La liste des licornes — les startups dont la valorisation dépasse le milliard de dollars — européennes grossit doucement. Oui, l’Europe a la capacité de créer des champions !

Elles étaient 40 en 2015. Trois sont sorties, dix sont entrées, la liste des licornes européenne est de 47 startups dont la valorisation dépasse le milliard de dollars, pour une valeur cumulée estimée à 131 milliards de dollars. 11 licornes ciblent les entreprises et ont mis en moyenne 9 années pour atteindre ce statut, 36 ciblent les consommateurs avec 7 années. Le capital moyen des premières est de 155 millions de dollars, et 294 millions pour les secondes.

Il est difficile de comparer les licornes européennes avec leurs homologues américaines. Ces dernières sont beaucoup plus nombreuses, et plusieurs decacorns (valeur au-dessus des 10 milliards de dollars) figurent dans le classement. L’Europe n’a pas encore de decacorns, et seules deux startups sont actuellement susceptibles d’atteindre ce statut, la suédoise Spotify valorisée à 8,5 milliards de dollars et l’allemande Zalando à 8,1 milliards de dollars. Suivent la finlandaise SupErcEll (5,4 Md$) et l’allemande HelloFresh (2,9Md$).

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Trois éléments d’analyse de la valeur des startups différencient les licornes européennes et américaines

Tout d’abord, les évaluations américaines sont fortement spéculatives, tandis que les investisseurs européens sont plus ‘réalistes’ et misent sur des startups plus solides. C’est ainsi que 60 % des licornes européennes sont rentables, un chiffre nettement supérieur à la situation de leurs homologues américaines. Un réalisme qui rime plutôt avec prudence, les investisseurs ne prennent pas les mêmes risques des deux cotés de l’Atlantique, ce qui explique en partie pourquoi les jeunes pousses européennes sont souvent sous capitalisées.

Ce qui nous mène à la seconde différence, les startups européennes sont sous-dimensionnées. Par exemple, la valeur des européennes est évaluée en moyenne à 18 fois leur chiffre d’affaires, les américaines à 46 fois leurs revenus. Là encore, la différence des marchés est criante, ce qui explique pourquoi nous avons si peu de licornes.

Le troisième élément de comparaison porte sur le revenu moyen des licornes. De 129 millions de dollars pour les startups américaines, il bondit à 315 millions de dollars pour les européennes. Ces chiffres très au-dessus du modèle américain viennent confirmer que nos startups n’ont pas à rougir de leurs résultats, surtout que la configuration géopolitique européenne ne permet pas de sortir la grand-voile à la différence de la taille du marché américain.

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La taille du marché et le volume des fonds disponibles de l’autre côté de l’Atlantique n’expliquent pas tout. Les investisseurs américains fondent leur décision d’investir et le volume des fonds engagés sur la croissance potentielle des startups, et sur les promesses de dividendes. À l’opposé des investisseurs européens qui attendent les preuves de réussite des projets. Ce qui une nouvelle fois impose une sous-capitalisation et un manque de fonds pour accompagner rapidement la croissance, lorsque la startup éprouve le besoin de libérer des fonds au moment opportun.

Les licornes européennes

Nous avons évoqué les deux leaders européens du monde des startups. Côté pays, la Grande-Bretagne, la Suède et l’Allemagne forment le trio de tête.

  1. Grande-Bretagne, 18 licornes
  2. Suède, 7 licornes
  3. Allemagne, 6 licornes

Avec 3 licornes, la France est en quatrième position, suivie par Israël, qui aligne également 3 licornes mais dont la valeur cumulée est inférieure.

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Notons l’entrée au classement du Luxembourg, du Danemark et de la Suisse, qui chacun s’est distingué avec la première licorne de sa courte histoire numérique.

Et en France ?

Nos trois licornes sont Vente-Privée (3,0 milliards de dollars), Criteo (2,6 milliards de dollars) et Blablacar (1,6 milliard de dollars). Et leur valeur cumulée est de 7,2 milliards de dollars. Il faut espérer que le dynamisme de la FrenchTech permettra de grossir leur rang.

Enfin, terminons avec les startups européennes émergentes, qui pourraient rejoindre la famille des licornes dans les prochains mois ou les prochaines années :

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Source : Rapport « European Unicorns 2016 » de la banque d’investissement GP Bulhound

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