Le référencement d’Inetum, Devoteam et Orange Business par l’UGAP sur le marché AMOE et TMA ne relève pas d’un simple renouvellement de prestataires. Il illustre la montée en puissance de la commande publique comme levier d’industrialisation du numérique, avec un impact direct sur l’organisation des projets applicatifs, la normalisation des pratiques et la concentration progressive des capacités d’exécution autour de grands groupements.
La transformation numérique du secteur public passe de plus en plus par des cadres contractuels mutualisés. Les centrales d’achat deviennent des plateformes d’accès à l’ingénierie logicielle, à la maintenance applicative et à la modernisation des systèmes hérités. Pour les DSI publics, ces dispositifs conditionnent désormais la vitesse d’exécution des projets, la conformité réglementaire et la capacité à faire évoluer des patrimoines applicatifs souvent fragmentés.
C’est dans ce contexte que le groupement Inetum, Devoteam et Orange Business a été sélectionné par l’UGAP comme titulaire de rang 2 sur le marché d’Assistance à la Maîtrise d’Œuvre Informatique et de Tierce Maintenance Applicative. La commercialisation a démarré le 23 janvier 2026 auprès des clients n’ayant pas commandé lors de la première période du marché, ouverte entre janvier 2024 et janvier 2026.
Développement, intégration et maintenance applicative
Le périmètre contractuel dépasse largement la seule TMA. Le marché couvre l’ensemble du cycle de vie applicatif, depuis les développements et l’intégration jusqu’à la maintenance, avec des volets explicitement orientés vers la conformité au Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité, l’écoresponsabilité des projets, le Low Code / No Code, les tests de performance, ainsi que la modernisation et la rationalisation des patrimoines applicatifs hérités. Ccela inclut la reprise de code existant, la refonte d’architectures monolithiques vers des services plus modulaires, l’automatisation des chaînes de déploiement et l’industrialisation des correctifs applicatifs.
Pour les administrations, l’intérêt réside dans l’accès simplifié à ces compétences via une procédure d’achat pré-négociée, conforme aux règles de la commande publique. Le groupement met en avant un réseau de plus de 13 000 experts répartis sur l’ensemble du territoire, y compris dans les les départements et régions d’outre-mer (DROM), afin d’assurer à la fois la proximité opérationnelle et la capacité à absorber des charges de projets variables selon les ministères, les collectivités ou les établissements de santé.
Avec 6,98 Md€, l’UGAP structure le marché des ESN
Au-delà du cas particulier de ce marché, l’UGAP agit comme un véritable accélérateur industriel pour les entreprises de services numériques. En 2025, l’activité globale de la centrale d’achat s’est élevée à 6,98 milliards d’euros HT. Presque tous les marchés intègrent une disposition environnementale, et près de 70 % des fournisseurs sont des PME, tandis que la quasi-totalité des titulaires est implantée en France. Ces volumes expliquent pourquoi les grands groupements structurent leurs offres autour de ces référencements, qui garantissent une prédictibilité pluriannuelle et une mutualisation des coûts d’avant-vente et de contractualisation.
Cette mécanique favorise une standardisation progressive des architectures applicatives du secteur public. Les mêmes briques techniques, chaînes d’intégration continue, cadres de développement et outils de supervision se diffusent d’une administration à l’autre. Elle contribue aussi à concentrer l’expertise autour d’acteurs capables d’opérer à grande échelle, au détriment de prestataires plus spécialisés mais moins armés pour répondre aux exigences contractuelles et territoriales de ces marchés cadres.
Souveraineté et maîtrise des systèmes d’information publics
Les dirigeants du groupement relient explicitement ce référencement UGAP à la question de la souveraineté et à la capacité d’exécution territoriale. François Fleutiaux, directeur général d’Inetum Euromed, déclare : « Nous sommes très heureux de pouvoir accompagner l’UGAP dans le processus de digitalisation des entités publiques. En tant que leader des entreprises de services numériques, nous disposons d’une expertise reconnue dans le secteur public, premier domaine d’activité d’Inetum. Nos consultants répartis dans 45 agences en France constituent un atout clé pour répondre aux besoins du secteur en se mettant au service des acteurs publics. À l’heure où la souveraineté numérique constitue un enjeu majeur pour les territoires, nous nous réjouissons d’avoir été sélectionnés par l’UGAP pour déployer des solutions reconnues et leaders sur le marché ».
Emmanuel Lehmann, directeur général de Devoteam France, rattache ce référencement à la pérennité des systèmes d’information publics : « Ce référencement auprès de l’UGAP marque une étape clé dans notre mission d'accompagner la transformation numérique du secteur public. À travers cette collaboration, nous mettons notre savoir-faire au service de la performance et de la souveraineté numérique des organisations publiques en intervenant à leur côté pour garantir la pérennité et la maîtrise de leurs systèmes d'information ». De son côté, Éric Blazy, directeur général Digital Services d’Orange Business France, insiste sur la dimension opérationnelle et territoriale du dispositif : « Avec Devoteam et Inetum, nous unissons nos forces pour offrir aux acteurs publics une couverture territoriale complète, des solutions intégrées et une expertise locale. Ce référencement confirme notre engagement de longue date auprès des acteurs publics ».
Derrière ces prises de parole, l’enjeu concret pour les DSI publics reste la capacité à maintenir des applications critiques, à sécuriser les chaînes de développement, à moderniser des socles techniques parfois anciens et à intégrer progressivement le Low Code sans dégrader la gouvernance logicielle. Le marché UGAP agit ici comme un accélérateur d’industrialisation, en concentrant le développement, l’intégration et la maintenance dans un cadre contractuel unique, qui conditionne désormais la vitesse d’exécution des projets numériques publics.





















