Microsoft se rallie à l’écosystème de Samsung sous Android et ouvre la porte à l’exécution d’applications Android sur ses plateformes sous Windows 10. Dans un article de blog, Yusuf Mehdi, Corporate Vice President, Modern Life, Search & Devices chez Microsoft, expliquait : « Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous présenter les dernières innovations de notre partenariat avec Samsung, qui associe les nouveaux appareils Samsung pour la productivité aux meilleures applications et services de Microsoft 365, Windows 10 et Xbox pour vous aider à travailler et à vous divertir ».

Le partenariat lancé il y a tout juste un an débouche aujourd’hui sur de nouvelles intégrations qui permettent d’utiliser des applications spécifiques aux téléphones de Samsung dans Windows 10. Les applications Android ne s’exécuteront pas nativement, mais via une couche de communication en installant l’application Your Phone sur la plateforme Windows et Link to Windows sur le téléphone mobile. Pour l’heure, elles permettent de prendre des appels, de consulter des notifications, de voir des photos et lire ses messages depuis Windows 10.

S’ouvrir l’écosystème des smartphones

Pour installer ces applications, les utilisateurs doivent être connectés via leurs comptes Microsoft, avec une adresse Hotmail. Le lien vers Windows est préchargé sur certains appareils Galaxy et il est nécessaire de disposer de la dernière mise à jour de Windows 10 sur le PC. Enfin, l’appareil Galaxy doit être allumé et connecté au même réseau Wifi que le PC.

Grâce à cet accord, Microsoft s’ouvre enfin une porte vers l’écosystème des appareils mobiles sous Android. Après avoir raté le virage des smartphones dans les années 2000 (on se souvient tous de Steve Ballmer, son PDG d’alors, raillant l’iPhone et estimant qu’Android était un nid à malware) et le fiasco du rachat de Nokia, Microsoft se devait d’être présent dans l’écosystème de la mobilité.

L’éditeur de Windows n’a pas d’autre choix que de conclure des partenariats s’il veut s’insérer dans la chaîne de valeur d’un écosystème duquel il s’est lui-même exclu, après des choix, ou plutôt des non-choix, stratégiques désastreux. En concluant cet accord avec Samsung, il peut à présent bénéficier des retombées de cet écosystème, qui permet de récolter les données de millions d’utilisateurs à travers le monde. De précieuses données qui permettent aux acteurs du marché de l’informatique (et pas seulement aux GAFAM, aux éditeurs d’applis aussi), d’avoir une vue précise sur la vie personnelle et professionnelle de millions d’utilisateurs, afin de pouvoir faire tourner des modèles pour déceler les opportunités du moment et les évolutions futures. Ceci sans compter la possibilité de servir des publicités à des utilisateurs minutieusement profilés.

Un retour par la petite porte

Son absence du marché des smartphones comme fournisseur d’OS et d’appareils n’est pas le seul ratage de Microsoft. Même si on peut considérer cet accord avec Samsung comme un retour par la petite porte, Microsoft reste encore handicapé, en tant que géant de l’informatique, par sa quasi-absence des moteurs de recherche et des navigateurs Web, de précieuses sources de données et de revenus aussi. On se souvient que lorsque Microsoft s’acharnait à vouloir imposer ses standards (DirectX notamment) dans son navigateur Internet Explorer, le marché allait vers les standards du Web, représentés à l’époque par Mozilla, avant qu’il ne devienne Firefox.

Ceux qui ont plus de 40 ans se souviennent sans doute que Microsoft dominait le marché des assistants personnels (les ancêtres communs des tablettes et des smartphones) au milieu des années 1990, avec son OS Pocket PC devenu plus tard Windows CE avant que son ultime itération, Windows Mobile, ne se perde dans les limbes de l’oubli.  

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