Les directions financières réorientent leurs budgets 2026 vers les fonctions génératrices de croissance, la technologie et l’intelligence artificielle, au détriment des effectifs et des fonctions support. Une étude publiée le 10 février 2026 par Gartner montre que les arbitrages budgétaires privilégient désormais l’automatisation et l’optimisation opérationnelle comme leviers de performance mesurable.
L’étude repose sur une enquête menée au quatrième trimestre 2025 auprès de plus de 300 directeurs financiers et responsables finance dans différentes régions et secteurs. Elle mesure les intentions budgétaires pour 2026 et leur ventilation par fonction. Les résultats montrent une hiérarchisation claire des priorités, avec la technologie en tête des hausses prévues, suivie par les fonctions directement liées à la croissance du chiffre d’affaires.
Ce repositionnement intervient alors que la pression sur les marges, le coût du capital et la volatilité macroéconomique contraignent les arbitrages. Les CFO interrogés indiquent concentrer les hausses budgétaires sur les domaines susceptibles d’améliorer la productivité, la visibilité financière et la rapidité décisionnelle, plutôt que sur l’expansion structurelle des effectifs.
75 % des CFO prévoient d’augmenter les budgets tech
Selon Gartner, 75 % des directeurs financiers anticipent une augmentation des dépenses technologiques en 2026. Près de la moitié d’entre eux évoquent une progression à deux chiffres. Cette donnée traduit un mécanisme précis. La technologie est considérée comme un multiplicateur de capacité opérationnelle, capable d’absorber la croissance des volumes sans hausse proportionnelle des coûts fixes. Pour une DSI, cela signifie une pression accrue sur la priorisation des projets à retour mesurable et sur l’industrialisation des plateformes financières.
Alexander Bant, Chief of Research dans la pratique Finance chez Gartner, déclare dans le communiqué que « les CFO réallouent le capital vers les capacités qui soutiennent directement la croissance et l’efficacité opérationnelle ». Cette citation ancre l’analyse. Le mouvement n’est pas exploratoire. Il s’agit d’un transfert budgétaire structuré depuis les postes administratifs vers les infrastructures numériques, ce qui implique des exigences renforcées en matière d’intégration applicative, de gouvernance des données et de sécurité.
Hausse supérieure à 10 % des investissements en IA
L’étude indique que près de 60 % des CFO prévoient d’augmenter de plus de 10 % les investissements en intelligence artificielle pour la fonction finance. Un quart d’entre eux projettent une hausse comprise entre 4 % et 9 %. Ce différentiel montre un passage du pilote à l’extension opérationnelle. Les cas d’usage cités portent sur l’automatisation des clôtures, la prévision de trésorerie, la détection d’anomalies et l’analyse prédictive des performances.
Le mécanisme budgétaire est explicite. Les CFO associent l’IA à la réduction des cycles financiers et à l’amélioration de la fiabilité des prévisions. Pour les DSI et les RSSI, cette extension impose une consolidation des socles de données, une maîtrise des modèles utilisés et une sécurisation des flux financiers automatisés. L’augmentation des budgets IA crée mécaniquement une dépendance accrue aux architectures analytiques et aux capacités de traitement des données en temps réel.
Hausses d’effectifs et fonctions support en berne
En parallèle, l’étude montre une modération des prévisions de croissance des effectifs. Les hausses salariales et les recrutements progressent moins rapidement que les budgets technologiques. Seuls 29 % des CFO déclarent prévoir une augmentation des budgets pour les ressources humaines. Ce contraste illustre un arbitrage en faveur de la productivité par l’outil plutôt que par l’expansion des équipes.
Ce choix budgétaire produit un effet organisationnel direct. Les directions financières attendent des systèmes d’information qu’ils absorbent la complexité croissante sans augmentation proportionnelle des charges. Pour les responsables IT, cela implique une automatisation plus poussée des processus, une standardisation accrue des flux et une rationalisation des applications financières héritées. La réduction des coûts unitaires par transaction devient un indicateur clé de performance.
Priorité à l’efficacité et au contrôle des coûts
Gartner indique que 88 % des répondants placent l’efficacité opérationnelle et le contrôle des coûts parmi leurs priorités stratégiques pour 2026. Cette proportion relie explicitement les hausses budgétaires technologiques à un objectif mesurable. Les investissements ne répondent pas à une logique d’innovation abstraite, mais à une optimisation chiffrée des processus.
Cette orientation transforme la relation avec la direction financière. Les projets doivent démontrer un impact direct sur la réduction des délais de traitement, la diminution des erreurs comptables ou l’amélioration de la visibilité sur la trésorerie. La gouvernance des données financières et la conformité réglementaire deviennent des critères structurants dans l’allocation des budgets technologiques.
Les arbitrages budgétaires 2026 confirment ainsi un déplacement du centre de gravité financier vers la technologie et l’IA. Les effets observables seront mesurables par la compression des cycles de clôture, par la diminution des coûts opérationnels unitaires et par l’amélioration de la précision des prévisions. Les directions financières consolident leur rôle d’orchestrateur de la transformation numérique, avec des implications directes pour les architectures IT et la gestion des risques.






















