La technologie blockchain va-t-elle révolutionner les IT ? Nombreux sont les observateurs qui le pensent, en particulier dans le monde de la finance. Pourquoi ?

Avant d’évoquer les stratégies autour de la blockchain, encore faut-il comprendre cette technologie qui bouleverse l’approche du stockage des données de valeur. Si nous rencontrons un expert en la matière — et pour le moment ils sont peu nombreux ! – il est peu probable que la majorité d’entre nous comprenne son discours fait de registres, de protocoles, de couches partagées, de cryptographie, d’irrévocabilité, et d’autoconfiance !

Selon une étude Marketforce, 23 % seulement des responsables des secteurs de l’assurance et de la banque connaissent les principes de la blockchain, mais ignorent ils ignorent le fonctionnement de cette technologie. De même, 35 % d’entre eux reconnaissent n’en avoir jamais entendu parler...

Qu’est-ce que la blockchain ?

Nous allons pourtant tenter dans un  premier temps d’expliquer la blockchain. Il s’agit d’une technologie de registre (base de données) qui permet de stocker des informations dans un environnement public distribué (en Peer-to-Peer), donc décentralisé. Lorsque nous déposons une donnée sur la blockchain (par exemple une transaction de la monnaie virtuelle bitcoin ou un diplôme universitaire), elle est répartie sur les serveurs qui composent le réseau, et elle est cryptée par chacun des processeurs des serveurs.

La donnée prend place au-dessus des données précédemment stockées, et donc au-dessous des prochaines qui vont s’empiler dans un même registre, mais dispersées (décentralisées). Les piles ainsi créées forment un tout qui s’enchaîne. Pour accéder à la donnée d’origine, il faut déconstruire l’enchaînement des opérations et des données afin d’accéder à celle recherchée. L’opération est si lourde et demanderait tellement de ressources que l’on considère que cela est aujourd’hui impossible, et donc que le système est sécurisé.

La révolution blockchain

Fonctionnant sur un environnement distribué, que nous qualifierons de décentralisé, le registre blockchain est un système autonome, qui ne peut être contrôlé, ni arrêté, ni modifié. Avec blockchain nous sommes très loin des systèmes centralisés, où une personne ou un service assure le contrôle, et de la nécessite de disposer d’un tiers de confiance pour garantir la donnée, qui n’a pas lieu d’être sur la blockchain autosuffisante.

C’est là qu’est la révolution blockchain… Le système se suffit à lui même, il est autonome, autosécurisé. Il peut supporter de très gros volumes de traitement, mais son coût est réduit à celui de l’infrastructure qui le supporte (il augmente cependant régulièrement), ne nécessitant pas l’intervention de tiers dans les processus. Dans la finance, la blockchain a le potentiel de devenir un réseau autonome et hautement sécurisé de stockage des transactions et processus métier.

L’avenir s’annonce donc riche pour la blockchain dans les services financiers. Ainsi, pour les acteurs de ce secteur :

  • 53 % —  la technologie pourrait bouleverser les marchés de compensation et de règlement des titres.
  • 36 % — la technologie pourrait bouleverser le marché des comptes courants.

Certains observateurs (45%) vont jusqu’à estimer que les portefeuilles blockchain, couplés aux prêts entre particuliers, pourraient même « sonner le glas du système bancaire tel que nous le connaissons »…

Des questions en suspens…

Même avec un riche avenir annoncé, de nombreuses interrogations demeurent sur la blockchain. Tout d’abord, il n’est pas sain de déployer des technologies et des protocoles mal compris. Et comme dans toute technologie véritablement nouvelle, les personnes qui maîtrisent le sujet sont rares et le seront pendant quelques années encore. Ensuite, toute protégée qu’elle soit, la blockchain a démontré qu’elle peut être piratée, certains portefeuilles bitcoin s’en souviennent encore. Ce sont deux choses différentes, mais il est bon de le rappeler.

Mais surtout, de nombreuses questions d’éthique demeurent. En particulier, peut-on dans les domaines financiers accepter un système qui s’autocontrôle ? Et si les transactions sont en théorie certifiées par la technologie elle-même, qui va certifier les opérateurs ? Surtout si certains projets blockchain de décentralisation de l’Internet aboutissent !  Des questions qui sont également liées à la jeunesse de la technologie, qui n’en doutons pas finira par impacter notre futur. Au point de dépasser le succès de l’Internet ? On peut encore en douter…