L'entreprise française de gestion d'infrastructures IT, forte de 40 ans d'expérience et d'une présence dans 8 pays européens, étend son maillage au cœur de deux marchés stratégiques. Derrière l'annonce se lit une conviction opérationnelle. La proximité géographique des infrastructures est devenue un levier de résilience à part entière, aussi structurant que la performance technique ou la politique tarifaire.
Les entreprises européennes revoient leur approche de la chaîne de valeur IT. La dépendance à des fournisseurs de cloud domiciliés hors d'Europe, et soumis à des législations extraterritoriales — alimente depuis plusieurs trimestres une demande croissante de maîtrise des données et de localisation des services. À cette pression réglementaire portée par NIS2, le RGPD ou DORA s'ajoutent des impératifs plus concrets : continuité d'activité, délais d'intervention, capacité à piloter un incident sans dépendance à un prestataire distant. Jiliti répond à cette demande en complétant son réseau européen avec deux nouvelles implantations à Francfort et à Milan, opérationnelles depuis le 30 mars.
Le choix des deux villes n'est pas hasardeux. Francfort concentre le plus important point d'échange Internet en Europe (DE-CIX y traite plusieurs téraoctets par seconde) et constitue un carrefour naturel pour les infrastructures critiques. Milan s'est imposée comme un hub technologique en croissance soutenue, porté par les investissements récents dans les datacenters et la connectivité. Chacun des deux sites s'appuie sur les entités locales du groupe et mobilise une quinzaine de collaborateurs, avec des capacités de stockage distribuées et des équipes d'intervention en local.
Réactivité opérationnelle et maîtrise des infrastructures critiques
Le modèle de Jiliti repose sur une combinaison de services cloud, de maintenance sur site et de services managés, délivrés depuis des infrastructures appartenant au groupe. Cette approche hybride et agnostique, indépendante d'un hyperscaler ou d'une plateforme unique, entend offrir aux DSI une alternative aux architectures de cloud public qui concentrent à la fois la donnée et la dépendance. Les équipes locales garantissent des délais d'intervention réduits, particulièrement utiles dans les cas de plans de reprise d'activité (PRA) ou de gestion d'incident sur des systèmes critiques. Sur ce point, la certification ISO 27001, obtenue par Jiliti, atteste d'un système de management de la sécurité de l'information, sans qu'une qualification SecNumCloud ne soit mentionnée à ce stade dans les documents disponibles — ce qui limite la portée formelle des affirmations de souveraineté au sens strict de l'ANSSI.
Le président de Jiliti, Stéphane Hascoët, emploie le terme de « géopatriation des données » pour désigner le mouvement de relocalisation des infrastructures vers des géographies choisies, combinant des critères de souveraineté, de résilience et de maîtrise de la chaîne IT. « L'infrastructure IT est devenue un levier stratégique de sécurité économique et opérationnelle. Les entreprises expriment des préoccupations croissantes autour de leur dépendance à des fournisseurs non européens », affirme Stéphane Hascoët, président de Jiliti. La notion dépasse la simple conformité réglementaire. Elle entend rapprocher la technologie, les services et la géographie pour renforcer simultanément la souveraineté et la continuité. Pour une DSI soumise aux exigences de NIS2 ou de DORA, cette approche répond à un besoin de traçabilité de la localisation des données, de réactivité en cas d'incident, et de négociation des dépendances fournisseurs sur des bases plus équilibrées.
850 experts, 8 pays, un maillage européen qui s'accélère
Avec ces deux nouvelles implantations, Jiliti élève à dix le nombre de pays couverts en Europe. L'entreprise annonce d'autres ouvertures d'ici la fin de l'année 2026, sans en préciser les géographies à ce stade. Son portefeuille couvre 3 500 clients dans plus de 150 pays, servis par 850 experts. Certifiée ISO 9001 et médaille platinium EcoVadis, la société met en avant un engagement fort sur l'économie circulaire, un argument qui commence à peser dans les appels d'offres DSI soumis à des objectifs RSE. La tarification est présentée comme transparente et les modèles comme flexibles, sans que des paliers ou des grilles de prix ne soient communiqués dans le cadre de cette annonce.
La tendance que Jiliti incarne est un mouvement de fond, pas seulement en France. Plusieurs acteurs européens de taille intermédiaire, positionnés sur la gestion des infrastructures IT distribuées, accélèrent leur couverture géographique avec le même argumentaire de proximité et de souveraineté. Ce mouvement dessine, en creux, le périmètre d'un marché disputé aux hyperscalers américains, qui ne peuvent plus adresser par impossibilité juridique, quel que soit leur capacité technique et leur discour.























