Dernière minute

Dans une interview au Times, Donald Trump, à quelque jours de son investiture, a jeté de l'huile sur le feu de l'échiquier européen :

  • Prenant le contre-pied de Barack Obama, il a félicité les Britanniques pour le Brexit, et s'est engagé à signer rapidement des accords commerciaux avec la Grande-Bretagne.
  • Révélant que son équipe avait établi des contacts avec plusieurs pays européens, il a fait le pronostique que d'autres Brexit vont suivre.
  • Il a dénoncé le fonctionnement 'obsolète' de l'OTAN.
  • Il a également violemment critiqué la politique d'immigration de la chancelière allemande, et indiqué que l'un de ses premiers gestes en tant que Président sera de signer ses projets de campagne de renforcement des frontières des Etats-Unis.
  • Enfin, Donald Trump a renouvelé son engagement à se rapprocher de la Russie et son admiration pour Vladimir Poutine.

Michel Barnier, le négociateur de l'Union européenne sur le Brexit, s’inquiète du risque que Londres pourrait faire peser sur la stabilité financière de l’UE.

« EU would need special vigilance on financial stability risk, not special deal to access the City. »

Quelles relations devra entretenir l’UE avec la City de Londres ?

Le temps passe, et les négociations sont engagées autour de la mise en place du Brexit, tant en Grande Bretagne que dans l’Union européenne. Une récente intervention de Michel Barnier, le négociateur de l'Union européenne, à Bruxelles, a engendré un certain nombre de questions. Qui peuvent être réunies en une inquiétude, l’accès des entreprises financières britanniques à l’Europe ne fera-t-elle pas courir un grand risque à la stabilité financière de l’UE ?

Très précisément, les ministres comme les fonctionnaires de l’UE craignent que les dommages financiers causés sur la place financière de Londres par le Brexit nuisent également aux 27 Etats de l’UE !

Le négociateur européen a cependant tenu à clarifier sa position : la question n’est pas de savoir si l’UE doit mettre en place des conditions particulières à la relation qu’elle entretient avec Londres, qui demeure la principale place financière de la région, des « travaux précis » seraient en cours dans ce domaine ; mais plutôt de faire preuve d’une vigilance particulière sur le risque d’instabilité financière pour l’Europe.

Et si une banque britannique venait à s’effondrer ?

Même si Michel Barnier s’en défend, l’un des objectifs des négociations serait de limiter l’impact du Brexit sur le commerce des services financiers entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Mais il n’ignore pas pour autant les risques portant sur la stabilité financière de Londres. Le principal danger étant qu’une banque londonienne s’effondre.

L’opinion du Landerneau de Bruxelles s’exprime simplement dans le discours du ministre des Finances maltais Edward Scicluna, aors que Malte a pris la présidence tournante du Conseil de l'UE : « Le Royaume-Uni et l'UE vont souffrir ! ». Il prévoit en particulier que de nombreuses entreprises financières pourraient déménager vers différentes villes de l'UE. « Ce sera une perte (...) L'UE souffre lorsque les services sont fragmentés ».

Vers une « équivalence » ?

Ces questions pèsent en priorité sur nos entreprises qui commercent avec la Grande-Bretagne, sur celles qui font appel aux services financiers de la City, et à l’écosystème des startups. Certaines d’entre elles appellent à la négociation d’accords d’« équivalence », sur le modèle des normes de supervision bancaire destinées à rendre plus facile pour les entreprises européennes l’utilisation des banques américaines et pour laisser les institutions financières américaines vendre des services dans l'UE.

Or, un système d’équivalence existe au sein de l’Union, avec des règles établies qui prennent en compte la taille des entreprises, des Etats et des marchés. Au parlement européen, des voix s’élèvent pour demander leur renforcement. Et des négociations spécifiques afin d’éviter l’instabilité financière. Si le Brexit est d’abord une affaire britannique, c’est à Bruxelles de s’assurer que l’UE n’ignore pas les risques d’instabilité venant de Londres.

Image d’entête  [email protected] iStock tkacchuk

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