Microsoft a sécurisé un engagement cloud de 750 millions de dollars sur trois ans avec Perplexity, selon Bloomberg et Reuters. Cet accord, qui prévoit le déploiement de modèles d’IA via Azure Foundry, intervient alors que la traction commerciale de Copilot reste inférieure aux attentes et que Claude d’Anthropic progresse rapidement sur les usages conversationnels et professionnels. Perplexity conservera parallèlement Amazon Web Services comme fournisseur historique, confirmant une stratégie multicloud.

L’annonce porte sur un volume contractuel élevé pour une entreprise encore non cotée, Perplexity, valorisée autour de 520 millions de dollars lors de son dernier tour de table et soutenue notamment par Nvidia. Les sources précisent que l’accord prévoit l’exécution de modèles issus d’OpenAI, d’Anthropic et de xAI via Azure Foundry, la couche d’orchestration IA de Microsoft. Dans le même temps, Perplexity ne met pas fin à ses engagements avec AWS. Ce double ancrage confirme une stratégie multicloud devenue courante chez les éditeurs d’IA, qui répartissent l’inférence et l’entraînement afin d’optimiser les coûts GPU, la disponibilité régionale et la résilience opérationnelle.

Pour Microsoft, ce contrat matérialise une volonté d’élargir l’usage d’Azure au-delà de ses propres briques applicatives. Depuis mi-2024, l’intégration de ChatGPT dans Copilot pour Microsoft 365, GitHub et Dynamics n’a pas généré l’accélération attendue sur la consommation cloud, comme l’ont relevé plusieurs notes d’analystes relayées par Bloomberg lors des publications trimestrielles de janvier 2026. Dans le même temps, Claude d’Anthropic progresse dans les environnements de développement et de support client, ce qui pousse Microsoft à ouvrir Foundry à des modèles concurrents afin de rester attractif pour les équipes produit et les directions informatiques.

Azure Foundry comme point d’entrée multimodèles

L’accès à Foundry permet à Perplexity d’orchestrer plusieurs grands modèles via une même couche d’API, avec la gestion centralisée des identités, des journaux d’exécution et des quotas de calcul. Microsoft met à disposition des capacités GPU hébergées sur Azure, ainsi que ses mécanismes de sécurité natifs, dont l’isolation réseau, la gestion des clés et l’intégration avec Entra ID pour le contrôle d’accès. Pour une startup qui opère des moteurs de recherche conversationnels à forte volumétrie, cette architecture réduit les temps de déploiement et facilite la bascule entre fournisseurs de modèles en fonction du coût par jeton ou des performances d’inférence.

Pour les DSI, ce type d’approche présente un intérêt opérationnel avantageux : une équipe peut consommer OpenAI pour certains cas d’usage, Anthropic pour d’autres, tout en conservant un cadre de gouvernance unique côté Azure. La facturation passe par un compte cloud centralisé, les flux sont journalisés, et les données applicatives restent confinées dans le périmètre Azure configuré par l’entreprise. Microsoft cherche ainsi à positionner Foundry comme un plan de contrôle IA, capable d’absorber des charges hétérogènes sans imposer un modèle unique, ce qui répond aux attentes des grands comptes engagés dans des architectures hybrides ou multicloud.

Un signal adressé au marché cloud

Le timing de l’accord n’est pas neutre. Reuters rappelle que Perplexity reste cliente d’AWS et qu’aucune migration complète n’est prévue, ce qui limite l’impact immédiat sur les parts de marché cloud. Néanmoins, un engagement de 750 millions de dollars sur trois ans constitue un signal fort envoyé aux investisseurs et aux éditeurs tiers, alors que Microsoft fait face à une concurrence accrue de Google Cloud et d’Amazon sur l’IA générative. Ceci dans un ncontexte où les revenus Azure ont été jugés en retrait par rapport aux attentes lors des derniers résultats, accentuant la nécessité pour Microsoft de sécuriser des contrats pluriannuels visibles.

Cette opération intervient aussi après un contentieux entre Perplexity et Amazon en 2025 autour d’une fonctionnalité d’achat automatisé. Malgré cet épisode, AWS demeure la principale infrastructure de la startup. Pour Microsoft, l’objectif consiste donc moins à capter l’intégralité des charges qu’à devenir un fournisseur incontournable sur la brique IA, en particulier pour l’inférence à grande échelle et l’accès aux modèles tiers. Cette logique traduit une évolution du cloud, où la valeur se déplace de l’hébergement pur vers l’orchestration des intelligences.

Côté entreprises, l’accord illustre une tendance de fond. Les projets IA avancés reposent de plus en plus sur des chaînes techniques composites, combinant stockage, calcul GPU, modèles externes et couches applicatives internes. Avec Foundry, Microsoft propose une intégration prête à l’emploi avec ses services de sécurité, ses outils DevOps et ses connecteurs API, ce qui peut accélérer la mise en production pour des équipes déjà équipées d’Azure. Pour les RSSI, la centralisation des accès et la traçabilité des requêtes offrent un levier supplémentaire pour encadrer l’usage des modèles et limiter les fuites de données sensibles.

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