La Chine vient d’annoncer être en cours de finalisation du déploiement de son propre système de positionnement géographique, censé concurrencer le GPS américain. Ce projet fait se rapprocher davantage le pays d’une totale indépendance technologique vis-à-vis des Américains. Il ne reste plus aux autorités chinoises que le lancement sur orbite des deux derniers satellites pour que le système soit opérationnel. Le système de positionnement chinois prend le nom de « Beidou », en référence à la constellation de la Grande Ourse. Plus de 70 % des mobiles chinois seraient déjà prêts à s’y connecter. Beidou fait partie d’un projet plus global de la Chine, celui de son objectif de dominer le marché des services de technologie de télécommunication de cinquième génération. D’ailleurs, le projet prévoit de mettre en tandem le système de positionnement et la technologie 5G. Plus de 120 partenaires se sont déjà inscrits pour l’adoption de Beidou selon Nikkei. Dès 2020, la valeur des biens et services proposés par Beidou pourrait représenter plus de 57 milliards de dollars. Le projet est aussi inscrit dans l’initiative chinoise de création de la Nouvelle route de la soie (BRI). En 2020, la capacité de Beidou dépassera probablement celle du GPS.

L’effort chinois de vouloir se démarquer de l’hégémonie américaine sur le système de positionnement confirme que l’espace est en train de représenter un enjeu géostratégique de première importance. Pour rappel, le président Donald Trump a acté la création d'une sixième branche de l’armée américaine, la Space Force. La Chine, elle, prévoit d’envoyer une sonde sur Mars, tout en finalisant sa propre station spatiale. Le pays a déjà exploré la face cachée de la Lune cette année. L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a déjà déclaré lors d’un dîner privé que la Chine va jouer un grand rôle en matière de service internet dans un futur proche, d’autant que l’internet chinois représente une grande valeur économique pour le pays (40 % de son PIB). L’initiative de la Nouvelle route de la soie, dans lequel Beidou est inscrit, implique à ce jour une soixantaine de pays. Néanmoins, l’ancien dirigeant de Google affirme que les services proposés par la Chine représenteraient un réel danger pour les gouvernements, notamment à cause de la censure et des différentes restrictions appliquées par son gouvernement.

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