ObjectiveFS nous ramène des années en arrière, dans un monde qui n'a rien de sexy, mais qui se veut efficace. Comme de s'appuyer sur Posix pour exécuter des outils Unix dans le cloud et faire le lien avec Amazone S3.

Lorsque vous multipliez les visites dans des start-up, il arrive régulièrement que l'une d'entre elle se détache en soulevant votre incompréhension... Sur cet ITPT décembre 2014, la palme de la start-up décalée pourrait revenir à ObjectiveFS ! Et à son CTO et co-fondateur, Thomas Nordin.

Le difficile exercice du face à face

La personnalité de l'orateur qui nous présente ObjectiveFS n'est pas étrangère à cet état de fait. L'homme adopte une posture très américaine, cachant sa difficulté à communiquer derrière une voie forte. Son discours est peu compréhensible, il nous parle du futur du stockage cloud, « Serverless. Pas de hardware, pas de machines virtuelles, pas de reconfiguration ».

Et puis, pour tenter de rendre son discours plus compréhensible, nous l'invitons à effectuer une démonstration. Et voici Thomas Nordin transfiguré derrière son PC, qui ouvre une fenêtre de commande en ligne de code. Il jongle avec les commandes, et en quelques minutes lance l'applicatif sur son PC, ouvre une instance dans Amazon S3, et lance les transferts de fichiers vers le stockage cloud sur S3.

Un monde à part, Unix

Tout s'éclaire, nous voici replongés dans l'univers Unix, et Thomas Nordin vient devant nous d'exécuter une instance Amazon sur une machine Unix. Et de transférer du stockage block sur Amazon, qui pourtant ne supporte pas le stockage block !

Voici donc à quoi sert ObjectiveFS : c'est une solution sécurisée, cryptée de bout en bout (Cloud Crypto), avec un filesystem qui s'installe sur le poste de travail, supporte Posix, et permet de créer un stockage structuré au dessus de Amazon S3. Ou pour résumer sa principale fonction, exécuter des instances Amazon sur des machines Unix.

Posix sur Amazon, le duo gagnant

Ainsi les logiciels Unix existants n'ont pas besoin d'être portés ou ré-écrits pour s'exécuter dans le cloud. ObjectiveFS devient interface de stockage standard, avec la simplicité et l'absence totale d'interface sexy des lignes de commandes.

La sémantique standardisée de Posix permet d'exécuter des outils Unix sans modification et de fournir les garanties de sécurité. Le filesystem distribué permet de mettre à jour de manière immédiate tous les ordinateurs et instances de cloud. Il n'est pas nécessaire de déployer un cluster de stockage, de multiples nodes peuvent écrire dans le même filesystem. Aux équipes de lacer au dessus les services qui les intéressent, comme les snapshots...

Au final, si l'on s'arrête aux apparences, ObjectiveFS est une start-up qui échappe à notre compréhension. Mais une fois compris le modèle, c'est une pépite à réserver à un usage précis et fortement communautaire, celui des environnements Unix, que l'on dit mourant mais qui en réalité est encore si présent.

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