fait, devenue elle aussi plus exigeante. Pour ce faire, les entreprises utilisent une autre technologie : le HPC, pour Calcul Haute Performance. Le Calcul Haute Performance utilise la puissance combinée de centaines de processeurs et d’un supercalculateur, afin d’effectuer des traitements complexes de données de masses. Longtemps utilisé pour la simulation, le HPC est aujourd’hui un outil au service de l’intelligence artificielle qui permet de dégager des « patterns » à partir de la masse de données issues d’expérimentations et d’observations de masse.

Par conséquent avec l’avènement de l’IA, les opportunités offertes par le HPC sont plus nombreuses que jamais pour mener les entreprises vers plus d’innovation. D’ailleurs, selon une étude, 61 % des DSI françaises estiment que le HPC aura un impact plus important sur l'innovation que l'IA. Si le HPC a déjà démontré son rôle indispensable dans la recherche et l’innovation, les DSI sont aussi bien conscients que ces solutions open source hautement évolutives et performantes aident aussi les entreprises à innover et à faire face à la concurrence.

Point d’IA sans HPC, et pas de HPC sans open-source !

Les projets open source pilotés par la communauté sont le fer de lance de l’innovation dans toutes les dernières tendances technologiques, qu’il s’agisse de domaines comme l’IA, le machine learning, le deep learning ou encore l’analyse prédictive. En effet, cette technologie nécessite des capacités de traitement élevées afin de pouvoir analyser rapidement leurs ensembles de données volumineux. Toutes les solutions HPC les plus performantes reposent sur Linux, comme le confirme le dernier TOP500 des superordinateurs publiés récemment : les modèles les plus rapides utilisent tous Linux, sans exception.  Le développement exponentiel et la révolution que va amener l’intelligence artificielle sera donc indéniablement soutenue par l’open source.  Aujourd’hui l’exploitation de l’intelligence artificielle nécessite toujours plus de puissance de calcul et le HPC, soutenu par le secteur open source, sera par conséquent un enjeu économique majeur.

Tribune de Pierre-Yves Albrieux, Country Manager France chez SUSE

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