Axis Communications vient d’inaugurer son centre de recherche et développement à Sophia-Antipolis. Ce site devient un pilier européen pour l’intelligence artificielle appliquée à l’analyse vidéo, avec un positionnement revendiqué sur la maîtrise technologique et la souveraineté des données. Pour l’éditeur suédois, il s’agit d’ancrer en France une brique stratégique de son dispositif d’innovation.

La vidéo sur IP entre dans une phase d’industrialisation avancée, portée par l’IA embarquée, l’analyse temps réel et l’exploitation massive des flux visuels. Dans un secteur largement dominé par des acteurs extra-européens, Axis Communications renforce son empreinte continentale avec un nouveau centre R&D implanté au cœur de la technopole de Sophia-Antipolis.

Inauguré en présence de Johan Paulsson, CTO d’Axis, de Mats Thulin, directeur IA et solutions d’analyses, et de Marie-Claude Frasson, responsable du site, le centre regroupe des équipes spécialisées dans l’IA et l’analyse vidéo avancée. Axis indique que neuf ingénieurs cumulent chacun plus de vingt-cinq ans d’expérience dans ces domaines, un capital humain rare sur un marché fortement sous tension.

Coordonnée avec le site historique de Lund

Doté de laboratoires de test de dernière génération, le site travaille sur des problématiques très opérationnelles pour les déploiements terrain, fonctionnement continu 24 h sur 24, gestion des faibles luminosités, adaptation aux conditions météorologiques, variations saisonnières ou encore suivi d’objets en mouvement. Les développements couvrent toute la chaîne, depuis la gestion des appareils et le stockage jusqu’au traitement vidéo et à l’analyse algorithmique embarquée.

Le pôle de Sophia-Antipolis complète celui de Lund, en Suède, qui rassemble plusieurs milliers d’ingénieurs. Axis revendique une organisation entièrement européenne des processus, depuis la conception logicielle jusqu’à l’analyse des données. Selon l’entreprise, l’ensemble des développements réalisés à Sophia reste dans le périmètre européen, tant pour les modèles d’IA que pour les flux de données.

Stéphane Carré, Sales Director France d’Axis, précise. « Ce pôle nous permet de transformer notre vision européenne en réalité concrète. Toute l’innovation reste ici, pensée et développée par nos équipes. C’est un véritable atout pour créer des solutions fiables et souveraines, à l’échelle du continent. » Une orientation qui fait écho aux préoccupations actuelles des entreprises et des administrations autour de la dépendance technologique et du contrôle des données sensibles.

Object Detection Orchestra, vitrine des travaux d’IA embarquée

Cette capacité d’innovation se matérialise déjà à travers des démonstrations techniques comme « Object Detection Orchestra », un projet reposant sur des modèles de détection d’objets personnalisés exécutés directement sur les caméras Axis. Chaque objet reconnu déclenche une action spécifique, illustrant les capacités d’inférence locale, d’orchestration d’événements et de traitement temps réel développées par le groupe. Axis présente cette expérimentation comme une preuve de concept de son socle d’IA embarquée, sans dépendance à un traitement centralisé dans le cloud.

Ces briques logicielles s’appuient sur les mêmes fondations technologiques que celles travaillées à Sophia-Antipolis, conception des modèles, entraînement, optimisation pour l’edge computing et intégration directe dans les dispositifs. Le centre français intervient notamment sur l’adaptation des algorithmes aux contraintes terrain, faible luminosité, conditions météorologiques et continuité de service 24 h sur 24, tout en respectant les exigences européennes de gouvernance des données. Pour les entreprises, les administrations et les fournisseurs de services, cette approche ouvre la voie à des déploiements d’IA vidéo maîtrisés localement, applicables à des cas concrets comme le contrôle qualité industriel, la supervision d’infrastructures ou la détection d’anomalies, avec une chaîne technologique entièrement développée et opérée en Europe.

Des modèles d’IA intégrés directement dans les dispositifs

Axis indique développer ses modèles d’IA « à partir de zéro », avec une attention particulière portée à l’éthique et aux données d’apprentissage. Les briques issues du centre français sont ensuite intégrées dans les équipements du constructeur, qu’il s’agisse de logiciels de protection périphérique et périmétrique, de gestion de l’intégrité des images ou de capacités d’analyse avancée embarquées directement dans les caméras.

Cette logique d’IA en périphérie répond à plusieurs contraintes métiers, réduction de la latence, limitation des volumes de données remontées vers le cloud et meilleure conformité réglementaire, notamment pour les usages dans les infrastructures critiques, les transports, les sites industriels ou les collectivités.

Sophia-Antipolis, point d’appui de la souveraineté européenne

Pour Axis, le choix de Sophia-Antipolis dépasse la seule implantation immobilière. Le site s’insère dans un bassin reconnu pour ses compétences en vision par ordinateur, en systèmes embarqués et en cybersécurité. Johan Paulsson, CTO du groupe, indique qu’en « complément de notre site historique de Lund, le centre de Sophia-Antipolis renforce une innovation européenne coordonnée. Il est au cœur de nos avancées en IA et en analyse vidéo, avec une conviction forte, garder la maîtrise technologique et des données en Europe. »

Avec environ 5 000 salariés dans plus de 50 pays, Axis conserve une R&D largement internalisée. Le centre de Sophia-Antipolis matérialise cette stratégie à l’heure où de nombreux fournisseurs externalisent leurs développements ou s’appuient sur des briques IA génériques issues des hyperscalers. Pour les décideurs IT, cette approche ouvre la voie à des architectures de vidéo intelligente plus maîtrisées, combinant IA embarquée, traitement local et gouvernance européenne des données, un socle industriel concret pour la souveraineté numérique.

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