TeamViewer a présenté lors de son Partner Summit 2026 le repositionnement stratégique de TeamViewer ONE, désormais défini comme une plateforme de gestion autonome des terminaux (AEM, Autonomous Endpoint Management). L’offre unifie dans une licence unique la gestion et la surveillance à distance (RMM), la connectivité sécurisée, l’expérience numérique des employés (DEX) et un moteur d’IA propriétaire baptisé Tia.
Ce pivot marque une rupture avec le positionnement historique de l’éditeur centré sur le support à distance, et s’inscrit dans une convergence de marché que Gartner et Forrester identifient comme structurelle. Lors d’un événement qui a réuni les partenaires revendeurs, distributeurs et MSP de l’éditeur allemand, Andrew Hewitt, VP Strategic Technology chez TeamViewer, ancien analyste Forrester pendant onze ans, et Sebastian Schrötel, responsable produit, ont présenté une feuille de route articulée autour de trois axes : l’intégration de Tia dans l’ensemble des flux de travail, le renforcement des solutions best-of-breed existantes, et des capacités exclusives à TeamViewer ONE issues de la convergence entre télémétrie des terminaux et intelligence de session.
Le message central du Partner Summit est que la convergence des marchés UEM, RMM, DEX et le support à distance est une tendance de marché. Sebastian Schrötel l’a formulé sans ambiguïté à destination des partenaires : « Ce n’est pas notre terme. C’est quelque chose que le marché demande, parce que nos clients voient aussi le bénéfice de combiner ces disciplines. » Andrew Hewitt, de son côté, a posé la projection de référence : « D’ici 2030, 30 % des organisations feront tourner 80 % de leurs tâches de lieu de travail numérique de manière autonome. Aujourd’hui, ce chiffre est effectivement zéro. »
Tia au cœur du cycle de résolution autonome
Le constat de départ s’appuie sur des données issues d’une étude conduite par TeamViewer : 81 % des employés déclarent subir au moins un retard sur une tâche critique par mois en raison de frictions numériques, représentant en moyenne 1,3 jour de productivité perdu chaque mois. Andrew Hewitt a traduit ce chiffre en impact métier : « C’est à peu près deux semaines entières perdues chaque année à cause de dysfonctionnements technologiques ».
Côté direction IT, 72 % des responsables estiment qu’entre 10 % et 50 % de la charge de leur service desk pourrait être automatisée, avec pour conséquence que 57 % des utilisateurs ne font pas confiance à l’IT pour résoudre leurs problèmes rapidement. La pression est également commerciale : 59 % des décideurs IT considèrent que l’ère des outils best-of-breed touche à sa fin. Une étude CIO citée lors de l’événement indique que 95 % des responsables IT envisagent une consolidation de leurs fournisseurs dans l’année, 80 % d’entre eux citant la nécessité de réduire le nombre de solutions spécialisées.
Tia utilise les données propriétaires
TeamViewer ONE repose sur un moteur d’IA propriétaire, Tia, alimenté par deux flux de données provenant de la télémétrie temps réel des terminaux gérés et des enregistrements de sessions de support à distance. Sebastian Schrötel a insisté sur l’importance de cette exploitation des données face aux approches concurrentes, qui reposent sur des modèles d'IA publics. « Si vous pensez pouvoir mettre en œuvre une approche IA réussie en prenant des modèles publics, d’écrire des prompts et d’avoir livré un cas d’usage IA, tout concurrent peut répliquer cela en quelques minutes. Toute approche IA qui n’utilise pas de données propriétaires aura du mal à réussir. »
Le cycle de traitement présenté en démonstration suit une logique en boucle fermée. La télémétrie des terminaux détecte une anomalie, le système génère automatiquement un cas, Tia rejoint la session de support à distance pour assister le technicien en temps réel, diagnostique le problème et propose ou exécute les remédiations. La session est ensuite résumée et analysée par Tia, qui génère le script de correction en langage Scale — langage de scripting propriétaire de TeamViewer, agnostique du système d’exploitation — et déploie l’automatisation sur l’ensemble des terminaux affectés. Une règle de déclenchement est enfin créée pour que la correction s’applique automatiquement à l’avenir.
« De l’occurrence du problème, l’utilisateur est affecté, au prédictif, le problème n’arrive plus, parce que nous le corrigeons avant qu’il ne se produise », a assuré Sebastian Schrötel. Andrew Hewitt a toutefois posé la condition de confiance qui conditionne ce modèle : « Les LLM ont un taux d’hallucination d’environ 25 %. Les clients ne craignent pas l’automatisation. Ils craignent une automatisation non contrôlée qu’ils ne peuvent pas expliquer. »Trois éditions : de la PME à la grande entreprise
TeamViewer ONE est décliné en trois éditions tarifées à l’endpoint. L’édition Standard cible les organisations de moins de 100 terminaux à partir de 29,90 euros par endpoint. L’édition Advanced, positionnée entre 100 et 5 000 endpoints, met l’accent sur la gestion et la sécurité des terminaux, la conformité et la gestion des correctifs. L’édition Enterprise, au-delà de 5 000 endpoints, intègre les capacités DEX avancées destinées aux grandes organisations disposant d’équipes IT dédiées à l’expérience employé.
La plateforme s’intègre nativement avec Microsoft Intune, ServiceNow et Jamf, positionnée non comme concurrente de ces solutions, mais comme couche de valeur ajoutée. Mei Dent, Chief Product and Technology Officer chez TeamViewer, a formulé l’argument central : « Face à la pression croissante de consolider les piles technologiques fragmentées, de renforcer la sécurité et de respecter des normes de conformité en constante évolution, TeamViewer ONE conjugue intelligence, automatisation et visibilité dans une plateforme centralisée. » La tarification à l’endpoint avec licence unique couvrant l’ensemble des fonctionnalités est qualifiée par TeamViewer comme l’un des principaux facteurs d’adoption constatés en 2025, aux côtés de la consolidation de plateforme et de l’effet de levier opérationnel pour les équipes IT réduites.
Une feuille de route vers l’autonomie croissante de Tia
La feuille de route présentée articule trois axes. Le premier concerne l’intégration de Tia dans l’ensemble des flux de travail : disponibilité dans les sessions de support à distance en Q2 2026, assistance à la génération de scripts via un environnement de développement web (Scale Code Studio), rapports conversationnels en langage naturel pour les équipes enterprise. Le second axe renforce les solutions best-of-breed existantes : intégration avancée avec Intune, multitenant pour les MSPs, introduction d’un Security Center guidant les organisations vers des standards de sécurité, accès zero trust pour les environnements IT et OT. Le troisième axe est propre à TeamViewer ONE : génération automatisée d’automatisations à partir des insights de session, DEX mobile sur Android dès Q2, nouveau moteur de gestion des correctifs basé sur le DEX en Q4.
Sebastian Schrötel a confirmé en séance que Tia sera rendue accessible aux utilisateurs finaux dans la seconde moitié de l’année : « Si vous entraînez l’agent, pourquoi ne pas l’offrir ? » Andrew Hewitt a conclu sur la dynamique d’ensemble : « L’autonomie ne viendra pas du jour au lendemain. Elle sera gagnée par l’essai, l’erreur et l’amélioration continue. La gestion autonome des terminaux est la rampe d’accès. La gestion autonome du lieu de travail numérique est la destination. »























