Le Token Taxonomy Initiative (TTI) a été lancé en avril dernier. Il permet aux entreprises de créer leurs propres jetons de cryptomonnaie en utilisant une blockchain basée sur le Token Taxonomy Framework v1.0 (TTF). Ce dernier a été développé pour permettre aux développeurs d’accéder à un ensemble de composants intersectoriels pour créer des jetons pouvant être utilisés et réutilisés pour les échanges commerciaux. Le TTF a été créé par une douzaine d’entreprises supervisées par l’Enterprise Ethereum Alliance (AEE). Ces dernières ont surtout cherché une définition non technique d’un token dans le but de pouvoir l’utiliser dans un cadre purement professionnel, sans recourir aux jargons et méthodes de codage industriels. Selon Marley Gray, membre du conseil d’administration de l'AEE et architecte principal chez Microsoft Azure Blockchain Engineering, le principal objectif des participants au projet est de permettre aux utilisateurs professionnels de choisir un token de base et de définir ses propres comportements en se servant d’une liste de propriétés. Au final, définir un token sera aussi facile que déplacer une icône sur l’écran. Il précise aussi que le cadre du TTF permet à un professionnel de créer son propre jeton à l’aide d’un outil de conception, sans qu’il soit obligé d’écrire le code. Par ailleurs, les membres du projet ont expliqué que le TTI n’est pas comparable au projet Libra de Facebook. Pour rappel, cette initiative de création d’une cryptomonnaie propre à au réseau social se heurte actuellement à une surveillance accrue de la part des régulateurs américains. D’ailleurs, sept de ses membres ont abandonné le projet. Julio Faura, membre de TTI et PGD de la société technologique Adhara, souligne qu’à la différence de Libra, le cadre TTF est capable d’héberger une grande variété de tokens réglementés ou non, financiers ou pas. Jusqu’ici, l’initiative TTI compte 25 membres, dont Accenture, Adhara, la banque Santander, l’Institut de recherche en blockchain Clermatics, Digital Asset, Envision Blockchain, EY, Hedera Hashgraph, IBM, Intel, ioBuilders, Itau, J.P Morgan, Komgo, Microsoft, R3, Web3 Labs.

Dans un communiqué, le TTI a expliqué que cette initiative vise surtout à faciliter l’exploitation et l’utilisation des tokens de blockchain en se servant des métadonnées. Par ailleurs, le cadre TTF veut faciliter l’automatisation de la génération de codes, les procédures de vérification et de certification des tokens que les professionnels n’ont pas besoin de comprendre. Les équipes de développeurs peuvent aussi se baser sur GitHub pour réaliser des opérations d’implémentation de blockchains en fonction des exigences des entreprises. Au final, les concepteurs du projet veulent qu’un token représente un bien quelconque, pas forcément financier, selon la manière dont l’entreprise qui l’a créé l’a défini (valeurs immobilières, pierres précieuses, œuvres d’art, etc.). Par conséquent, nul besoin d’être fin expert en programmation pour utiliser les tokens. Plusieurs membres de l’initiative ont déjà commencé à utiliser cette nouvelle approche. C’est le cas de JP Morgan qui a lancé un token de dédouanement international. IBM, Microsoft, Intel et ConsenSys ont aussi créé les leurs. La banque Santander a réalisé un essai d’offre d’obligations de 20 millions de dollars en utilisant une blockchain basée sur Ethereum.  De leur côté, Adhara et ioBuilders ont créé un token dénommé E-Money, une nouvelle norme de monnaie électronique, qui autorise l’utilisation de la monnaie fiduciaire sur une blockchain. Cette cryptomonnaie a déjà été utilisée pour réaliser des échanges de fonds transfrontaliers avec l’Union Bank of Philippines et l’OCBC Bank basés à Singapour.

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