Check Point Software Technologies lance Exposure Management et publie le rapport « State of Exposure Management 2026 ». L’éditeur y chiffre le décalage croissant entre la visibilité sur les vulnérabilités et la capacité réelle à les corriger, en qualifiant ce nouvel angle mort comme le « temps de persistance de l’exposition ».
Pour Check Point, les organisations disposent aujourd’hui d’une visibilité sans précédent sur leurs risques, mais cette avancée ne se traduit pas mécaniquement par une réduction du nombre d’incidents. Dans son rapport, l’éditeur insiste : « La visibilité, à elle seule, ne réduit pas le risque » et observe que l’exécution reste le principal défi des équipes sécurité.
Selon les données du rapport « State of Exposure Management 2026 », une organisation moderne identifie en moyenne plus de treize mille vulnérabilités chaque année, alors que les attaquants « passent de la découverte à l’exploitation en quelques heures ». La remédiation, quant à elle, « prend encore des jours, voire des semaines » et seulement la moitié des vulnérabilités connues sont effectivement corrigées. Cette inertie crée une fenêtre critique : le « temps de persistance de l’exposition », durant laquelle la vulnérabilité demeure exploitable.
L’éditeur cite plusieurs chiffres sur l’ampleur du phénomène : « Les organisations ont traité plus de 701 millions de nouveaux éléments de renseignement sur les menaces en une seule année », chiffre-t-il dans son rapport. Pourtant, « les attaquants s’adaptent à la vitesse des machines, tandis que la remédiation reste manuelle et fragmentée ». Cette asymétrie explique pourquoi la corrélation entre les alertes et les actions concrètes se dégrade à mesure que la volumétrie augmente et que les processus s’enchevêtrent.
Un autre facteur de ralentissement est souligné par le rapport, signalant que « 80 % des entreprises subissent des perturbations opérationnelles pendant la remédiation, ce qui conduit les équipes à retarder ou à éviter les corrections ». L’éditeur affirme que « personne ne possède l’ensemble du cycle de vie de l’exposition », transformant ainsi l’accumulation de signaux en arriérés structurels de correction.
Le rapport cite également une enquête Gartner Peer Connect selon laquelle 89 % des organisations disposent ou prévoient de mettre en place un programme de gestion continue de l’exposition aux menaces. Le texte évoque aussi une moyenne de 45 outils de cybersécurité par organisation et indique que les entreprises ayant structuré leur gestion continue de l’exposition seraient « trois fois moins susceptibles de subir une compromission » par rapport aux autres.
Check Point positionne Exposure Management non comme une solution de plus, mais comme un « modèle d’exploitation continu » : il s’agit d’articuler renseignement sur la menace, priorisation des vulnérabilités et la remédiation sûre, en évitant les interruptions et les faux positifs. Sur le volet économique, l’éditeur annonce « des économies annuelles moyennes de 270 000 $ pour les organisations ayant adopté ce modèle », ainsi qu’une « réduction significative de la charge de travail manuelle liée à la sécurité ».
Le rapport conclut sur une évolution de la gouvernance : les conseils d’administration réclament aujourd’hui une réduction mesurable du risque, et non plus une simple inflation d’indicateurs techniques. Pour Check Point, la performance cyber ne se mesure plus au volume d’alertes, mais à la capacité à réduire rapidement la fenêtre d’exposition réelle. Cette exigence traduit un changement de paradigme, où l’action prime désormais sur la visibilité.























