Le Big Data n'est encore qu'embryonnaire, mais son influence commence à se faire sentir dans la prise de décision des exécutifs.

Comment sont prises les grandes décisions, celles qui engagent l'entreprise et ses finances ? Et dans quelle mesure le Big Data va-t-il influencer la prise de décision ? Les experts de PWC ont réalisé une étude - Global Data & Analytics Survey 2014 : Big Decisions - auprès de 1.135 décideurs 'global senior executives' de grandes organisations afin d'apporter des réponses à ces questions.

Prendre de grandes décisions

Premier constat, près d'un dirigeant sur deux (44 %) est amené à prendre au moins une 'grande décision' par mois. L'expression 'grande décision', pour 7 dirigeants sur 10, correspond à une évolution future du profit de leur organisation d'au moins 50 millions de dollars, et pour 3 sur 10 de l'ordre du milliard de dollars ou plus. Les grandes décisions concernent à hauteur de 30 % des développements que l'entreprise ne peut ignorer, à 15 % la volonté de tester quelque chose avant de s'engager, et à 9 % elles sont contraintes par des facteurs externes.

66 % des grands décideurs espèrent que leur prochaine 'grande décision' sera opportuniste ou réactive. Elle sera en tout cas stratégique et devra apporter un avantage à l'entreprise. C'est là que le Big Data s'impose, l'expérience autour de la donnée s'annonçant porteuse de valeur.

Notons que selon PWC, un décideur sur 3 (31%) reviendra sur sa décision dans 6 mois, et un sur 3 (30%) dans un an. Et que 36 % des décideurs envisagent à l'avenir de collaborer avec des concurrents.

Le Big Data modifie les règles

Dans le processus de prise de décision, les influenceurs peuvent être multiples et se recouvrir mutuellement, à commencer par l'intuition du décideur. C'est ainsi que 30 % des décideurs se fient à leur instinct et à leur expérience ; 29 % se basent en priorité sur les analytiques, l'analyse des données et la BI (Business Intelligence), pour déterminer le principal de leurs stratégies ; 28 % se tournent vers le conseil et l'expérience d'autres personnes ; et 9 % font référence aux indicateurs financiers.

L'étude PWC recèle en revanche une surprise inattendue : 64 % des décideurs interrogés ont déclaré que le Big Data a changé la prise de décision dans leur entreprise. C'est une surprise car, même si le marché américain, qui a fourni l'essentiel des dirigeants interrogés, est plus avancé et plus mure dans le déploiement et l'usage du Big Data, nous ne nous doutions pas que son usage était aussi répandu...

Quels sont les bénéfices du Big Data ? Il apporte plus de facilités pour identifier les modèles du futur, réduit les risques liés à l'innovation, et accélère la prise de décision. Et dans le même temps, la rapidité d'analyse et de publication des résultats offrirait soit un facteur d'accélération de la prise de décision, soit trois fois plus de temps au décideur pour sa réflexion.

Pour les dirigeants qui l'exploitent, le Big Data permettrait donc une prise de décision meilleure et plus rapide, dans un monde plus complexe et en accélération.

La marge d'erreur reste grande

La profusion de données nuit-elle à la prise de décision ? La profusion non, personne ne s'en plaint, en revanche, la compréhension des données peut être un obstacle. Plus d'un décideur sur 10 (52%) a ainsi déjà écarté des données... parce qu'il ne les comprenait pas !

Dans le même temps, 31 % de décideurs interrogés font le constat de la « pauvreté » des données actualisées, ou tout juste considèrent-ils qu'elles sont « correctes ». Etonnamment, les chefs qui occupent des niveaux inférieurs, ceux que l'Amérique nomme les 'non-C level execs', affichent une meilleure confiance dans les données. Ils sont 44 % a avoir écarté des données et 15 % à critiquer leur pauvreté.

Enfin, les décideurs ne se reconnaissent pas incompétents dans l'usage du Big Data. Ils ne sont que 25 % à admettre qu'ils manquent de compétences ou d'expertise en ce domaine. Un chiffre bien faible au regard de la réalité, et surtout de la complexité des projets et technologies Big Data et du manque de compétences que les écoles d'ingénieurs et les formations mettrons encore quelques années avant d'y remédier.

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